‹ La doctrine spirituelle de St. Thomas d'AquinChapitre 9 sur 297 · Eccles., I · texte numérisé non relu

Eccles., I

vaincues, s'élance vers Dieu, qui est pour elle cette fontaine dont les eaux rejaillissent jusque dans la vie éternelle (1) ».

Lorsque le désir est assez puissant pour faire taire les murmures de la nature domptée, l'âme dit alors avec réponse des Cantiques : Surgam; je me lèverai et je chercherai par la ville celui que chérit mon âme.

Je me lèverai ; c'est la parole de l'enfant prodigue, c'est le cri de tous ceux qui veulent entrer dans la maison du Père de famille: c'est un moment décisif dans la vie intérieure.

Quand Dieu choisit Abraham pour en faire le père d'un grand peuple, il lui dit : Sors de la terre que tu as habitée, je te bénirai, je glorifierai ton nom et tu seras béni (2). L'âme doit sortir aussi de la région des sens, se lever de la couche où elle dormait avant que le désir des choses divines se fut emparé d'elle, c'est-à-dire, qu'elle doit renoncer à la vie extérieure pour arriver à la vie intérieure, à la vie naturelle pour vivre de la vie surnaturelle. Bossuet développe admirablement cette pensée dans son panégyrique de saint Benoit: « Le croirez-vous, si je vous le dis, que toute la doctrine de rÉvangile, toute la discipline chrétienne, toute la perfection est entièrement renfermée dans cette parole : Egredere, sors t La vie du chrétien est un long et infini voyage, durant le cours duquel, quelque plaisir qui nous

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