‹ La doctrine spirituelle de St. Thomas d'AquinChapitre 91 sur 297 · Eph. III · texte numérisé non relu

Eph. III

DE SATNT THOMAS d'aOUIN. 149

nous a été donné (1). Allons avec les bergers adorer un Enfant-Dieu ; approchons-nous d'un berceau plus glorieux que celui de Moïse, car si les Ilots du Nil portaient le berceau du Sauveur d'Israël, c'est le Sauveur du monde qui repose dans la crèche de Bethléem.

Il semble qu'un événement attendu pendant quatre mille ans et qui allait changer la face du monde eut dû éclater dans le silence momentané de l'Empire Romain, comme un de ces coups de foudre qui attirent l'attention des hommes pourles avertirde se tenir prêts auxgrandes choses qui vont s'aci omplir. L'humanité commençait une ère nouvelle, le monde ancien n^était plus désormais qu'un souvenir historique, les siècles allaient tourner leurs regards vers la crèche de Bethléem, où brille l'étoile qui les guidera dans leurs voies ; pourquoi donc la naissance de Notre-Seigneur n'a-t-elle d'au 1res témoins que Joseph, Marie et des bergers? L'univers soumis au sceptre d'Auguste, ne soupçonne même pas que Celui dont le nom seul fera pâlir toute autre gloire, vient de naître au fond d'une province éloignée dans une bourgade inconnue. Pourquoi ce silence, ce délaissement et cette pauvreté? Quel contraste entre une vie qui remplira le monde et une nais- ;mce annoncée seulement à de pauvres pâtres !

Si, dit saint Thomas (2), la naissance du Christ eut été annoncée à tous et entourée d'un éclat semblable à celui du Sinaï ou plus grand encore , cette pompe et ces grandeurs n'auraient pas répondu aux plans de Dieu. Dieu, en eifet, voulait sauver le monde par la foi en Jésus-Christ fait homme et mort pour nous; or, la foi est la croyance à l'invisible, c'est la soumission humble et affectueuse de

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