Philipp., II
ciel, puisqu'il désigne un Dieu fait homme. L'histoire a gardé le souvenir de noms glorieux, il en est qui resplendissent comme des phares dans la nuit des temps, et que les générations aiment à redire en évoquant la mémoire des hommes illustres par leurs vertus ou par leur génie, mais quel nom comparable à celui de Jésus? Quel nom est répété plus souvent et avec plus d'amour? Quel est l'homme dont le nom seul a la puissance de purifier, d'attendrir et de consoler ? Dix-huit siècles ont passé, et le nom de Jésus garde toujours un charme que le temps n'a pas affaibh et un parfum qui arrive jusqu'à l'âme dans toutes les brises du ciel. Quand la tempête s'élève et que l'azur se voile, le nom de Jésus ramène le calme et dissipe les nuages; quand le cœur se déchire sous l'étreinte de la douleur, le nom de Jésus est une goutte de miel au fond du calice ; quand l'angoisse nous saisit à la pensée des jugements de Dieu, le nom de Jésus est un cri d'espérance. La Sainte Écriture le compare à une huile répandue (1 , et saint Bernard, dans une de ses plus touchantes homélies (2), déduit de cette comparaison les principaux effets du nom de Jésus. Il éclaire, il fortifie et il console. Il éclaire, car c'est devant lui que les ténèbres qui couvraient le monde ont été dissipées ; il fortifie, car c'est au nom de Jésus que l'humanité, comme le paralytique dont il est parlé aux Actes des Apôtres (3), s'est levée pour marcher dans des sentiers qu'elle ne connaissait plus ; il console, car, sans lui, le cœur succombe sous le poids de tristesses sans espoir, et de défaillances sans remède.