‹ La doctrine spirituelle de St. Thomas d'AquinChapitre 95 sur 297 · XV iii cant · texte numérisé non relu

XV iii cant

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Cependant, ce n'est pas sous le nom de Jésus que le Christ avait été arnioncé : Voici qu'une vierge concevra, dit Isaïe, elle enfantera un fils, dont le nom sera Emmanuel (1). Nous lisons dans la Sainte Écriture d'autres noms encore donnés par les prophètes au Christ qui devait venir : « Voilà l'homme dont le nom est Orient, dit le prophète Zacharie (2). »

Le nom de Jésus n'est nullement en contradiction avec les diverses qualifications appliquées :i Notre-Seigneur ; il les contient et les résume toutes.

Les noms, dit saint Thomas (3), doivent, autant que possible, répondre aux qualités, aux dispositions, à la nature des choses, mais les noms propres imposés aux hommes ne font ordinairement mention que d'une circonstance accidentelle ; par exemple, une tradition de famille, un événement, ou le jour de la naissance. Souvent, en effet, on donne à un homme le nom du saint dont on célèbre la fêle. Mais les noms que Dieu daigne imposer sont, par leur signification même, la révélation des grâces spéciales que reçoit l'être privilégié, et du rôle qu'il est appelé à remplir. Quand Dieu choisit Abraham pour en faire le père de son peuple, il lui donna un nom nouveau, et Notre- Seigneur changea le nom de l'Apôtre qui devait être la pierre angulaire de son Église. Il y a donc une relation mystérieuse entre le nom venu d'enhaut, et la mission confiée à celui qui le porte.

Quel était le rôle que Notre-Seigneur venait remplir ? Il était envoyé pour sauver le monde, dès lors son nom devait être Jésus, qui signifie Sauveur. Il renferme d'ail-

d. vir 14.

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