‹ La doctrine spirituelle de St. Thomas d'AquinChapitre 97 sur 297 · Éléoations sur les mystères, xvni® semaine^ 5® élévation · texte numérisé non relu

Éléoations sur les mystères, xvni® semaine^ 5® élévation

« n'attendait plus que la mort : il avait passé toute sa vie « dans l'attente de la céleste consolation. Ne vous plaif^nez 0' point, âmes saintes, âmes frémissantes, âmes qui vivez « dans l'attente : ne vous plaignez pas si vos consolations « sont différées. »

Nous nous plaignons lorsque Jésus-Christ tarde à venir et qu'il nous laisse longtemps dans l'attente de nos consolations. Nous voudrions être toujours inondés de joies divines ; quand nous en sommes privés, nous faisons des efforts violents pour les ressaisir, nous oublions que Dieu est le maitre de nous les accorder ou de les retirer à lui et que, lorsqu'il nous les refuse, c^est pour éprouver notre fidélité et la pureté de notre zèle. Gomment saurions-nous que notre amour de Dieu est désintéressé, si notre vie intérieure était une allégresse continuelle ? Le saint vieillard Siméon attendit longtemps, bien longtemps la consolation d'Israël : ne murmurons pas si ce n'est qu'après bien des années nous pourrons chanter avec lui le Nunc dimittis.

Après avoir pressé Jésus dans ses bras, Siméon entonne le cantique de la délivrance: Seigneur, vous laisserez maintenant aller en paix votre serviteur, et il ajoute : Cet enfant est né pour la ruine et la résurrection de plusieurs dans Israël, et il sera en butte aux contradictions des hommes. La vie de Notre-Seigneur est une éclatante confirmation de la prophétie de Siméon. De toutes les personnalités qui ont occupé la scène du monde, aucune n'a été discutée comme celle de Jésus-Christ. Ses contemporains sont protondémeiU divisés à son sujet. Les uns l'acclament comme un prophète, comme un Sauveur, comme un Dieu et ils font retentir sous ses pas le plus magnifique Hosannah qui ait jamais salué un triomphateur :

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les autres le traitent d'imposteur, de Samaritain et ils l'accusent d'abuser de la crédulité du peuple. Ces contradictions ne sont pas rares quand il s'agit d'un homme r extraordinaire ; il suscite des admirateurs enthousiastes et des détracteurs passionnés : « C'est, dit Rossuet, ce a qu'opère tout ce qui est haut». Mais avec le temps, les cris d'amour ou de haine se taisent, le silence se fait autour des cendres refroidies des plus grands hommes et, si la postérité prononce encore leur nom, ce n'est plus avec les enthousiasmes et les passions d'autrefois. L'immortalité de la gloire est comme les statues qui veillent sur les mausolées; elles sont belles mais elles ne gardent que des sépulcres vides. Les contradictions soulevées autour de Notre-Seigneur vivent encore et elles dureront autant que le monde. Le probK'me qui prime tous les autres est de savoir si Jésus est un homme ou un Dieu, si le grain de sénevé devenu un grand arbre doit être arraché comme une plante parasite, et ceux qui travaillent à cette oeuvre s'aperçoivent avec terreur que l'arbre a poussé de profondes racines. Ils se consument en vains efforts, tandis que, la multitude qui souffre, qui prie et qui espère est assise à l'ombre de ses rameaux tout imprégnés de la rosée divine.

Notre-Seigneur signale lui-même la cause des contradictions dont il est l'objet: Vous êtes du mond'e, dit-il, et je ne suis pas du monde (1). Si Jésus-Christ était du monde les hommes n'auraient pas assez de couronnes pour les jeter à ses pieds, mais il n'est pas du monde, il est plus pur, plus grand, plus haut que le monde, voilà pourquoi entre le monde et Lui, il y a une guerre qui ne finira

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