Ge.v., m
nement, l'arbre généalogique du Messie dans la personne de Mario qui est sa mère : Maria de qua natus est Jésus qui vocatur Christus.
C'est encore le même sens qui se trouve exprimé par ces mots de saint Matthieu : « Il se trouva que Marie avait conçu du Saint-Esprit. Ce qui est né en elle est du Saint-Esprit, » Inventa est in utero habens de Spiritu Sancto. — Quod enim in ca natum est de Spiritu Sancto est. (Matthieu, i, 18, 20). Dans ces deux passages, l'évangéliste affirme de nouveau, et de la manière la plus formelle, que Marie est véritablement mère. Il y a plus; il semble nous invitera pénétrer plus avant dans le mystère de l'Incarnation, en nommant ceux qui y ont réellement coopéré. En eiï'et, l'évangéliste termine tout à coup et d'une façon étrange la généalogie du Messie, en ne nommant que sa mère, Marie « de qui est né Jésus, » en substituant uniquement ce nom ù toute mention d'un père selon la chair '. Par ces mots le texte sacré établit claire-
1. « Quod enim in ea natum est, de Spiritu sancto est. » Ilic aperit incarnationis mysterium : et nota, quod cum tria ibifueriut, scil. ipsa virgo coacipiens, Filius Dei conceptus et virtus activa Spiritussancti, duo bene expriniit Angélus, scil. conci[iieateni et conceptionis auctorem, sed terlium ipsuni Dei filiiim cooceptum, non exprimit nisi indetinile : Quod eniui, inquit, m ea natum est. Et hoc ut denoletur quod ipsum est ineffdbile et incoinpreheusibile non soluni homini, sed etiam ipsis Angelis. Quod enim, iuquit, in ea natum est : non dicit de ea, quia nasci de inatre est in luccoi prodire; in matre nasci est ipsum couci(ii De Spiritu sancto est... Nota, quod in couceptioue aliaruiu mulierum in semiae viri est virtus formaliva, cujus snlijectura est semcn : et per banc virtutem formalur fœtus et vegelatur in corpore mulieris. Hanc autem supplevit virlus Spiritus sancli (Cf.
ment la maternité de Marie, mais en même temps il l'élève à une hauteur qui dépasse l'ordre de la nature.
En effet, Marie est mère, mais elle est aussi vierge. C'est de cette manière que fnt engendré Jésus-Christ, Christi aulem generatio sic crat (Matth., i, 18). Cette femme avec Celni qui naitra d'elle, qui a été montré à nos premiers parents dans un lointain avenir, est en même temps la Vierge qui conçoit et enfante, selon la parole d'Isaïe ; elle est le signe miraculeux de l'approche de la Rédemption que le prophète avait annoncée au peuple élu (Isaïe, vu, 14). Emmanuel, son fils, (Dieu avec nous) qui réunit dans sa personne, comme son nom l'indique, la nature divine et la nature humaine, est par conséquent uniquement « le fruit de la femme, » parce qu'il est le fils de la vierge. La promesse faite à nos premiers parents et la prophétie d'Isaïe se complètent et s'expliquent l'une par l'autre. L'une et l'autre annoncent une Yierge-Mère; l'une et l'autre trouvent leur accomplissement dans la virginale maternité de Marie. Yoici comment s'exprime saint Matthieu : « Or, tout cela fut fait pour que fût accomplie la parole dite de la part du Seigneur par le prophète : Yoilà qu'une vierge concevra et enfantera un fils, et il sera appelé Emmanuel, c'est-à-dire Dieu avec nous (Matth., i, 22 et suiv.) '. »
Luc, I, 33). In Matth., c. 1. — Cf. Patrilii De prima angeli legatione commenlatio, p. 43 sqq. n. 67 et G8.
1. Prœmiserat Evangelista, quod mater Dei invejita est in utero
Nous avons donc trois témoins qui déposent pour la véritable maternité de Marie. D'abord, le fait visible à tous les yeux qu'elle mettrait au monde un enfant, — Inventa est in utero habens (Matth., i, 18; Luc, i, 31, 2, 7); la parole de l'Ange qui affirme que ce qui est conçu en elle est dn Saint-Esprit, — Quod enim in ea natum est de Spiritu Sancto est (Mattu., i, 20); enfin le témoignage du prophète qui donr-e la maternité de Marie comme un grand miracle signalant l'approche de la Rédemption : Voilà qu'une vierge concevra et enfantera un fils, — Ecce Vit^go in utero habebit etpariet filium (Isaïe, vu, 14).
§ 4. — Réponse aux. difficultés.
Les adversaires de la maternité de la très sainte Vierge tirent une difficulté de la question adressée par le Seigneur à sa Mère aux noces de Cana (Jean, ii, 4) : « Femme, qu'y a-t-il entre vous et moi? » Ces paroles, disent-ils, équivalent à celles-ci : « Femme, je n'ai rien reçu de vous; la nature humaine que je possède ne m'est point commune avec vous. » Jésus- Christ aurait ainsi renié Marie pour sa mère. Mais saint Augustin, selon la remarque du Docteur angélique, répondait par cette autre question aux contradicteurs de la maternité de Marie ' : « Comment sa-
habens de Spiritu sancto, et hoc supra probavit per angelicam revelationem; bic probat pcr prophclix prœnunliaitoncin. lu Matth., 1. c. 1. Es-p. in Joan.y c. ii, lect. 1 (Edit. Vives, vol. 19 et 20).
14 LA DOCTRIMi: SUR LA VIERGE MARIE,
vez-vous que le Seigneur a dit à Mari c q:u'y a-t-il entre vouset moi? — Par l'évangéliste Jean qui le rapporte, me dites vous. — Fort bien. Mais le même évangéliste dit aussi de la Yicrge une ligne auparavant : Et la IMère de Jésus était là. Si donc vous croyez à l'évangéliste rapportant cette parole de Jésus : Femme, qu'y a-t-il entre vous et moi, écoutez-le aussi, quand il dit que la mère de Jésus était là. »
Ces adversaires ne peuvent pas plus tourner en leur faveur cette autre question faite devant le public par le Seigneur (Matthieu, xii, 48) : « Qui est ma mère et qui sont mes frères? » En effet, le sens qu'ils attachent arbitrairement à ces paroles est contraire à la suite des idées développées dans ce discours, ains^ qu'à l'affirmation expresse du divin Sauveur. Dans le moment le plus solennel de sa vie, du haut de la croix, le fils de la Vierge a publiquement affirmé que Marie était sa mère : « Jésus donc voyant sa mère et près d'elle le disciple qu'il aimait, dit à sa mère : Femme, voilà votre fils. Et depuis celte heure-là le disciple la prit chez lui (Jean, xl\, 26) '. » Saint Paul ne contredit pas moins formellement ces mêmes adversaires quand il dit (Gal., iv, 4) : « Dieu a envoyé
1. Dicit auteiu ipse : Qiue est mater mea, et qui sitnt fratres /nci? Ex isto locû quidam negaverunt Cliristum sumpsisse carnem vere, sed phaatastice. Unde expouebant : Non est hîfic mater mea, neque lii fratres mei; qiiod est contra Apost. ad Gal., iv, 4. Item ad Rom., i, 3. Item Dominus eam recognovit in cruce : « Mulier, ecce filius tuus, » ut habetur Joan., xix, 26. In Matth., xii, 48 (Ed. Vives, vol. 19). Cf. Exp. in Joan., sx, ad h. v. lect. 4, in fin. (vol. 19 et 20).
son Fils, né de la femme. » Comment ce fils pourrait-il être fait de la femme, s'il n'avait rien reçu de la substance de sa mère '? Il y a plus; l'expression dont l'Apôtre se sert désigne clairement la maternité de Marie, et non seulement sa maternité pure et simple, mais sa maternité virginale. En effet, la particule latine ex indique la matière dont une chose est faite. Donc Celui qui est fait de la femme est fils de la femme; par conséquent, Marie de laquelle le Fils de Dieu a été fait selon la chair, est vraiment et incontestablement sa mère. Le terme fait employé au lieu du mot né, montre que cette formation a une cause extérieure, un agent libre, le Saint-Esprit. 11 est dit en effet, que le corps du Christ a été fo*'mé de la substance de la très sainte Yierge par le Saint-Esprit dans ces paroles : a II se trouva qu'elle avait conçu du Saint-Esprit. » — Inventa est in utero habens de Spiritu Sajicto. Le terme né exprime un acte purement passif du côté de la mère; il fait surtout ressortir la communauté de nature qui existe entre le fruit de la génération el le principe générateur : Marie de qui est né Jésus. De même donc que ces mots « fait de la femme » expriment la communauté de nature entre le fils et la mère, de même aussi l'auteur inspiré a signalé par le mot « fait, » le principe extérieur, l'agent libre qui est intervenu dans cette génération; de sorte que nous trouvons dans ces deux mots : « fait de la femme, » factum ex muUere, et la mater-