‹ La doctrine sur la Vierge MArie, ou marialogie de saint Thomas d'AquinChapitre 20 sur 71 · Exp. in epist. ad Gai., iv, i, Icct. 2 (vol · texte numérisé non relu

Exp. in epist. ad Gai., iv, i, Icct. 2 (vol

nité virginale de Marie et l'action surnaturelle du Saint-Esprit '. C'est ainsi que saint Thomas établit par ses savants commentaires sur les paroles de la Sainte

1. Licet aiitem posset dici natus ex muliere, signanter tamen dicit factiwi, et non natum. Nasci enim aliquid est ipsum produci solum ex principio conjuncto; sed fieri, etiam ex principio separato : arca enim fit ab artifice, sed fructus nascitur ex arbore. Principium autem humanae generatiouis est duplex : scil. materiale, et quantum ad hoc Christus processit ex principio conjuncto, quia materiam sui corporis sumpsit ex Virgine : unde secundumhoc dicitur nasci rfeea ; Matth., i, 16. « De qua natus est Jésus, qui vocatur Christus. » Aliud est principium aclivum, quod quidem in Christo quantum ad id quod principium habuit, i. e. quantum ad formationem corporis, non fuit conjunctum, sed separatum, quia virtus Spiritus sancti formavit illud.Et quantum ad hoc non dicitur natus ex muliere, sed factu-, quasi ex principio esteriori. Ex quo patet, quod hoc quod dixit« ex muliere» non dicit corruptionem : quia dixisset natum et non factum. Ibid. Cf. Exp. in ejjist. ad Ro7n., i, 3, lect. 2, sub fin. (vol. 20). Dans cette explication le Docteur angélique se rattache étroitement à la doctrine des Pères, comme le prouve ce passage de TertuUien : Paulus grammaticis istis silentium imponit. Ces grammairiens ou philologues changeaient la préposition ex en m on pci', pour établir que le Christ avait passé par Marie, mais n'était point né d'elle. Misit, inquit, Deus filium suinn factum ex inuliere. Numquid per mulierem aut in muliere? Hoc quidem impressius, quod factum potius dicit, quam natum ; simplicius enim enuntiasset natum. Factum autem diceudo et Verbum caro factum est consiynavit, et carnis veritatem ex Yifgine factam asseveravit (De carne Chrisli, c. 20). Saint Basile dit à son tour : Ut ostenderet Apostolus ex humana massa carnem deiferam esse concretam, significanliorem vocem prœelegit; nam illud pei' mulierem (Sti yiivaixo;) posset notionem transitus in nativitate ingerere, hoc autem ex muliere [i-/. -rf,!; yuvaixôî) salis déclarât communicationem naturae in genito relate ad genitricem (De Spiritu s., c. v, n. 12). — Saint Jérôme exprime le même sentiment en expliquant ce passage. Un grand nombre de Pères sont cités par Pétau : Theol. Dogm. De inc, 1. V, c. XVI, n. 4-9.

Écriture la solidité de la foi de l'Église à la maternité de Marie. Examinons maintenant comment cette vérité fondée sur la parole de Dieu a reçu du génie de l'Ange de l'École, une forme exacte et rigoureusement scientifique.

§ o. — Relation entre la maternité de Marie et le mystère de la Rédemption.

La Sainte Écriture fait surtout ressortir deux points avec une clarté parfaite dans l'affirmation du mystère de la Rédemption. Le premier, c'est le fait de cette maternité : « Voilà que vous concevrez et enfanterez un fils. — Il se trouva qu'elle avait conçu. — Et elle enfanta son fils. » Le second, c'est la manière dont s'est accompli le mystère de la maternité : « Comment cela se fera-t-il?... Le Saint-Esprit viendra en vous. »

Notre saint Docteur a fait do ces deux points le sujet de ses plus profondes méditations théologiques.

Dieu aurait certainement pu former pour son Fils un corps constitué des éléments d'une matière terrestre. Car c'est ainsi qu'il forma le premier Iiomme du limon de la terre. Mais le Verbe éternel a voulu prendre la nature humaine, telle qu'elle s'est propagée sans discontinuité parla voie de la génération, à partir de sa source en Adam. Un Dieu a voulu naître d'une femme. Celui qui n'a qu'un Dieu pour père a voulu avoir une simple créature pour mère. Le vrai Fils de Dieu a voulu devenir un vrai fils de l'homme.

Ainsi rincanialioii en général, aussi bien que le mode de son accomplissement, par la naissance du Yerbe incarné du sein d'une femme qui était sa mère, se présente comme un acte absolument libre du côté de Dieu. La théologie recherche les raisons de ces faits, et les raisons qu'elle trouve sont parfaitement conformes au plan que Dieu avait décrété pour la rédemption du genre humain.

En effet, le Sauveur qui est à la fois Dieu et homme devait revêtir cette nature qui vient d'Adam, pour guérir en elle, en l'adoptant, ce qui avait été vicié par son origine. Il devait vaincre dans cette même nature ce qui avait été vaincu dans le premier homme. Il devait lui procurer un triomphe complet, afin de rendre l'exemple qu'il nous donnait dans sa vie plus entraînant et plus efficace K Cette nature humaine devait être prise dans une femme, afin que Dieu de-

1. Poterat siquidem Deus corpus Chri»Li ex liœo terrœ formare vel ex quacuuque materia, sicut formavit corpus priuii parentis; sed lioc humante restauralioiu propter quam Filius Dei, ut diximus, carnem assumpsit congruum non fuisset. Non enim sufficieuter natura Lumani generis ex primo parente derivata, quse sananda erat, in prislinum liouorem reslituta esset, si aliunde corpus assumeret diaboli Victor et morlis triumphator, sub quibus bumanum genus captivum tenebatur propter peccatum primi parentis. Dei autem perfecta suut opéra et ad perfectum perducit, quod reparare intendit... Conveniens igitur fuit, ut Dei Filius corpus assumeret de natura propagatuœ ab Adam. Opusc. 1 (Comp. tbeol.). c. 217. Cf. III. qu. 4, a. G; ibid. qu. 31, a. 1, c. Saint Iréuée développe la même pensée, adv. bter. III, c. 21 et 22. Cf. Suarez in III, qu. 1, a. 2. Di?p. 4, sect. 2, n. 6. — Estius in III, dist. 12, § 2; Franzelin : De Deo iuc. éd. 2, p. 103 sqq.

venant homme rendît plus honorable et plus noble cette même nature humaine n'-partie en deux sexes dans l'homme et dans la femme. Car tandis qu'il fait son apparition dans le plus noble des deux sexes de la nature humaine, il naît uniquement d'une femme et exclut toute participation d'un homme à sa naissance. « Le Seigneur a créé, dit Jérémie, un nouveau prodige sur la terre; une femme environnera un homme. » Parole qui relève dans la Mère deTIIomme- Dieu l'effacement apparent du rôle de la femme \ En outre, c'est dans la femme que le péché a pris son point.de départ; mais c'est par l'homme qu'il est devenu le péché de la race humaine. Il fallait donc que l'œuvre de la rédemption fût accomplie par un homme, mais qu'elle prît son commencement dans la femme, dans la très pure Vierge Marie, qui devait donner à l'humanité le Sauveur du monde "".

Enfin, le Fils de Dieu, en tirant uniquement d'une femme sa nature humaine, ne donnait pas seulement par là une preuve solide de la vérité de l'incarnation ; mais encore il adoptait le seul mode possible qui n'eût point encore été suivi pour la production d'un homme. On peut en effet en concevoir quatre, et tous les quatre ont été réalisés. Un homme peut venir à

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