MARIE EST VÉRITABLEMENT MÈRE DE DIEU
La bienheureuse Vierge Marie est mère de Dieu,
à l'égard de Marie une filialion réelle. Cf. Suarez (in III. qu. 35, a. n, disp. 12, sect. 2.) et Tolet (in h. 1.).
1. Quia subjectum filialiouis non est natura, aut pars naturœ, sed solum persona vel hypostasis, in Christo autem non est hyposlasis vel persona nisi œterna, non potest in Christo esse aliqua fdiatio niai quae ?it in hypostasi teterua. Omnis autem relatio, quae ex lempore de Deo dicitur, non ponit iu ipso Deo aeterno aliquid secundum rem, sed secundum ralionem tautum, sicut in prima parte habitum est (qu. 13, a. 7.). Et ideo filialio qua Christus refertur ad matrem, non polest esse realis relatio, sed solum secundum rationem. Dicitur tamen relative filius ad matrem relatione, quae cointelligitur relalioni maternilatis ad Cliristum, sicut etiam Deus dicitur dominus relatione, quoe cointelligitur reali relationi, qua creatura subjicitur Deo. Et quamvis relatio dominii non sit realis in Deo, dicitur tamen realiter dominus ex reali subjectione creaturae ad ipsum. Et similiter Christus dicitur realiter filius Virginis matris ex relatione reali maternilatis ad Christum. III. qu. 35, a. 5, c. ; III. dist. 8, qu. 1, a. 5,
2. Oportet igitur quod fdiatio, qua suppositum œternum Filii refertur ad Virginem matrem, non sit realis relatio, sed 7-espectus rationis tanlum. Nec propter hoc impeditur quin Christus sit vere et realiter filius Virginis matris, quia realitcr ab ea natus est. Comp. theol. (op. 1.) cp. 212. Id. Quodliô., 1. a. 2, c. e» Q. a. 4, c. et l™.
Oiorry/.rj-, Dcipara, Dei Gcnitrix, dans le sens propre de ce terme '.
Cette vérité dont nous venons d'exposer les preuves dogmatiques est comme l'abrégé de toute la doctrine chrétienne concernant la personne du Christ. Elle est aussi le centre auquel se rattachent toutes les affirmations doctrinales relatives à la très sainte Vierge -.
§ 10. — Preuves de cette vérité par la révélation divine.
Si la sainte Vierge est véritablement Mère de Dieu,
1. Le terme latin Deipara ne rend pas exactement le grec 6£otôxo;, les verbes grecs xixTïtv et yjwàv' renferment chacun le sens des deux verbes latins parère et (j'ujnere, désignant la formation et le développement du produit de la conception jusqu'à sa sortie du sein de la mère (Cf. Pétau : Theol. Dogm. De inc, 1. Y. cp. 15, n. 1, et 2.). C'est dans le même sens que saint Tliomas emploie les termes nasci et nativitas. Sur la différence entre conceplio et nativitas in idero et extra uterum, voyez Ciijétan : in III, qu. 3j, a. 1, et Suarez : in eumd. loc.)-
2. Merito et vere S. Mariam Oîotôxov appellamus. Hoc enim jiomen toium incaryiationis mysterium astruit. Nam si Dei mater est quse genuit, profecto Deus est, qui ex ipsa genitus est : profecto etiam homo. Nam qui fieri potuisset, ut Deus, qui ante saecula exstabat, ex muliere nasceretur, nisi homo factns esset? Qui enim iilius est hominis, homo etiam ipse sit necessum est. Quod si ille ipse, qui ex muliere natus est, Deus est, unus procul dubio atque idem est, qui ex Deo Paire genitus est, quod ad divinam et initii expertem substantiam attinet, quique extremis temporibus ex substantia, quœ initium habuit temporique subjecta est, hoc est, humana ex Virgine natus est. Hoc vero iinam D. N. Jesu personam duasquc natvras et duas generationes significat. Joan. Dam. De fid. ortJiod., 1. III, c. 12- (cité par saint Thomas III. dist. 4, qu. 2, a. 2, in ctr.)
toutes les hérésies qui ont attaqué la personne de Jésus-Christ, n'ont plus d'objet, et tous les privilèges que l'Eglise maintient à cette mère incomparable sont établis sur un fondement solide et inébranlable. Attaquer Marie, c'est toujours attaquer Jésus-Christ, et réciproquement défendre la Mère, c'est en même temps défendre le Fils '. De là, le terme de Mère de Dieu, dans la lutte contre Nestorius, fut le mot de ralliement répété par les catholiques, comme le terme de consuhstantiel avait été, dans la lutte contre les Ariens, le terme consacré pour l'expression de la vraie foi ^
Le dogme de la maternité divine de Marie a trouvé deux principaux adversaires qui prenant leur point de départ à deux extrémités opposées, tendaient pourtant au même but : nous voulons parler du Nestorianisme et de VAdoptianisme. Le premier niait que Jésus-Christ étant vrai Fils de Dieu, put être appelé le vrai Fils de Marie. Le second niait que Jésus-Christ, étant vrai Fils de l'homme put être appelé le vrai Fils de Dieu le Père ^. L'une et l'autre de ces deux hérésies mettaient à néant l'Incarnation du Verbe. Le terme
1. Humauitas Cbrisliet maternitai Virginis aJeo ?ibi coiinexa sunt, ut qui circa ununi erraverit, oportet etiam circa aliiid errare. III. disl. 4, qu. 2, a. 2, in sol.