‹ La doctrine sur la Vierge MArie, ou marialogie de saint Thomas d'AquinChapitre 23 sur 71 · Pelaviiis : Theol. Dogm., De inc. I. V, cp. 15, n · texte numérisé non relu

Pelaviiis : Theol. Dogm., De inc. I. V, cp. 15, n

3. L'hérésie nestorienne est exposée et réfutée par saint Thomas. III. qu. 2, a. 6, et s. c. g. IV, cap. 33. Celte hérésie avait trouvé pendant quelque temps un écho en Espagne dans l'erreur appelée l'adoptianisme, qui fut condamnée par le concile de Francfort en 794 et par le Pape Adrien I. Saint Thomas n'en fait pas mention, mais il

de Mère de Dieu condamnait à la fois l'une et l'autre de ces erreurs '.

En effet, l'idée de Mère de Dieu est une affirmation du mystère de l'Incarnation dans son essence la plus intime, dans l'nnité personnelle de la nature divine et de la nature humaine. Sur cette base sont établies trois vérités qui, tout en différant l'une de l'autre, sont pourtant réciproquement inséparables. La première, c'est que la bienheureuse Yierge Marie est la mère d'un homme, du Christ, en ce qu'elle a fourni la matière qui a formé sa nature. La seconde, c'est que Marie est la Mère du Fils de Dieu, parce que le Fils de Dieu a fait sienne cette nature humaine formée d'elle et en elle. La troisième enfin, c'est que Marie est la mère de Dieu, parce que son Fils réunit en une seule personne la nature divine et la nature humaine -. Guidés par saint Thomas, nous allons donner la démonstration de ces trois vérités par des preuves tirées de la Révélation.

Sans doute le terme de Mère de Dieu ne se rencontre nulle part dans la sainte Écriture. Mais si le mot est absent, la chose qu'il exprime y est évidente. Deux vérités fondamentales y sont en effet proclamées; la première, c'est que Jésus-Christ est vrai

combat les principes de cette erreur dans Nestorius (III. qu. 23, a. 4.; et surtout S. c. g. IV, cp. 34.)

1. Unitas personae, quae est in Dei Filio et Filio Virginie, adoptionis toUit iujuriam. (Conc. Francof. ep. ad Episc. Hispan. apud Mansi, t. XIII, pg. 893.)

2. Cfr. Fr. Ferrariensis Comm. in S. c. g. IV, cp. 43, circa med.

Dieu. Hic est verus Deus (I Jean, v, 20). La seconde, c'est que Mario est la vraie mère de Jésus-Christ, de qua iiatus est Jésus, qui vocatur Christus (Mattii., i, 16). De là suit nécessairement cette conclusion : xMarie est vraiment Mère de Dieu ^

La très sainte Vierge est saluée comme Mère du Fils de Dieu par l'Arcliange Gabriel. Il lui annonce que l'être saint qu'elle a conçu et qui naîtra d'elle sera appelé le Fils du Très-Haut (Luc, i, 3o) -. Et ce n'est pas seulement après sa naissance qu'il est le Fils du Très-IIaut, mais à partir du moment de sa conception. Car c'est de sa conception que l'Ange parle, en affirmant l'intervention active du Saint-Esprit.

Marie est appelée Mère de Dieu par sainte Elisabeth, sa parente, laquelle sous l'inspiration du Saint- Esprit^ s'écrie en s'adressant à Marie : « D'où me vient ce bonheur que la Mère de mon Seigneur vienne à moi (Luc. I, -43)? »

Marie est appelée à différentes reprises Mère de Dieu par le grand Apôtre, qui enseigne que le Fils de Dieu s'est fait chair, c'est-à-dire s'est fait homme, du sang de David (Rom., i, 3) ■""; en outre, proclame la

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