‹ La doctrine sur la Vierge MArie, ou marialogie de saint Thomas d'AquinChapitre 24 sur 71 · III. qu. 3j, a · texte numérisé non relu

III. qu. 3j, a

2. Cf. même chapitre V. 31 et suiv; saint Matthieu, 1, 21, et le commentaire de saint Thomas sur ce passage. (Exposilio in Matthxum, Ed. Vives, vol. 19).

3. Nestorius ponebat, quod aliud esset secundum personam Filius Dei, et alius Filius homiuis... IIoc excluditur per hoc quod Aposlolus dicit: De Filio suo qui scil. Filius Dei est faclus sccimdion cavnon i. e. habens carnem, ex semine David : qui modus loqueudi locum non haberet, si htec uuio facla esset solum secundum inhabitatio-

prééminence du peuple d'Israël, en ce que le Christ a pris sa chair dans la descendance de ce peuple, le Christ qui est Dieu par-dessus toutes choses, béni dans tous les siècles ' (Rom., ix, 3). Le même Apôtre affirme que le Fils de Dieu a été formé de la femme (Galat., IV, 4)^ Par conséquent, la même personne qui est le Fils de Dieu est Dieu par sa naissance éternelle dans le sein du Père, est descendant de David, c'est-àdire fils de l'homme, par sa naissance temporelle du sein d'une femme. Or cette femme est la Yierge Marie; donc la Yierge Marie est Mère de Dieu ^

Si donc il est bien établi par la révélation que le Fils de Dieu s'est véritablement fait homme, et que la Yierge Marie est véritablement la mère de cet homme,

nem. Expos, in ep. ad Rom., 1, 3, lect. 2. (Ed. Vive?, vol. 20, col. 1.) ; ad Gai. 4,4. lect. 2, vol. 21.)

1. Quarto ostendit diguitatem eoriim ex proie, cum dicit : Ex quibui est Christus secundum canicm — et ne hoc param videatur, oslendit Chrisli digaitatem, dicens : Qui est sitpcr omnia Deus benedictus in sxcula. Amen... In quibus verbis (destrnitur) hœresis Nestorii, qui posuit alium esse filium hominis, alium Dei; contra quem Apostolus hic dicit, quod ille est ex patribus secuudiim carnem, qui est Deus super omnia. Ibid. 9, 3. lect. 1. Cfr. S. c. g. IV, cp. 34.

2. Per hoc etiam quod dicitnr ex muliere factus (destruitur) error Nestorii diceutis, Beatam Yirginem non esse matrem Filii Dei, sed Filii hominis : quod falsuni esse osteuditur per hoc quod dicit Apostolus hic, quod misit Deus Filium suu?» factum ex muliere: qui enini fit ex muliere, est filius ejus. Si ergo Filius Dei est factus ex muliere, scil. ex Beala Virgine, manifeslum est, quod Beata Virgo est mater Filii Dei. Exp. in Gai., 4, 4. lect. 2. (1. c. 1). Cfr. S. c. g. 1. c.

3. Unus itemque de Pâtre sine initio Deus semper genitus, de maire homo verus secundum carnem temporaliter conceptus et uatus. S. Fulgentius De inc. 1. III.

cette conséquence est indéniable : Marie est Mère de Dieu dans le sens propre de ce terme K

§ 11. — La maternité de Marie au point de vue des notions de personne et de nature.

Nous allons examiner maintenant comment le Docteur angéliquc concilie le privilège incomparable de la maternité divine avec les notions métaphysiques de personne et de nature et comment il réussit à défendre ce dogme contre les attaques de la fausse science.

Dans toute génération il faut distinguer deux choses : le sujet et le terme, dit saint Thomas. Les commentateurs expliquent ces mots du terme complet, tei^mimis completiis, et du terme formel, terminus formaiis. Le sujet, celui qui est produit, sur lequel par conséquent tombe l'attribut d'engendré, et auquel se rapporte la relation de fils, est Y hypostase ou la personne. Quant au terme, terminus formalis, c'est-à-dire ce par quoi la personne est produite, c'est la nature. La personne est produite, mais elle l'csty;»/' la nature, avec la nature et dans la nature ^

1. Aussi Facuudus d'Heriuiane dit-il fort Lien : Si Deus l'ere est homo, nec aliunde vere homo nisi nascendo ex Virgine, cur uoq dicatur : Deas vcvc natus est ex Virgine? et si Deus proprie factus est hooao, nec aliunde proprie fuctus est bomo, nisi nascendo ex Virgine, cur non dicatur etiani propric natus ex Virgine? (Pro defens. trium cap. 1. IV. cp. 4.)

2. Nativitas polest altribui alicui dupliciter : unu modi) sicut sub^ jecto, alio modo sicut lermino. Sicut subjeclo quidem attribuilur ei,

Il faut chercher dans la relation entre les termes de personne et de nature la raison dernière de ces affirmations '. Dans les êtres raisonnahles, la personne est celui qui subsiste, la nature est ce par cjuoi il est. La personne possède, détient l'être avec toutes ses déterminations, et elle n'est possédée elle-même par aucun autre. La nature, au contraire, est ce par quoi une personne possède en propre un être déterminé '.

qnod nascitur. Hoc aiitem proprie est bypostasis, non iiatura. Ciiua .luteai nasci sit quoddaai geuerari, sicut generatur aliquid ad hoc quod sit, ita nascitur aliquid ad hoc quod sit. Esse autem proprie est rei subsistentis; nam forma, quœ non subsistit, dicitur esse solum, quia ea aliquid est : persona autem vel bypostasis significatur [ler modura subsistentis, uatura autem significatur per modum formte, qua aliquid subsistit. Et ideo nativitas tanquam subjecto aascenli proprie attribuitur personce vel hypostasi, non naturee, sed sicut termine attribuitur nativitas naturse. III. qii. 35, a. i, c.

1. Pour la notion de personne est son application au dogme, voyez l'excellent trailé du P. Tiphane : Declaratio ac defensio sc'-ol. doctrin;e, SS. Patrum doctorisque Augelici de hypostasi [etc. Pont-à- Mousson 1634; parmi les modernes Franzeliu : De Verbo iiic.Thes. XXVI-XXX. Les traiiés de Brauu, sous ce titre : La notion de la personne, à IMayence Kirckheira 1876. Le père Stentrup la notion de l'hypostase dans la Revue théologique d'Inspruck de 1868 à 1881; d'Orsi : Del concetto di personalità secundo le dottrine di S. Tommaso (daûs la revue La Scie7iza e la Frf/e.l876. lY, 2. pg. 293 sqq.).

2. Es?e autem pertinel et ad naturam et ad hypostasin. Ad hypostasin quidem, sicut ad kl quod liahct esse ; ad naturam autem, sicut ad id quo aliquid habet esse. III. qu. 17, a. 2, c. et ad !■". ; ibid. qu. 33, a. 1, 3"'. lUud autem quod;je;- aliquam naturam dicitur esse, dicitur esse supposilum, vel bypostasis uaturœ illius... et si sit na- Inra intellectualis qutehabetur, talis bypostasis dicitur persona, sicut dicimus Petrum esse persouam, qui naturam luimanam habet, quœ est intellectualis natu.'a. Declar. quorundam art. c. Grsecos, Arm. etc. cp. 6.

La personne est un tout subsistant par elle-même, un être complet et terminé, un individu qui a pleine possession de soi-même. La nature, au contraire, ne subsiste pas en elle-même, mais dans le tout dont elle constitue l'élément formel. Elle ne se possède et ne se détient pas elle-même, mais elle est possédée et détenue par la personne dans laquelle elle réalise son existence, dans laquelle elle est possédée 'et se complète K La personne est donc le complément et l'achèvement de la nature, non point, il est vrai, sous le rapport de l'être, mais sous le rapport du mode d'être, c'est-à-dire de l'existence substantielle, comme s'exprime saint Thomas -, avec autant de vérité que de concision \ Puisque donc, l'être selon le sens propre et complet, n'appartient qu'à la personne, et comme d'un autre côté, l'être est le terme de tout ce qui est produit et devient, il est évident que la fin de toute génération est un être subsistant, substantiel, une

1. III. qii. 2, a. 2; ib. qu. 3, a. 3, et qu. 16, a. 12, 3">.

2. C'est ainsi que s'exprime Bannez, dans son commeutaire sur la Somme : Natura subslantialis, quaniumlibel intelligatur perfecta et singularis, tamen si uon sit iu supposilo seu persona, adhuc est terminabilis... Natura, si quidem est prior causalitate, incompleta est quoad ullinaum sui complemeulum : ut vcro personatur, uUimum complementum assequitur. Iq I. qu. 3, a. 3. (E. Ven. 1383, pg. 143.) Dans le même sens Suarez : Dico ergo, persoaalitalem ad hoc dari nalurte, ut illi det uUimum completnentiun in ratione exisleudi, vel (ut ila dicam) ut existentiam ejus com[)leat iu ratione subsistentiae, ila ut personalilas non sit proprie terminus aut modus natura; sccundum esse existent iœ^scd secundum esse essentix. Metaph. disp. 34, secl. 4.

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