Beata cœli nuntio
Fœounda sanclo Spii-ilu. {Hymn. eccl.)
Per Spiritus Saucti gratiam non solum meus Virginis fuit Deo per amure perfecte uuita, sed ejus utérus a Spiritu Sancto est superuaturaliter impraegnatus. Et ideo slatim cum dixisset Gabriel : Ave, gratia plena, subjunxit de plenitudine ventris, dicens : Dominus tecum, S. Thom. Exp. inJoan., c. i, lect. 10 (Ed. Vives, vol. 19). De même S. Bonaventura : III. dist. 4, a. 1, qu. 1.
2. S. Proclus : Orat. I in laudem Deiparx Virg. contra Xest. — Cum Verbum caro faclum est, in utero virgiuali thalamum iuvenit, atque inde naturœ conjunctus humanae, tanquam de castissimo procedens cubili... natus est. S. Aug. In Ps.. 18. Enarr. 2, n. G. Conjunctio nuptialis, Verbum et caro : hujus conjunctionis thalamus, virginus utérus. Etenim caro ipsa Verbo est coujuucta, unde elinm dicitur : Jam non duo, sed una caro. A.ssumpla eslEcclesia ex génère humano, ut caput esset Ecclesiae ipsa caro Verbo coujuncta et ceîeri credentea membra essent illius capitis. Id. Enarr. in Ps , xliv, n. 3.
Cantique des Cantiques composé par Salomon que l'on peut lire répitlialame solennel où sont célébrées ces fiançailles K
§13. — Sublimité de Marie considérée du côté de Dieu.
Cette relation inlime de la bienheureuse Vierge avec l'adorable Trinité est contenue dans le monument le plus ancien et le plus vénérable de la foi de
It. in ep. 1, JoA>\, tr. \, n. 2. D'autres passages des saints Pères sont cités par Tliomassin : Doijm. iheol. de inc, lib. III, c. 24. Voici comment saint Thomas développe la pensée des Pères : lllud quidemmatrimonium (Chrisli et Ecclesiae) initiatiirn fuit iu utero virgiuali, quaudo Deas Pater Filio liumanam naturam univit in unitale personae : unde hujus conjunctionis thalamu.'i fuit utérus virginalis... Puhlicalum autem fuit, quando Ecclesia sibi per fidem coujuucta est (OsE.E, H, 20 ; Âpoc, XIX, 9). Consummatum autem erit, quando sponsa, i. e. Ecclesia iutroducetur in thalamnm sponsi, in cœlestem scil. gloriam. Exp. in Joan., c. ii, lect. 1 (Ed. Vives, vol. 19; Cf. ib. Exp. in Ps., 18, vol. 18). Cf. Sclieeben : Les mystères die Christianisme. Fribourg, 18G5, p. 348 et suiv. ; le Catholique de Mayence, 1874, Ire partie, p. 2GS et suiv.
1. C'est ainsi, en efl'et, que saint Thomas en se rattachant aux Pères, considère la pensée fondamentale du Cantique des Cantiques : Salomon inspiratus Sancto Spiritu coniposuit liunc libellum de uuptiis Christi et Ecclesiœ et quodammodo epilhalamium fecit Christi et Ecclesiae {Expos, in Cantic. Cant. init.). Toutefois, il ne nie pas que ce livre ue puisse se rapporter à la sainte Vierge, qui, selon la doctrine des Pères (Voir Passaglia 1. c, n. 1307 et C07 et suiv.), représente de la manière la plus exacte l'Église vierge et mère (Voir sur les passages du Cantique des 'Cantiques qui se rapportent à la sainte Vierge le savant commentaire de Scherlog in Cantic. Cant ; de Malou : L'immaculée Conception de la bienheureuse Vierge Marie, et deSchaefer : Le Cantique des Cantiques, Munster, 1876, p. 85 et suiv.).
l'Eglise. Le symbole des apôlres assigne à ia très sainte Vierge la place la plus honorable qu'une créature puisse occuper. Le nom de Marie s'y trouve mêlé aux noms trois fois adorables des personnes divines. Elle y apparaît, entre le Père, le Fils et le Saint-Esprit, non point comme une étrangère dans la famille de Dieu, mais comme unie par des liens de parenté les plus étroits et les plus indissolubles, comme fille, comme épouse, comme mère. Aucune louange humaine ne pourra célébrer dignement la gloire immense qui rejaillit de ces quelques mots, répétés, depuis bientôt deux mille ans, par les innombrables fidèles de l'Eglise : « Je crois en Dieu, le Père tout-puissant, et en Jésus-Christ, son Fils unique, Notre-Seigneur, qui a été conçu du Saint- Esprit, est né de la Vierge Marie. »
Cette profession de foi qui célèbre d'une manière si solennelle la gloire de Marie est traduite en pratiques de piété et trouve son expression dans le culte déféré à la Mère de Dieu. Ce culte dépasse de beaucoup celui que l'on rend aux Saints, sans toutefois atteindre jamais le culte d'adoration qui n'est dû qu'à Dieu seul '. On lui donne le nom grec îS'hyperdulie. Ce
1. Nalli porte crentur.-c ralioaali debetur cnltus latriœ. Cum i^Mlur B. Virgo sit pura creatura ralioiiali?, non debetur ei adoralio latriœ, sed solum veucratio duliae : eminentius tamen, quam cetcris crcaturis, in quantum est mater Dei. El ideo dicilur, quod debetur ei non qualiscunque dulia, sed hyperdulia. III. fiu..2o, a. 5, c. It. 2. II. qu. 103, a. 4, 2'", et III. dist. 9, qu. 1, a. 2, sol. 3. — S. Bonaveutura (III. dist. 9, a. 1, qu. 3) : Bealissima Virgo Maria pura crealura est, et ideo ad honorem et culluiu ialriaî non ascendit. Sed quoniam excel-
culte est rendu à la Yierge Marie, uniquement en raison de sa sublime dignité et abstraction faite de l'abondance des grâces qu'elle a reçues *. C'est cette abondance de grâces qui fera le sujet du chapitre suivant.
lentissimum nomeu babet, ita quod excellentius purae creaturae conveaire non polest, ideo non tantum debetur ei honor duliœ, sed hyperduUse. Hoc autem nomen est, quod Virgo exislens, Dei mater est, quod quidein ita tantae dignitatis est, quod non solum viatores, sed etiam comprebensores, non solum bomines, verum etiam Angeli eam revereantur quadam praerogaliva speciali. Ex boc enim, quod mater Dei est, prselatur ceteris creaturis et eam prse ceteris decens est bonorari et venerari.
1. Cf. Suarez ia III. disp. 22, sect. 3; Ripalda 1. c., n. 6t.