‹ La doctrine sur la Vierge MArie, ou marialogie de saint Thomas d'AquinChapitre 32 sur 71 · I. disl. 12, qu. 1, a · texte numérisé non relu

I. disl. 12, qu. 1, a

2. Beata Virgo Maria tantam graliae obtiauit pleûitudinem, ut esset propiuquissima auctori graliœ lia, quod eum, qui est plenus oiuui gratia, in se reciperet et eum parieudo, quodainmodo gratiam ad

§20. — Caractères de la plénitude de la grâce en Jésus-Christ.

Si ce sont là les fondements sur lesquels s'élève rédifice de la sainteté de la Mère de Dieu, essayons maintenant d'en déterminer les proportions , en répondant à cette question : Que signifient ces paroles de l'Ange: Vous êtes pleine de grâce? Recherchons donc en quoi consiste cette plénitude de la grâce en Marie.

La saiiite Écriture attribue à trois sujets différents la plénitude de la grâce : d'abord, au Verbe fait chair, dans ces paroles de saint Jean (i, 14) : « Nous avons vu sa gloire comme ia gloire que reçoit de son Père le Fils unique plein de grâce et de vérité ; » puis à Marie, sa Mère, que l'ange salue en ces termes : « Vous avez été remplie de grâce (Luc, i, 28) ; » enfin aux saints et aux justes, notamment à saint Etienne, « homme plein de foi et du Saint-Esprit, plein de grâce et de force. » (Actes, vi, o et 8).

Mais dans quel rapport est la plénitude des grâces accordées à Mario avec celle qui est en Jésus-Christ et dans les saints?

Les théologiens distinguent en l'Homme-Dieu trois espèces de grâces, la grâce de l'union hypostatique,

omnes derivaret. III. qu. 27, a. 5, 1'". Cfr. Giustiniani : Omaggio ecc, pg. 43 sgg.

la grâce sanctifiante qui appartient à sa personne, et enfin la grâce da chef de l'Eglise \

Le Yerbe éternel en adoptant la nature humaine et en se l'unissant par une union personnelle lui fait un don libre et gratuit, par conséquent lui concède une faveur, une grâce d'une excellence incomparable, puisqu'elle est la cause de toutes les autres. Par cette grâce de l'union, que les Pères, en interprétant la sainte Écriture ", appellent Y onction par la divinité ^, Jésus-Christ comme homme, aussi bien que comme Fils de Dieu, est la sainteté essentielle \ Expliquons ce point. Jésus-Christ ne possède pas la sainteté de la même manière que les autres saints, par une participation à la sainteté de Dieu, ou comme un don, une qualité qui lui serait accordée et par laquelle il serait semblable à Dieu qui est la sainteté même. Non, il la possède comme une propriété ; car l'union de la nature humaine avec la nature divine par l'Incarnation n'est pas une union accidentelle, mais est une union subsistante, en tant que les deux natures sont indissoluble-

1. m. qu. 6, a. 6; qu. 7 et 8; Comp. theoL, c. 214; Exp. in Joan., lect. 8 (Ed. Vives, vol. 19). IJ. S. Boaaveutura: Breviloquium, p. IV^ c. 5 et IIL diét. 13, a. 1 sqq. Voir Franzeliu : De Fe? bo inc, thés. XLI, p. 401 sqq.; Kleutgeu : la Théologie de l'ancienne École, 3« vol. p. 223 et suiv. ; la revue le Catholique de Mayence, 1874, 1 vol. pag. 30 et suiv. ; 203 et suiv.

2. Hebr., I, 9; Cf. Ps., xi.iv, 8; Jer., xlvui, 3G ; Is., lxi, l(Luc., iv, 18-21).

3. Cf. Suarez : De incarn., disp. 18, secL. 1; Petavius : De inc, 1. 11, c. 7-9.

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