De veritale, 1. c, a. 5, c
par l'unité organique delà race, afin de faire circuler en eux les éléments de la vie divine '. »
Cependant, quoique la grâce habituelle soit un bien limité et fini % puisqu'elle est une chose créée, le Christ la possédait pour lui-même aussi bien que pour les autres dans toute sa plénitude. En efîet, Jésus-Christ possédait cette grâce dans sa plus parfaite concentration et son plus puissant rayonnement. Il avait en lui la grâce elle-même, selon toute son essence et selon toutes ses espèces, puisque son humanité, personnellement unie avec la divinité qui est la source originaire de toutes les grâces, avait dû en recevoir en elle comme un immense océan. Il y a plus. Le Christ ayant été établi dans l'humanité comme chef et source de la grâce pour l'Eglise universelle, devait nécessairement concentrer en lui une pareille surabondance de grâce ^ Il suit de là que le trésor des grâces renfermées en Notre-Seigneur dépasse toute mesure et ne saurait être épuisé. C'est là le sens de ce mot de l'Evangile: a Le Verbe s'est fait chair, et il est plein de grâce et de vérité (Jean, i, 14). »
1. Sic enim recipiebat anima Christi grati.im, ut ex ea quodamrnodo trausfuuderelur in alios. III. qu. 7, a. 9, in f. c. Voyez l'excellente exposition de la doctrine de saint Thomas sur la grâce du chef dans le Catholique de Mayence, 1. c, p. 265 et suiv., et dans Schaetzler, la Doctrine de l'efficacité des sacrements, p. 111 et suiv. Voir aussi du même auteur le Dogme de l'Incarnation, § 43, p. 367 et suiv.
2. Gratia Cliristi fuit finila secuudum esseutiam, sed infinita fuit secundum perfeclionem ratiouis graliœ. De ver., qu. 29, a. 3, inf. c. Comp. th., c. 223.