‹ La doctrine sur la Vierge MArie, ou marialogie de saint Thomas d'AquinChapitre 38 sur 71 · III. qu. 6, a · texte numérisé non relu

III. qu. 6, a

3. Non point dans ce sens que la grâce habituelle ait été une prédisposition pour l'union hypostatique, car elle est elle-même un bien produit par cette union (III. qu. 2, a. 10. Comp. th., c. 214), mais en ce sens qu'elle a accompagné ou suivi cette union, et qu'elle est inséparable de son accomplissement (III. qu. 7, a. 1.3, c. et 2m. Cf. De vcriL, qu. 29, a. 2).

puisse concevoir. Par conséquent, l'abondance des grâces qui remplissent son âme est sans mesure et en quelque sorte infinie. Or la dignité qui se rapproche le plus de la dignité de Jésus-Christ est celle de sa mère. De là, la plénitude des grâces qui est eu Marie est relativement la plus complète possible et n'a au-dessus d'elle que celle qui se trouve en Jésus-Christ \ Cette plénitude ne pouvait être que relative , parce que Marie ne possédait la grâce divine ni dans sa perfection absolue ni dans tous ses effets, mais seulement dans cette très large mesure, qui correspondait à sa vocation sublime de Mère du Fils unique de Dieu \ Le trésor de grâce qui était en elle, comme aussi dans la très sainte humanité de Jésus-Christ, avait deux principales provenances : d'abord, son rapprochement intime avec la divinité et son lien étroit avec l'humanité. Plus il est donné à une créature de s'approcher de la divine bonté, plus elle participe largement à l'excellence de cet attribut. Cette condition a lieu d'une

1. tinicuiqiie aulem (Deiis) dat gratiam proportionatain ei ad quod eligitiir, siciit honiini Cliristo data est excellentissima gralia, quia ad hoc est electus. ut ejus aatiira in uaitatem personœ divinae assuineretur, et post eum habnit maximaio plenitudiDeni gratiae 6. Maria, qiiae ad hoc ert electa, ut esset mater Chris ti. Exp. m epist. ad Rom., c. 8, lect. 3 (Ed. Vives, vol. 20).

2. Beata Virgo dicta est plena gratia non ex parte ipsius gratiae, quia non hnbuit gratiam iu summa excellentia qure potest haberi, nec ad omnes effectus gratioe, sed dicitur fuisse plena gratia per comparationem ad ipsam, quia scil. habebat gratiam sufficientem ad statum ilhmi, ad quem erat electa a Deo, ut esset scil. mater Unigeniti ejus. III. qu. 7, a. 10, 1"'.

ABOxNDA.N'CE DE LA GRACE DIVINE EX MARIE. 103

manière absolue pour le Fils', dans une mesure relative pour sa mère ". Comme chef du genre humain , l'Homme-Dieu a la faculté de répandre sa grâce sur tous les membres de l'humanité , avec une telle abondance que cette grâce suffirait, non seulement pour le salut du monde, mais encore comme saint Thomas l'affirme en expliquant les paroles de saint Jean ([ Jean, ii, 2), pour le salut de miniers de mondes s'ils existaient ^. Marie n'est pas, il est vrai, le chef de l'Eglise, mais elle est la mère du chef, et voilà pourquoi elle est la mère de tous les membres '*. Elle est la mère du corps réel de Jésus-Christ, et par cela même elle est aussi la inère de son corps mystique ^ Elle est donc par son fils dans une relation très intime avec Dieu, et aussi dans un commerce non moins intime avec l'humanité. Elle est la mère de la nouvelle race humaine, créée dans la sainteté et dans la justice conformément à l'image de son Fils ; elle est la mère de la vie et la mère des vivants. Cotte situation qu'occupe

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