Suarez : De me, disp. 18, sect. 4, n. 12 ?qq
2. Secuudo plena fuit (B. Virgo) gratia quantum ad redundantiam animae ad carnem vel corpus. Nam magnum est iu sanctis habere tantum de gratia quod sanctificat animam; sed anima B. Virginis ita fuit plena quod ex ea refudit gratiam in carnem, ut de ipsa conciperet Filium Dei... Tertio quantum ad refusionem in omnes homines. Magnum enim est in quolibet sancto, quando babet tantum de gratia quod sufficit ad salutem multorum, sed quando liaberet tantum quod sufficeret ad salutem omnium hominum de mundo, boc esset maximum et boc est in Cliristo et in Beata Virgine. Exj). iji Salut. Anfj. (EJ. Vives, vol. 21). — B. Virgo non solum erat pura in se, sed etiam procuravit puritatem aliis. Ibid.
§ 22. — Comment Marie a co tpéré ii la grâce divine.
Dans l'œuvre de la Rédemption Jésus et Marie sont inséparablement unis. Marie a coopéré à celte œuvre moralement et physiquement, en donnant à l'humanité son sauveur. Sa coopération morale n'est pas immédiate, mais seulement indirecte. Car c'est par ses vertus, par la sainteté de sa vie, qu'elle a attiré dans son propre sein le Fils de Dieu qui est dans le sein de son Père. C'est là ce qu'a exprimé le Psalmiste. « Le Roi sera épris de votre beauté'. » (Ps., XLiv, 10). Il ne faut pas dire que Dieu, par son action exclusive, en l'enrichissant de ses grâces et en la choisissant de toute éternité pour la mère de son Fils l'avait rendue apte à une si haute dignité. Il faut dire que Marie s'en est rendue digne elle-même par sa fidèle coopération à la grâce divine, et en devenant par ses propres efforts un instrument partait pour l'accomplissement du grand mystère '. Aussi, parmi toutes les filles des hommes,
1. Telle est la doctrine des saints Pères dans Passaglia, 1. c, n. 778 sqq. Nulliim dicendi finem facerem, remarque Ballerini (Sylloge, etc. t. II, p. 133, Romae, 1854), si exscribere heic vellem, quœcunque ad manum liabeo testimonia SS. PatrumafOrmantiiimpulchritudinesua Mariam effecisse, ut Deus veluti attractus iu eam descenderet carnem assunipturus.
2. Olim ante mundi constilutionem prœdestiuata fuerat iucarnatio Dei; verum usque ad saûclisoimaui Mariam nondum iucaruatione digna inventa erat offlcina. Euthymius dans Passaglia, 1. c, n. 1252.
c'est elle qui a mérité, selon un mérite de convenance, non pas. il est vrai, que le décret de l'Incarnation s'accomplit, mais étant donné le dessein miséricordieux de l'Incarnation, elle a mérité que le Verbe de Dieu prît chair dans son sein très pur et qu'elle devînt Mère de Dieu. « Vous seule, chante l'Eglise, vous seule, d'une manière incomparable, avez su plaire à Notre Seigneur Jésus-Christ », sola sine exemplo placuisti Domino nostro Jesu Christo ^
Cette coopération morale de la sainte Vierge se manifesta dans tout son éclat au moment où l'ange descendit sur la terre, pour annoncer cette paix, attendue depuis des siècles.
Délia molle anai lagrimata pace Ch'aperse'l Ciel dal suo,lango divieto -...
1. Beata Virgo dicitur meraisse portare Dominum omnium, non quia meruit ipsum incarnari, sed quia meruit ex gratia sibi data illum puritatis et «anclitatis gradum ut cougrue posset esse mater Dei. III. qu. 2, a. il, S™. — III. dist. 4, qu. 3, a. 1, G-". Les saints de l'Ancien Testament n'ont pu mériter l'incarnation, pas même d'un mérite de convenance, de co?îgnio. Tout ce qu'ils ont pu faire se bornait à hâter le moment où l'incarnation serait réalisée dans la race humaine. Quant à la sainte Vierge elle n'a pu le mériter davantage, mais elle s'est mise dans des disposilious tellement parfaites qu'elle a mérité dans un sens large que le grand mystère s'accomplît dans son sein. Voilà pourquoi l'Église chante : Regina cœli, Isetare, quia quem mendsti portare, etc. (Ant. eccl.). — Voir dans Suarez les commentateurs sur ce passage. In h. 1. disp. 10, sect. 6, 7, 8 (n. 4) et Toletus in h. 1.
2. Dante : Purg. X, .34. « L'auge qui vint sur la terre avec la nouvelle de la paix appelée avec tant de Jarmes pendant tant d'années, et qui rouvrit le ciel si longtemps fermé... »
La Vierge devait décider si elle accepterait l'incomparable honneur de devenir la Mère de Dieu. Car à cet honneur se rattachaient des charges, et à ces charges des mérites. Ce mariage spirituel que Dieu avait résolu de contracter avec l'humanité ne devait point s'accomplir sans qu'elle n'y eût donné son consentement, au nom du genre humain tout entier. C'était de la libre adhésion de la Femme célébrée dans l'antique promesse, que devait dépendre, telle était la volonté du Très-Haut, la rédemption, la régénération de l'humanité, le salut du monde. Dans sa profonde humilité, « la servante du Seigneur » prononça avec l'accent de la foi le fiât solennel, et elle devint ainsi corédemptrice du genre humain. Il était écrit : « Elle (Lui) t'écrasera la tète. (Gex., m, 15.) '. » Cette parole s'accomplissait.
1. Tertio (congruurn fuit B. Virgiai annuntiari, quod esset Cliristum conccfitura), ut voluntaria siii obsequii mimera Deo ofTerret, ad quoil se promptam obtiilit dicens : Ecce ancilla Domijii. Quarto, ut ostenderetur esse quoddam spirituale matrimoniuaî inler Filium Dei et humanam naturam. Et ideo per annuntiationem exspeclabatur consensus Virginis loco totius humaine nature. III. qu. 30, a. 1, c. ; ibld. a. 4. — Tertio (conceptioneiii annuntiari congruurn fuit) quia Deus non diligit coacta, sed voluntaria servitia, ut qui ol)sequunlur, ex ipso ministerio mereantur. Unde cum Beata Virgo singulariter et excellenter in Dei ministerium eiigeretur, quem in utero porlavit, lacté aluit et brachiis bajulavit, decuit ut consensus ejus Angelo nunliante requireretur, quem bumiliter prœben?, ad obsequium se sedulam et promptam obtulit dicens : « Ecce aiidlla Dondni. » III. dist. 3, qu. 3, a. 1, qu. 2, sol. 1. — Quia ergo consensus B. Virginis, qui per annuntiationem requirebatur, actus singularis personx cat m multitudinis salulem rcdundans, imo totius humani generis, An-
A la coopération morale de Marie fait suite sa coopération physique, A peine avait-elle donné son consentement que l'œuvre mystérieuse commença à s'accomplir dans son sein très pur et virginal. Toute la nature est frappée d'étonnement \ quand la Vierge devient la mère de son Créateur, quand elle fait de lui le Sauveur du monde, en lui donnant cette nature humaine dans laquelle il achèvera l'œuvre de notre rédemption. C'est dans cette chair tirée de Marie que le Fils de Dieu mourant sur la croix a brisé l'empire de la mort et est sorti victorieux du tombeau, donnant à tous l'espérance et le gage de la résurrection future. C'est cette chair sainte et sacrée, qui est « le glorieux diadème avec lequel sa mère l'a couronné au jour de ses fiançailles; » c'est-à-dire au jour où dans le sein de la très pure Yierge il unit sa nature divine avec notre nature hum.aine -.
gelus nuulians de orJiue Archangelorum esse debuit et inter eos summus. Ibid. a. 2, qu. 2, sol. 2.