‹ La doctrine sur la Vierge MArie, ou marialogie de saint Thomas d'AquinChapitre 42 sur 71 · Ibid. 3°i. et qu. 12, a · texte numérisé non relu

Ibid. 3°i. et qu. 12, a

3. Sur le sens emphatique de cette expression voir Passaglia 1. c. n. 205-209.

ABONDA>'CE DE LA GRACE TtlVlNE EN MARIE. 117

grâce divine qui coula sans interruption en Marie, s'accroissant sans cesse par la fidèle coopération de cette âme très sainte, jusqu'à ce qu'elle entra dans l'océan de la vision béatifique et dans la possession de Dieu 1?

Certains théologiens postérieurs à saint Thomas, parmi lesquels nous distinguons Suarez, s'appuyant sur de nombreux passages des saints Pères, ont soutenu que la sainte Vierge, arrivée au comble de la sainteté, possédait à elle seule plus de grâces que tous les anges et les saints pris ensemble, et que par conséquent, aussi bien par sa dignité de mère de Dieu que par la richesse incomparable de son trésor de grâce, elle était la reine des anges, la reine de tous les saints -. Saint Alphonse de Liguori déclare que cette pieuse opinion, si conforme à la dignité du Sau-

1. Ipsa anima, quantum plus recipit de bouitate divina et luniine graliaî ipsius, tanto capacior efticitur ad recipiendum, etideoquanto plus recipit, tanto plus potest recipere. I. dist. 17, qu. 2, a. 4, in sol. — In B. Virgine fuit triplex perfectio grati.T : Prima quidem quasi dispositiva, per quam reddebatur idouea ad hoc, quod esset mater Christi, et hoc fuit perfectio sanctificationis. Secunda autem perfectio gratiae fuit in B. Virgine ex prœsenlia Filii Del in ejus ntero iucarnati. Tertia autem est perfectio finis, qiiam habet in gloria. III. qu. 27, a. 5, 2"'. Voir Auguste Nicolas : La Vicrgn Man'i' et In plmi divin, vol. 2, p. 188 et suiv.

2. Suarez in III. qu. 28, a. 4, disp. 18, sect. 4. Le savant commentateur résume tons ses développements dans la proposition suivante : Itaque si meute conciperemus ex mnltitudine gratiarum Sanctornm omnium unam intensissimam gratiam consurgere (qnod solu'm explicandœ rei gratia dictum sil), non adœquaret intensionem gratiae Virginis. Ibid. n. 8. — A sa suite nommons : Cornélius a Lapide (in Prov., XXXI, 29), Sherlog (in Cant. Cant., t. III. ve-tis. 3î. n il et

veur, et si glorieuse pour sa tirs sainte Mère, est la plus générale et la plus sûre au sentiment des théologiens modernes \ Du reste, elle n'est pas étrangère à l'esprit du Docteur angélique : car il en a exprimé le principe en disant: dans la Vierge 3Iarie a dû apparaître tout ce qui appartient à l'idée de la perfection, in Virgine debuit apparerc, omne ilhid quod pcrfcctionis fuit '.

La plénitude de la grâce en Marie ne comprend pas seulement la grâce sanctifiante qui est dans l'àme du chrétien comme la racine de la vie surnaturelle; grâce qu'elle posséda à un degré plus élevé et dans une mesure plus large qu'aucune autre créature, l'Homme- Dieu misàpart. Elle ne comprend pas seulement ce qui est la suite nécessaire de cette grâce, c'est-à-dire les vertus divines et les dons du Saint-Esprit % mais encore une parfaite pureté d'àme et de corps, une exemption complète de tout péché et de tout penchant au mal. De même que les ténèbres sont incom-

d"autres encore. (Voir Vega : Tfteol. Mar., Pal. XVI. cert. 2, n. 1149, et Novatus : De erninentia Deiparx V. \Marix, t. II. c. 6, qu. 24).

i. Le glorie di Maria, Moaza 1844. Vol. II. Disc. 2, punt. 1. p. 31. Vega (cert. 3, n. 1157 sqq.) afllrme la même chose, et le docteur de l'Église déjà cité considère cette opiuioû « comme très probable. » (Ib. p. 32.)

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