HT. qu. 27, a. 3, c. in f
fondement solide bâti par la main de Dieu. Mais ces paroles s'appliquent encore mieux à celle qui est le type primordial de l'Église, la très pure Vierge Marie, qui, au milieu de la corruption universelle du genre humain est demeurée seule sans péché. Marie est la Cité sainte, la vraie Jérusalem, dans laquelle le Verbe divin a pris sa demeure. C'est elle que réjouit, en l'inondant de ses grâces, le Saint-Esprit comparé à un fleuve aux flots pressés. C'est elle qu'il a sanctifiée dès le sein de sa mère, après que son corps eut été formé et que son âme lui fut unie. C'est alors pour la première fois, que la majesté du Seigneur a couvert de son ombre son tabernacle (Exode, xl, Luc, i, 35,) « Et la Vertu du Très-Haut vous couvrira de son ombre. » Tandis qu'autour d'elle le genre humain tout entier se précipitait dans le péché et la corruption, seule elle n'a point chancelé; « Dieu était au milieu d'elle; » jamais un péché, même un léger manquement ne vint l'ébranler; car, dès la première aurore de sa vie, dès le premier moment de sa conception, le Seigneur lui a prêté aide et protection ' .
1. Et possunt haec referri ad B. Virginem, quia ipsa est civilas, in ipsa habitavit, ipsam fluminis impetus, scil. Spiritus sanctus kelificavit, ipsam sanctificavit in utero malris suœ, postquam formalum fuit corpus et creata anima Tune primo operuit gloria Domini tabernaculum, ut diciturExoo., xl. Et est alia sanclificatio B. Virginia et aliorum sanctorum : quia alii sanctificati fuerunt, quod nunquam mortaliter peccaverunt, tamen venialiter sic: i Joan., 1.: « Si dixerimus quia peccatum non habemus " etc. Beata autem Virgo nec mortaliter nec venialiter unquam peccavit : Cant., iv : » Tota pulchra es, arnica mea etc. » Et ideo dicit: » Aon commovélilur, » nec ve-
Cependant, pour être conforme à son divin Fils, la très sainte Vierge, bien qu'exempte, en vertu de la grâce sanctifiante, de tous les effets du péché originel qui produisent la souillure dans l'âme^ demeura pourtant sujette à toutes les conséquences purement physiques de ce péché, soumise h la mort, et à toutes les douleurs de l'âme et du corps qui peuvent venir des causes extérieures. Elle fut délivrée de ces misères de la vie humaine, lorsqu'elle fut élevée au troisième degré de sa sanctification, c'est-à-dire lorsqu'elle entra dans la gloire divine et fut admise à la possession de Dieu '.
uiali peccato. Et ideo dicit : « Adjuvabit eam Deiis mane diluculo, » i. e. adhuc sa existente ia utero. Et hoc est quod dicit, qnod auxiliatus est ei Dominus in ipso ortu œatutino. Exp. in Ps., 43. (Ed. Vives, vol. 18.) Cfr. III. qu. 27, a. 2, ia cont. et Sermo de Naliv. B. Virg. (ia«/ Gigli a Maria » 1874, quad. 2 et 3, p. 130.) Le développement que donne saint Thomas au parallèle ici indiqué entre la fondation de l'ancienne alliance par la prise de possession que fait Jéhovah de l'arche d'alliance et le commencement du Nouveau Testament par la descente du Fils de Dieu dans le sein de Marie est traité par Grimm : Histoire de l'enfant Jésus, p. 153 et suiv.
l.III. qu. 27, a. .3, i™. — Opusc. 1, 3, c. 231. Tertio vero in sui glorificalione fuit liberata etiam ab omni miseria... (et) consummata estejus gratia [lerfîeiens eaiu in fruitione omnis boni. Ibid. a. 5, 2'". ; cfr. III. dist. 3, qu. 1, a. 2, sol. 3, c.