‹ La doctrine sur la Vierge MArie, ou marialogie de saint Thomas d'AquinChapitre 50 sur 71 · III. dist · texte numérisé non relu

III. dist

5. Christus non as-umpsit caruem humani generis subjectam ppccato, sed ab omni infecUoae peccati mundatam. III. qu. 31, a. 7, 1". — It. III. dist. 3, qu. 4, a. 1, et "o^ (Cf. III. qu. 27, a. 3, c). Aussi Mgr Malou a-t-il dit fort bien (L'immac. Concept., t. II, c. xiii, a. 3, p. 449) : Dans l'ordre sublime de la grâce ces expressions purifier, purger, ne supposent aucune souillure actuelle, mais une augmentation de pureté. C'est ainsi que saint Deuis l'Aréopagite décrit les purifications et les purgalions, qui s'opèrent dans la biérarcbie augélique, où le pécbé n'a jamais pénétré. Saint Thomas avait déjà fait la même remarque : Spiritus S. in B. Virgine duplicem purificationem fecit, unam quidem quasi praeparatoriam ad Christi conceptionem, qux non fuit ait aliqua impuritate culpx vel fomitis, sed mentem eju3 magis in unum colligens, et a mulliludine sustoUeus. Nam

passage que nous venons d'examiner ', le Docteur angélique la démontre par la voie du raisonnement et par la force des principes. Partout, en effet, il attribue à la Mère de Dieu la pureté la plus grande et la sainteté la plus parfaite ; il ne voit au-dessus d'elle sous ce rapport que la sainteté infinie de Dieu. Or l'idée d'une sainteté parfaite et la plus grande possible renferme nécessairement l'absence complète de tout péché,' et, par conséquent, l'exemption du péché originel depuis le premier instant où fut conçue la très sainte Yierge. 11 faut donc en venir à cette alternative : ou bien le profond théologien, le raisonneur par excellence n'a pas mesuré la portée de ses principes ni la force de ses conclusions ; ou bien il a affirmé le grand privilège de l'Immaculée Conception de la très sainte Vierge, privilège qu'elle

et angeli purgari dicuntur, in quibus uuUa impuritas invenilur, ut Dionysius dicit, c. 6, De ceci. hier. — III. qu. 27, a. 3, 3'".

1. Le savant théologien du concile de Bâle, Jean de Ségovie, fait sur ce passage déjà cité par les anciens Scotistes (Cf. Nat. Alex. hist. eccl. sxc. XII et XIV. diss. 6, a. 12) pour défendre la pieuse croyance, l'observation suivante publiée dans les Avisamenta découverts par Uccelli {Exp. in Salut. Ang., p. 101) : « Ecce quam eruditissime S. Thomas asserit de omnimoda puritate et immunitate peccati in B. Virgine, quia dicit quod nuUa contagione peccati inquinata fuit. Qwïà clarius dici potest! » — Mgr Malou reconnaît aussi la valeur de ce témoignage : « Dans son Commentaire sur le premier livre des Sentences il (saint Thomas) admet le privilège de la bienheureuse Vierge Marie en termes formels » (1. c, t. II, p. 470). Voir une explication détaillée de son argumentation dans Sfondrate : Innocentia vind., § 1, I. p. 1-3; Spada : Esame crit., | 2, n. 19-47; Cornoldi : Sentejitia S. Thomse de immunitate B. Virg., Sect. II, p. 11 sqq.

DES PRIVILÈGES DE LA MÈRE DE DIEU. loi

possède à l'exclusion de tous les autres K La pensée du saint Docteur pourrait-elle nous paraître douteuse, lorsque nous l'entendons répéter à plusieurs reprises, que Marie possédait la plénitude de toutes les grâces; qu'elle se trouvait la plus rapprochée du Christ, source de toute grâce, et qu'il fallait que sa pureté brillât du plus vif éclat; qu'elle devait concentrer en elle toute perfection, afin d'être la Yierge la plu s pure et la plus accomplie -. Est-il possible de concilier avec

1. p. Nieremberg {Exceptiones Conc, Tn'd., c. 21), Thyrsus Gonzalez (De immac. B. Virg. Conceptione, disp. 2, sect. 17, § 2, n. 195) et d'autres parlent d'une réserve préméditée du saint sur cette questiorj, réserve qu'ils cherchent à motiver sur une défense que l'évêque de de Paris aurait faite dans un statut de l'Université de célébrer la fête de l'Immaculée Conception (Cf. Chiesa : Epistolka dissertatio Scoti- Thomistica, p. 98). C. Schaetzler {le Dogme de l'Incarnation, p. 337) fait sur ce point une observation judicieuse : « Ce qui a engagé saint Thomas, dit-il, à garder une si grande réserve sur ce point, c'était le soin consciencieux qu'il avait de mettre sa doctrine en parfait accord avec la croyance de son temps, et principalement parce que l'usage de l'Église romaine n'était point alors de célébrer la fête de l'Immaculée Conception. « — Maximam habet auctoritatem Ecclesiœ consuetudo, qux semper est in omnibus xmulanda, quia et ipsa doctriua catholicorum doctorum ab Ecclesia auctoritatem habet; unde magis standum est auctoritati EcclesicB quam auctoritati vel Augustini, vel Hieronymi, vel cujuscunque doctoris. 2. II. qu. 10, a. 12. Cf. Quodl. 6, a. 7.

2. Pour montrer combien le Docteur angélique est conséquent avec lui-même dans ses différents écrits, nous allons rapprocher les uns des autres les textes qui se rapportent à ce sujet :

Augmentum puritatis est se- Quanto aliquid magis appropiu-

cuadumrecessumacontrario(scil. quat principio in quolibet génère,

peccato). Et quia in B. Virgine tanto magis participât effectumil-

fuit depuratio ab OMxr pcccalo, lius priucipii (=: eo magis recedit

ïâeo ipetwenil ad sumtnum purila- a suo contrario)... Beata autem

de pareilles affirmations l'idée d'une souillure quelconque de la bienheureuse Vierge, même pendant un seul instant? Marie a donc été exempte de toute tache du péché. Elle fut pure et hrillante comme le soleil et jamais aucun péché n'ohscurcit son âme \ Jean- Baptiste et Jérémie furent sanctifiés dès le sein de leur mère; mais il fallait que Marie eût la prééminence sur eux. Or ce n'est que par une sanctification accomplie dès le premier moment de son existence, ce n'est que par une préservation du péché originel, que

lis. 1. dist. 17, qu. 2, a. 4, 3"\ N'iri^o propinqiiissima Christo fuit Puritas intenditur per recessuoi a (qui est principium graliœ = sancsuo contrario. Et ideo potest ali- titatis = purilatis), ideo prae cequid creatum iaveuiri, quo ni/iil leriimalorem debiiit a. Chri&iogra.purius esse potest in rébus creatis, tiee pleuitudiuem retinere (:= des'i tiVLik contagione pcccati inqui- purata fuit ab ojnni peccato =: natinn sit. Et talis fuit puritas ?;«//« coutagionepeccatiinquinata B. Virginis, (\y\x peccato or iginuli est = a peccato originali et acet actuali iinmunls fuit. I. dist. 44, tuali immunis fuit = ad summum qu. 1, a. 3, 3™. — ipsa enim ;:»?t'- paritatis pcrrenit).\\\. qw.ll , s..^, rissima fuit et quantum aJ cul- c. Oportebat, ut Mater Dei ??zfla'nna paui, quia uec originale, nec mor- purilale niteret. 1. IL qu. 81, a. 5, taie nec veniale peccatum incur- 3m. Sub Christo maxima fuit B. rit. Exp. in Sal. Ang. Virg. puritas. III. qu. 27, a. 2, 2™.

Decebat, quod Mater Dei esset

imrissima et perfectissiina Virgo.

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