III. dist. 4, qu. 3, a. 1, G™. In B
Virgioe dibuit apparere omiie il-
lud quod perfectionis fuit. IV.
dist. 30, qu. 2, a. 1, qu. 3, soL 1.
1. In ClirisLo el in Virgiue Maria nulla omnino niueula fuit. Exp.
in Ps., 14. — Corpus .-^num posuit in sole i. e. in Maria, qux nullam
habiiit oliscuritalern peccati. In Ps., xvin. — (B. Virgo), quœ fuit
plena gralia, in qua nullum peccatum fuit. Exp. in oral. Dom., pet. 5
(Ed. Vives, vol. 27).
Marie pouvait être supérieure aux deux prophètes susnommés, et nous donner comme unpremier trait de la sainteté de Jésus-Christ son Fils '.
Les bons anges n'ont jamais été souillés par le péché. Or la Vierge qui a mis au monde le Fils de Dieu était plus pure que les anges eux-mêmes. Comment donc aurait-elle pu être entachée par le péché originel? Elle fût exempte aussi bien de la culpabilité que de la peine du péché. Du côté de la culpabilité, elle n'eut à sa charge ni péché mortel ni péché véniel -. Or, le pé-
1. Rationabiliter enhn creditur, quoJ illa quae genuit Unigeiiilum a Pâtre pletium gratiae et veritatis, prx omnibus allis majora privilégia rjratiie acceperit. Uude ut legitur Luc, i. Angélus ei dicit : Ave, gratia plena. Invenimus euim quibusdam aliis hoc privilegium esse concessum, ut m utero sauctificarentur, sicut Hieremias, cui dictum est Hier., i. Antequam exires de vulva, sandificavi te, et sicut Joannes Baptista, de quo dictum est Luc, i. Spiritu Sancto replebiiur adlim: ex utero matris sux. Unde rationabiliter creditur, quod B. Yirgo sanctificata fuerit, antequam in utero nasceretur. III. qu. 27, a. 1, c. B. Virgo, quae fuit a Deo electa in malrem, ampliorem sanctificationis gratiam obtinuit, quam Joannes Baptista et Hieremias, qui sunt electi ut spéciales prœfiguratores sanctificalionis Christi. Ib. a. 6, !■". — Uude cum hœc puritas in quibusdam fuisse inveniatur, ut ante nalivitatem ex utero a peccato mundareutur, sicut de Joanne Bapt., non est dubitandum, hoc multo excellentius Matri Dei collatum fuisse. III. dist. 3, qu. 1, a. 1, soL 3. L'autuur anonyme que nous avons souvent cité dit de même {De Concept. B. M. V., int. opp. S. Anselmi) : Si igitur llieremias, quia in gentibus erat propheta futurus, in vulva est sauclificatus, et Juanues Dominum in spiritu et virtute Ileliae prœcessurus, Spiritu Saucto ex utero repletus; quis dicere audeat, singulare totius sicculi propitiatorium, ac Filii Dei Omnipotentis dulcissimum reciiuatorium, mox in suae Conceptionis exordio Spiritus Saucti graliœ illustraiioue destitulum?
2. Tertio excedit Angelos quantum ad puritatem : ([uia Beata Virgo non solum erat pura iu se, seJ etiam procuravit puritatem
ché originel est sans contredit un péché mortel, puisqu'il consiste dans la privation de la grâce sanctifiante qui est la vie surnaturelle de l'âme K Quant à la peine du péché^ Marie n'en encourut aucune. En etTet, une triple malédiction frappalarace humaine dans la personne de nos premiers parents, en raison du premier
aliis. Ipsa enim purissima fuit et quantum ad culpam, quia ipsa Virgo nec mortale nec veuiale peccatum incurrit. Exp. in Salut. Amj. (Ed. Vives, vol. 27). Tel est le texte du Docteur angélique dans toutes les nouvelles éditions de ses œuvres. Ce qui ressort de ces paroles, c'est l'affirmation de l'Immaculée Conception de la sainte Vierge. Cette doctrine, saint Thomas l'a formulée en termes clairs, d'après la récente révision des textes due au zèle infatigable de l'abbé Uccelli. Ces manuscrits divers des meilleurs et des plus anciens (quelques-uns remontent au xiii<= siècle) coUationnés par ce savant, reproduisent le passage que nous avons cité avec la variante qui suit : Ipsa enim purissima fuit et quantum ad culpam, quia nec originale, nec mortale, nec veniale peccatum incwvit (D. Tliomœ Aqu. doct. ang. in salutationem angelicam scil. Ave Maria expositio, publié pour la première fois dans l'Ami de lu religion, 18.56, et tout récemment avec une dissertation très remarquable, dans la revue / Gi(jli a Maria, 1874, 7 mars). Déjà les anciens défenseurs de l'Immaculée Conception, saint Léonard de Port-Maurice, Bernardin des Bustis, Pierre Canisius, Salmeron, Sfrondate [Innoc. vindic, % 1, III. p. 4) et d'autres invoquent ce texte; le frère mineur Pierre d'Alva {Nodus indissolubilis, etc. p. 501, 699, 716) accuse les éditeurs romains d'avoir falsifié les œuvres complètes de saint Thomas (Voir Uccelli : Dissert, storicocrit., n. V, p. 68 sqq. et Exp., p. 106, nota). De Rubeis {De gestis et scriptis S. Thomx, diss. 8, c. 2) cherche à se justifier de ce reproche. Quoi qu'il faille penser de cette controverse, la leçon que nous avons citée se trouve textuellement dans les manuscrits; et, après les preuves apportées par le savant Uccelli, on ne peut douter de sou authenticité.
1. Conc. Trid. Sess. V, De pecc. orig., can. 2. Cf. II dist. 32, qu. 1, a. 1. — 1. II. qu. 82, a. 3, c. Cf. Thys. : De peccato orig. Lovanii, 1877, p. 207 sqq.
DES PRIVILÈGES DE LA MÈRE DE DIEU. lo5
péché. A la femme il fut imposé de concevoir dans la honte et d'enfanter dans la douleur, à l'homme fut infligée l'obligation d'arracher par le travail sa nourriture du sein de la terre, à la sueur de son front. Tous les deux furent assujettis à la mort et à la corruption. Or la très sainte Yierge Marie fut délivrée de cette triple malédiction. Elle n'enfanta pas dans la douleur corporelle, mais elle mit au monde son enfant béni, dans la joie et le ravissement spirituels. Elle ne fut point condamnée aux misères et aux soucis de la vie matérielle; mais elle s'abandonna entièrement à la providence de Dieu. Enfin, son corps très saint qui avait été intimement uni à son divin Fils et qui était comme un tabernacle vivant delà sainteté de Dieu, fut ressuscité après sa mort, et élevé dans le ciel au plus haut de la gloire. Comment celle qui apportait la bénédiction à toute l'humanité aurait-elle pu hériter de la malédiction qui avait frappé nos premiers parents, puisque ceux-ci devaient recevoir d'elle la bénédiction et la grâce '? Le Docteur angéhque con-
1. Item quantum ad pœnam. Très enim maledictioues datœ suut homiaibus propter peccatum. Prima data est mulieri, scilicet quod cum corruptione conciperet, cum gravamine portaret, et in dolore pareret. Sed ab hac immunis fuit Beata Virgo : quia sine corruptione concepit, in solatio portavit, et in gaudio peperit Salvatorem : Isa., XXXV, 2 : c Germinans germinabit exultabunda et laudans. » Secunda data est homiui, scilicet quod in sudore vultus vcsceretur pane suo. Ab hac immunis fuit Ijeata Virgo : quia, ut dicit Apostolus I. ConiNTU., VII, virgines solulaî suut a cura hujus muudi, et soli Deo vacant. Tertia fuit communis viris et mulieribus, scilicet ut in pulverem reverterentur. Et ab hac immunis fuit Beata Virgo : quia cum corpore assumpta est in cœlum : credimus enim quod post mor-
doG LA DOCTRINE SLR L\ VIERGE MARIE.
dut avec raison do la pénalité à la culpabilité ', et par conséquent, il conclut légitimement aussi de la préservation du châtiment à l'exemption de la faute. Marie, mère de Dieu, fut affranchie de tout châtiment et de toutes les suiles du péché originel; par conséquent, elle a été préservée de tout péché, car il n'est pas possible que ce péché ait existé, là où il n'a pas produit ses effets.
§ 3i. — Témoignages de saint Thomas qui semblent contraires à l'Immaculée Conception.
Si dans les écrits de saint Thomas, il ne se trouvait d'autres témoignages que ceux que nous venons de citer et qui affirment expressément ou par voie de conclusion le privilège de l'exemption de tout péché dans la Mère de Dieu -, on n'eût certainement jamais songé à soulever de difficultés sur la véritable opinion
tem resuscitata fuerit, et portatain cœlain. Psalm., cxxxi, S : « Surge, Domine, ia requiem tuam; tu, et arca sauctiflcaliouis tuce. » Sicergo immuûis fuit ab omui maledictione, etideo beoedicta in mulieribus : quia ipsa sola maledictioaem sustulit, et benedictionem portavit, et jauuam paradisi aperuit. L. c. It. Albertus M. in Mariali, qu. 31, | 4.
1. Oportet igitur dicere quod mars et nécessitas morieudi sit pœna homiui pro peccato iaflicLa. Pœua autem non iutelligitur juste uisi pro culpa. In quibuscuuijue igitur iuveuitur bœc pœua, uecesse est ut in eis inveuiatur aliqua culpa. Sum. cont. Gent., IV. c. 30.
2. Voir les explications remarquables de Spada : Animadcersiones in opus J. D. Malou, episc. Bt'ugensis de dogmate immaculatx Conceptionis B. Mari je Virg., p. 11-53; Coruoldi, 1. c., p. 14-lG, et Giustiniaui : Omaggio ecc, p. 29 sqq.
DES PRIVILÈGES DE LA 7.IÈRE DE DIEU. lo7
du Docteur angélique touchant ce mystère. Mais à ces textes on en oppose une série d'autres qui semblent la négation des précédents, et qui paraissent présenter lAnge de TEcole comme un des adversaires les plus résolus de l'Immaculée Conception.
Saint Thomas enseigne expressément que la rédemption qui a été faite par Jésus-Christ est universelle et s'applique à tous. Toute exception qui porterait atteinte à ce principe lui semble inadmissible, et serait injurieuse au Sauveur du monde. Le Christ, l'IIomme-Dieu est l'unique Rédempteur. Tous les hommes sont rachetés, et par conséquent pécheurs et soumis au péché \ Cette culpabilité universelle est fondée sur l'unité de la race humaine et sur sa descendance naturelle d'Adam, le chef coupable de l'humanité. Quiconque tire son origine du père commun, par la voie naturelle et ordinaire de la génération, est nécessairement sous l'empire du péché, et par conséquent a besoin de la rédemption "-. Appliquant cette
1. Hoc est erroneum dicere, quod aliquis sine peccato originali concipiatur prseter Cliristuiu ; qnia ille qui sine peccato originali conciperetur, non indigeret redemptione quae facta est per Christum ; et sic Christus non esset omnium Lomiaum redemptor. lY. dist. 43, qu. 1, a. 4, soi. \, 3". It. III, suppl. qu. 78, a. 1, S".
2. Secundum lidem catholicam firniiter est tenendum, quodomnes homines, prœter solum Christum, ex Adam derivati, peccatum originale ex Adam contrahunt : alioqiiin non omnes indigerent redemptione, quae est per Christum, quod est erroneum. 1, IF. qu. 81, a. 3, c. Erroneum est dicere quod aliqui seminaliter ab Adam deriventur absque originali peccato; sic enim aliqui homiues esseut, qui non indigerent redemjitione facta per Christum. Uude simpliciter concedendum est, quod omnes, qui seminaliter ab Adam pru[>agautur,
loi gt'-iiérale à la très sainte Vierge, saint Thomas an^ive à cette proposition souvent répétée et reproduite de différentes manières : Que Marie, comme fille d'Adam, a été soumise à la loi du péché \ mais que,
peccaluin originale contraliimt luox in ipsa sua animatione. Qusest. disp. De Malo, qu. 4, a. 6, c. II. II. dist. 31, qu. 1, a. 2, sol. et in conlr.
1. Si miuquam anima B. Virgiuis fuisset contagio originalis peccati iuquiuata, hoc derogaret dignilali Christi, secundum quam est uuiversalis omnium Salvator. Et ideo siib Cbristo. qui salvari non indiguit, tauquam universalis Salvator, maxima fuit B. Yirginis puritas. Nam Christus nuUo modo contraxit originale peccatum, sed in ipsa sui conceptione fuit sanctus, secundum illud Li"c. 1. Qiiod ex te nascetur sanctum, vocahilur Filius Dei. Sed B. Virgo contraxit quidem originale pescatum, sed ab eo fuit mundata, autequam ex utero nasceretur. III. qu. 27, a. 2, 2'". Christus hoc singulariter in humano génère habet, ut rédemptions non egeat, qui caput nostrum est, sed omnibus convenit redimi per ipsum. Hoc autem esse non potest, si alla anima iuveniretur, quse nunquam original! macula fuisset infecta : et ideo uec Beatae Virgini nec alicui praeter Christum hoc concessum est. III. dist. 3, qu. 1, a. i, sol. 2. Oportuit siquidem, quod (B. Virgo) cum peccato originali conciperetur, utpote quse ex utriusque sexus commixtione concepta fuit. Hoc enim privilegium sibi soli servabatur, ut virgo conciperet Filium Dei. Comniixtio autem sexus, quœ sine libidine esse non potest post peccatum primi parentis, transmittit peccatum originale in prolem. Similiter eliam quia, si cum peccato oviginali concepta non fui;set, non indigeret per Christum redimi; et sic non esset Christus universalis hominum redemplor : quod derogat dignitati Christi. Est ergo tenendum, quod cum peccato originali concepta fuit, sed ab eo quodam spécial! modo purgata fuit. Co)np. theoL, (op. 1.) c. 232. Unusquisque peccatum originale contrahit ex hoc quod fuit in Adam secundum seminalem rationem... Omnes autem illi in Adam fuerunt secundum seminalem rationem, qui non solum ab eo carnem acceperunt, sed etiam secundum naturalem modum origiuis ab eo sunt propagati. Sic autem processit ab Adam Beata Virgo, quia nata fuit
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comme Mère de Dieu et en vertu d'un privilège spécial, elle en a été exempte \
On tire des écrits de saint Thomas les deux propositions suivantes qui au premier aspect semblent se contredire : La Bienheureuse Vierge fut exempte du péché originel, Beata Virgo immunis fuit a peccato originali {\. Sent. Dist. 44. qu. 1. a. 3.); et celle-ci: La Bienheureuse Vierge fut conçue dans le péché originel : Bcata Vii^go in peccato originali fuit conccpta (III Sent. Dist. 3. qu. 1. solut. 1.) -. Est-il possible de concilier ces textes et quelle est la clef de la solution?
§ 3o. — Conciliation de ces textes avec les précédents et avec la doctrine de l'Éerlise.
Pour montrer que le Docteur angélique, dans la question de l'Immaculée Conception, était conséquent
per commixUonem sexuum, si>2ut et ceteri; et ideo concepta fuit iu originali peccato, et includitur iu universitate illorum de quibus Apostolus dicit ad Rom. v, 12 : In quo omnes peccaveru7it ; a qua universitate solus Christus excipitur, qui in Adam non fuit secundum seminalem rationem ; alioquiu si hoc alteri conveuiret quaru Cbristo, non iudigeret Christi redemptioue. Et iJeo non tantum debenius dare matri, quod subtrahat aliquid honori Filii, qui est Salvator omnium hominum, ut dicit Apostolus I. ad Tim. 4. Quodlib. 6, qu. 5, a. 7, c.
1. (B. Virgo) non solum a peccato actuali immunis fuit, sed etiam ab originali, spcciali privilcgio mundata... itpcciali modo purgata. Comp. theoL, (op. 1.) c. 224. It. E.rp. in Salut. Ang., op. 6.
2. It. Exp. in Salut. Ang. — B. Virgo habuit contractum peccatuui. In Ps. 13. (Ed. Vives, vol. 18). Caro Virginis concepta fuit in originali peccato. III. qu. 14, a. 4, 1*^.
i 00 LA DOCTRINE SUR LA VIERGE MARTE.
avec lui-même et d'accord avec l'Église, les théologiens ont suivi deux voies ; la voie de la critique et la voie de l'exégèse. Selon la première méthode, ils ont examiné au point de vue de leur authenticité, les témoignages contradictoires et en sont venus à conclure que les écrits de saint Thomas ont été falsifiés sur ce point, comme ils l'ont été sur d'autres. Suivant la méthode exégétique, d'autres théologiens ont pensé que les principes bien compris du Docteur angéhque pouvaient parfaitement se concilier avec des propositions qui, au premier aspect, semblent se contredire. La première méthode a été suivie^ non toutefois exclusivement, par d'anciens théologiens, tels que Yélasquez \ Pierre d'Alva -, Eusèbe Nieremberg ^, Sfondrati \ Frassen ^, etc. ; et parmi les modernes par Lambruschini ", Gual '^ et Palmieri ^ La
1. De Maria imiuaculate coucepta. Diss. 1, aan. 5. Lugduui 1653, pg. 40.
2. Nodiis indissolubilis inter approbalionem conceptns S. ThoiUEe et conceptum ventris B. Mar. Virg. — Radii Solis cœli Serapbici. Lovanii 1666.