‹ La doctrine sur la Vierge MArie, ou marialogie de saint Thomas d'AquinChapitre 59 sur 71 · DE LA VIRGINITÉ DE MARIE · texte numérisé non relu

DE LA VIRGINITÉ DE MARIE

Mapîa OîOTÔxoî à:'. ■::âpO£vo;.

Maria, Dei (jenitrLv, scmper Virgo.

[Liturg. Ecdesic.)

Le joyau le plus brillant dont il a plu à Dieu d'orner la riche corbeille de l'épouse du Saint-Esprit et de

1. Relativement à l'opinion doctrinale des Dominicains touchant; rimmaculée Conception, voir le cardinal Sfrondrate: Innoc. vind.,%\'.

202 LA DOCTRINE Sl'R LA VIERGE MARTE.

la mère de son Fils est la perpétuelle virginité. C'est comme vierge que Marie a conçu et enfanté. Vierge elle est restée après la naissance de son divin Fils \

Cette vérité que l'Eglise a confessée dès le commencement dans ses symboles -, dans sa liturgie'', dans ses conciles *, est arrivée par la tradition au grand théologien du moyen âge, à saint Thomas. Les Pères l'avaient défendue avec vigueur contre les attaques de

Nieremberg : Excepliones Conc. Tr., c. 22-24; Velasquez : Dissert, et annot., etc. Diss. 9, aonol. 2, n. 10-12; Vega : Theol. Mm-., pal. 3, cert. 3, n. 234 sqq. ; Plazza 1. c. p. 533 sqq.,^et récemment Gaude : De immac. Deipdrsc conceptu, etc. ; Mar. Spada : Esanie crit., § IV. p. 137 sg., dont le dernier écrit, comme celui du Dominicain Rouard de Gard : L'ordre des Frères-Précheurs et Vimmacidée Conception de la très sainte Vierge (Louvain 1864) est dirigé contre l'aftirmation de Mgr Malou (L'immaculée Conception, etc., t. II, cli. 13, a. 3, p. 474): « que l'ordre des Frères-Prêcheurs a été hostile à l'immaculée Conception en corps et d'une manière constante. » Malgré ces nombreux travau.K et les réponses solides qui ont été faites, Friedrich, dans sa prétendue histoire du Concile du Vatican (Bonn 1877), reproduit l'affirmation susdite avec un torrent d'injures contre le Saint Siège (p. 332.)

1. Quae quidem Virgo (se. Maria) dicitur absolute, quia et ante partum et in partu et post partum virgo permansit. Comp. theol., c. 233 in f.

2. Saint Thomas en appelle fréquemment aux divers Ss'mboles de l'Église, notamment : Comp. theol., c. 227 sq. c. 233. et al.

3. Cfr. De Vivo : Universœ tJteorelicx revelationis systema. Neapoli 1874, t. VI, p. 333 sqq.

4. Coac. Later. sub Mart. I, an. G40 et Conc. Const. III. (œcum. VI.) an. 080. Plus tard la constitution de Paul IV. : « Cum quorundam » (1û53) contre les Sociuiens. Elle est confirmée par le bref de Clément VIII. Brève: « Domiiiici gregis » (1603.)

l'impiété et de l'hérésie '. Ce n'est pas contre des adversaires nouveaux que le Docteur angélique a la charge de défendre la virginité de la Mère de Dieu. Il n'en connaît d'autres que ceux qui ont été cités et combattus déjà par saint Jérôme, par saint Ambroise, par saint Augustin, etc. ". Mais il met dans un jour nouveau l'ancienne vérité ; il la fortifie par de nouvelles preuves; il montre que la perle de la virginité est étroitement enchâssée dans les dogmes fondamentaux du christianisme, et il jette ainsi un nouvel éclat sur cette noble prérogative de Marie.

§ 40. — Marie est demeurée vierge dans la conception et dans l'enfantement de son Fils.

C'est comme vierge que Marie a conçu et enfanté son divin Fils ; telle est la proposition soutenue par les catholiques contre les Ebionites et les Cérinthicns qui disaient, que le Christ, comme un homme ordinaire, a été enfanté selon la voie commune de la nature ; ce qui impliquait la négation de l'intégrité de sa Mère '\

Voyons d'abord comment saint Thomas prouve cette vérité par l'autorité de la Sainte Ecriture. La virginité de Marie, nous dit-il, dans sa conception et

1. Cfr. Petavius : Thcol. dogm. de incnrn., 1. li, c. 3. — De Vivo 1. c. p. 282 sqq.

Page 1