‹ La doctrine sur la Vierge MArie, ou marialogie de saint Thomas d'AquinChapitre 66 sur 71 · Cf. Passaglia, p. I, sect. 3, n. 480, sqq · texte numérisé non relu

Cf. Passaglia, p. I, sect. 3, n. 480, sqq

ASSOMPTION DE LA TRÈS SAINTE VIERGE 2ol

« Levez-vous, Seigneur, pour entrer dans votre repos, vous et Tarche de votre sanctification, Siirgc, Domine, in requiem tuam.^ tu, et arca sanctificationis tuœ. * ))

Dans un autre passage où le saint Docteur explique le sens mystique de ce rite de la messe, où l'on fait trois parts de l'hostie consacrée, il se range au sentiment du pape Sergius. Voici cette explication. La partie que le prêtre laisse tomber dans le calice représente le corps ressuscité du Christ ou le Christ lui-même et sa sainte Mère, ou d'autres saints, s'il en est qui soient déjà entrés corporellement dans la gloire éternelle ". Il considère donc l'Assomption de Marie comme une vérité aussi certaine et aussi généralement admise que l'ascension du Christ luimême ^

1. Tertia (pœna) fuit communis viris et mulieribus, scil. ut in piilverem reverterentur. Et ab hac immunis fuit B. Virgo, quia cumro?*pore assumpta est in cœliim; credimus enim quod post mortein resuscilata fuerit et portata in cœlum. Psalm, Surge Domino, in requiem tiinm, tu et arca sanctificationis tuae. Exp. in Salut. Ang. in fin. (op. 6).

2. Sicut Sergius Papa dicit et habetur de consecr. dist. 2. « triforme est corpus Domini : Pars ohlata in calicem missa corpus Christi, quod jam resurre.xit, monstrat » se. ipsum Christum et B. Virginem, vel si qui alii sancli cuni corporibus jam sunt in gloria, etc. III. qu. 8.3, a. 5, 8"». Quidam (sunt) in plana participatione beatitudinis; et hoc est corpus Christi, quod jam snrrcxit, sicut ipse Christus et Beala Virgo, et hi significautur por parlera in calice missam, quia illi inebriaritur ab ubcrtate donius Dei. IV. dist. 12, qu. I, a. 3, sol. 3.

3. Parmi les ébauches de sermons du saint Docteur sur les mvs-

252 LA DOClKlMi SUR LA VIERGE MARIE.

Du dearré de gloire de Marie dans le ciel.

Mais quelle peut être la gloire de la Mère de Dieu dans le ciel? Elle est incomparable; elle est incompréhensible, autant que sa dignité, ses mérites, sa sainteté ^ C'est sur cette triple base que nous pouvons nous appuyer pour essayer de mesurer l'immensité de cette gloire. Commençons par la sainteté.

La grandeur de la gloire céleste correspond à l'abondance des grâces que l'on a reçues sur la terre ■. Eu effet, la gloire et la grâce sont entre elles dans un rapport intime. La grâce est le commencement de la

tères de la sainte Vierge, il y en a nn sur la fêle de l'Assomption (serm. 58, éd. Vives, vol. 291. — Dans ce discours, saint Thomas se rattache à cette belle tradition des Pères grecs selon laquelle les apôtres et d'autres saints étaient présents aux derniers moments de la Mère de Dieu. Une nouvelle preuve est fournie par la découverte qui a été faite récemment dans la bibliothèque nationale de Naples d'un manuscrit autographe de saint Thomas, qui contient le commentaire anlheulique de l'ouvrage tant de fois cité au moyen âge attribué à l'Aréopaglte De dicinis nominibus. Le savant abbé Uccelli en a publié le troisième chapitre qui nous montre l'adhésion donnée par saint Thomas à la tradition dont nous venons de parler. Voir v La Scienza e la Fede » (1878, fasc. 635, sqq.).

1. Sicut est incomparabile quod gessit, et inaîstimabile quod accepit, ita est incomprehensibile prœmium gloriae quod promeruit. S. 11dephonsus : Serm. ii, de assumpt.

2. Quantum gratiœ in terris adepta est prae céleris, tantum obtiuuit iu cœlo gloriae singularis. S. Bern. Serm. i, et 2 de assumpt.

gloire, et la gloire la consommation de la grâce \ D'où il suit qne^ plus la grâce a été grande, plus aussi doit être sublime la gloire qui lui correspond. Or, Marie posséda dès le premier moment de son existence une abondance de grâces qui correspondait à sa sublime vocation. En outre, l'action libérale de Dieu et la coopération de Marie s'ajoutant sans interruption accrurent successivement ce torrent de bénédictions, comme un fleuve qui reçoit dans son cours de nouveaux affluents K

Quel ne dut pas être le degré de la grâce et de la sainteté de Marie sans cesse augmentées jusqu'à la fin de sa vie? Combien est donc grande sa gloire dans le ciel ! Puisqu'elle a surpassé toutes les créatures en grâce et en sainteté, elle doit surpasser aussi tous les anges et les élus en béatitude et en gloire ^.

Voyons maintenant comment les mérites de Marie , c'est-à-dire sa fidélité à la grâce composèrent un trésor de plus en plus riche. Nous avons ici un nouveau critérium pour mesurer la gloire de Marie, puisque la gloire est la couronne du mérite. Or, le mérite a une double mesure : la charité et les œuvres.

3. Gratia et gloria ad idfim geiuis referuulnr; quia gralia niliil est aliud, quam quaedam inclioatio gloriae iu nobis. 2. II. qu. 24, a. 3, 2™. Voyez Hirschkamp : Relations eulre la grâce et la gloire. Wurlzbourg, 1878.

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