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LA TORTURE

L'heure solennelle de la vengeance n*a pas encore sonné et le résultat do tous les événements que nous avons narrés n'est, hélas ! pour les maîtres de Rome, qu'une terreur mortelle.

Ils tremblent pour leur vie, ces hommes en robe noire! Ils frissonnent à l'idée que le fil qui retient l'epée de la colère du peuple ne soit coupé.

Mais l'heure marquée pour la délivrance n'est pas venue ; la mesure de la coupe n'est pas comblée ; le dieu de la justice retarde le moment de la rétribution.

Connaissez-vous l'amour des papalins pour la torture , leur soif de l'appliquer , leur raflinement de cruautés ?

Ignorez- vous que Galilée fut torturé ? Galilée, le plus grand homme de l'Italie !

112 La domination du moiMe

Et n'est-ce pas encore un prélat qui a fait murer Ugolin et ses quatre ûlâ, les condamnant à la mort la plus atroce ?

Malheur à Tliomme qui ose, dans Tltalie du pape, laisser soupçonner les talents plus grands qu'il a reçus de Dieu I II sera livré entre les mains des bourreaux ; on lui fera subir les plus horribles tortures morales et physiques jusqu'à ce que, épuisé par la souflTrance, il s'écrie que les ténèbres sont la lumière I

N'est-il pas honteux, autant que surprenant, qu'au dix-neuvième siècle, dans ce siècle si éclairé, si avancé, Ton puisse trouver un peuple prêt à ajouter foi aux fables appelées doctrines de l'Église ; que l'on puisse permettre à des prêtres de disposer du salut à leur fantaisie et d'exercer un pouvoir si grand, que le rois et les princes recherchent leur alliance comme le moyen le plus sûr de retenir dans Tasservissement leurs malheureux sujets?

L'Angleterre, l'Amérique, la Suisse ont aboli la torture.

Mais à Rome, la torture, bien que cachée, existe toujours, elle e^ l aussi puissante que jcunais.

La lumière n'a pas encore pénétré dans ces rei^aircs appelés cloîtres, séminaires, couvents. Leurs secrots ne sont pas or.core dévoilés. Lieux affreux I où des êtres humains , des hommes et des femmes sont renfermés aussi longtemps que dure leur vie I où ces malheureux sont liés par des vœux terribles qui les séparent à tout jamais des douceurs, des affcclions naturelles et de la sainte amitié !

Elk'S sont clthi} antcr, Ic.v punitions iiiUlgccs à lui-

fortuné membre de ces sociétés chrétiennes soupçonné de froideur dans ses conyictions on du désir d'être relevé de son vœu !

Et quel moyen a^t-il d'obtenir justice dans un pays où le despotisme r^ne absolu, où la liberté de la presse est encbainée ?

I^ justice n'existe pas pour lui.

Oui y c'est à Rome, nous le répétons, à Rome, dans la Tille gouvernée par le vicaire de Dieu, le représentant de Christ, Fhomme de paix, que la torture existe aussi affireuse qu'au temps de saint Dominique et de Torquémada.

A cette époque présente, époque de secousses politl* ques, tous les jours les tenailles, les cordes, les crochets sont mis en réquisition.

Le pauvre Dentato, le brave sergent de dragons, qui, par son concours, avait Cstcîlité l'évasion de Manlio, en fit la cruelle expérience.

Il fut arrêté : on voulut lui arracher le nom de ses complices. Muet devant les menaces, on lui fit subir le matin, à midi et le soir des peines si atroces qu*il demandait la mort comme une grâce.

-Les persécuteurs finirent pas se lasser. Ce corps mis en lambeaux renfermait une âme d'airain. Il ne dit pas un mot qui put compromettre ses amis ! On finit par le jeter dans un cachot où on le laissa mourir.

Mais les infâmes bourreaux prétendirent qu'il avait parlé, et faisaient tous les jours de nouvelles arrestations.

Et le monde tolère encore ces démons aux formes humaines I

Que Dieu accorde bientôt aux Italiens la force, le courage , la volonté nécessaires pour briser ce joug odieux !

Qu'il nous libère — avant que nous ne soyons épuisés par la prière — de ceux qui prennent son saint nom en vain, et qui chassent Christ lui-même du temple pour y établir les tables de leurs vendeurs !

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