‹ La domination du moineChapitre 22 sur 69 · LB LIBERATEUR · texte numérisé non relu

LB LIBERATEUR

Lo sauveur inattendu qui était arrivé si à propos sur cette scène de violence n'est nullement un géant. Sa taille s'élève peu au-dessus de la moyenne, mais ella est si droite, ses épaules sont si carrées, sa poitrine si kirg09 que l'on se sent en présence d'un homme remarquablement fort.

D6« qtt# ce héros protecteur du sexe faible eut couolté lo Cliof d0S brigands dans la poussière, il visa celui qui entraînait ICanli^t tira et le tua. Et sans attendre IKmr voir YêfH do ion eoup> — car ce chasseur da wigUoni avait l'œil 0ftf t ^ il vola dans la direction qoo lui indiquait Olélio* Dèi quo la jeune fille avait oomprii qua «on p^ était lauvéi alla s^était écriée :

— Par là, par )à \ sauva» Jalia I Ob I iauvez-la i

Le Jauna bomma partit avao la rapidité da cerf, et, ^ nmmansa Joia da Oléliai il na tarda paa à ftmnU^e

avec Julia. Ses ravisseurs avaient pris la fuite au premier coup de feu.

L*étranger rechargea son fusil, le tendit à Manlio et s*appropria les armes des brigands qu'il avait tués.

Tous revinrent alors sur la route. La voiture était toujours là; les chevaux mangeaient tranquillement rherbe tendre du bord du chemin.

Pendant un instant, personne ne put dire un mot, tant étaient grandes rémotion, la joie, la reconnaissance qui inondaient le cœur de chacun. Les quatre femmes regardaient la figure de rétranger avec une admiration fervente, religieuse.

La valeur est assurément une belle chose, surtout lorsqu'elle est déployée pour la défense de Thonneur et de la beauté de la femme. Et comme la femme sait apprécier le courage ! L'instinct de sa nature la pousse vers tout ce qui est grand.

Un amant hardi, sans crainte, sans tache aussi, méprisant la mort, gracieux de manières, sera sûr de gagner l'amour, l'admiration, la louange de la plus belle, de la plus noble d'entre les femmes.

Cette sympathie du beau sexe pour les qualités élevées du sexe fort a toujours été le principal promoteur de la civilisation et du bonheur social.

Grâce à Tamour de la femme, l'homme a abandonné peu à peu sa rudesse naturelle, son mépris pour les apparences extérieures; il est devenu doux» distingué, élégant, et son courage, Apre vertu, a été transformé par elle en noble chevalerie,

liOin d'être inférieure à l'homme, la femme est son initiateur, son instructeur. Le Créateur lui a confié la

mission de former, de développer la nature morale des hommes.

Nos jolies voyageuses regardaient donc avec admiration la belle prestance du brigand, car c'était un brigand, nous sommes bien forcés de le confesser, — peut-être mémo y avait-il dans l'expression des deux Jeunes filles un peu plus de reconnaissance que n'auraient approuvé Attilio et Muzio s'ils avaient été présents. .

Cette admiration fit bientôt place à une surprise plus grande.

Le brigand s'était approché de Siivia, lui avait pris la main, avait déposé sur cette main un baiser tendre et respectueux, et d'une voix émue :

— Vous ne me reconnaissez donc pas, signera ?

4c Réglez mon œil. Ne vous rappelle-t-il rien? Sans vous, sans vos soins maternels, l'accident qui m'a privé de cet œil m'eût coûté la vie.

— Orazio, Orazio, vous ici ! s'écria Silvia en l'embrassant. Oui, c'est bien vous,Ie fils de ma vieille amie !

— Oui, je suis Orazio, Orazio à qui vous avez sauvé la vie quand vous m'avez recueilli mourant ! ce pauvre orphelin que vous avez nourri et soigné lorsqu'il était abandonné de tous !

Et il la pressa sur son cœur.

La première émotion de cette rencontre passée, Orazio dut recevoir les chaleureuses expressions de reconnaissance de tous ceux qu'il avait délivrés et raconter comment il s'était trouvé si opportunément sur le théâtre de l'affreuse scène des brigands.

Il chassait dans le voisinage, paraît-il. De loin, il

avait aperçu Taltaque et était accouru pour secourir les voyageurs.

Il engagea Manlio à repartir au plus vite, car les deux bandits qui avaient échappé pourraient, dit-il, revenir sans tarder avec plusieurs autres brigands de leur bande.

Il s'informa du lieu de leur destination, et après avoir installé les dames dans la calèche, monta sur le siège à côté de Manlio, s'empara des guides et partit au galop.

Le trajet qui les séparait encore de Porto-d'Auzo était fort court. Nos voyageurs furent bientôt rendus à ce délicieux petit port. L'air de la mer semblait les faire revivre et dissiper leur fatigue.

Julia surtout renaissait, son teint s'animait, ses yeux brillaient ; elle se retrouvait dans son élément. Fille de la reine de l'Océan, elle était, comme tous les enfiints d'Albion, amoureuse de la mer, elle soupirait après son parfum saumâtre lorsqu'elle en était éloignée.

Les flls de la Grande-Bretagne flairent FOcéan partout où ils vont. Leur instinct d'insulaires ne les trompe jamais. Ils peuvent sympathiser avec les dix mille de Xénophon lorsque, épuisés par leur long, leur dangereux Anabase, ils arrivèrent au sommet du mont de Téchèi et découvrirent la mer. Avec quels transports ils s'écrièrent : « Thalassa ! Thalassa ! > et, tombant à genoux, saluèrent Amphitrite verte et argentée comme leur mère, leur amie, leur divinité tutélaire.

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