‹ La domination du moineChapitre 28 sur 69 · LE CASTEL · texte numérisé non relu

LE CASTEL

Avec la République romaine, avec la majestueuse simplicité du régime républicain , disparut la période la plus glorieuse de l'ancienne capitale du monde.

Après Zama^ où Scipion défit Annibal, les Romains n'eurent plus d'ennemis puissants.

Il leur fiit alors facile de conquérir les nations, de s*enricliir de leurs dépouilles, de se livrer aux luttes intérieures, aux discussions et au luxe.

De cette manière ils furent entraînés jusqu'au dernier degré de la dégradation. Ils devinrent les esclaves de ceux qu'ils avaient enchaînés.

|St 06 n'était que Justice ! Dieu les traitait comme ils avaient traité les autres peuples.

Cependant la dernière génération de républicains compte des noms hérolîques. Optait un splendide oraoher de soleil.

Avant de disparaître , la République lançait à Thistoire des noms si grands, que Ton demeure ébloui par tant de splendeur,

Sertorius, Marlus, Sylla, Pompée, César I Un seul suffirait pour illustrer une nation.

Mais la perfection est incompatible avec le rang de chef militaire. A César, superbe comme général, il manquait Tabnégation de Sylla.

Moins sanguinaire pourtant que le prescripteur, César avait trop d'ambition. Il en fut victime. Arrivé au faite du pouvoir, la tète ceinte de cette couronne qu'il avait ambitionnée, il tomba frappé au cœur par les poignards des républicains de Rome.

Sylla, grand aussi comme général, était de plus un réformateur. Mais les moyens les plus sanguinaires ne l'arrêtaient pas. Pour corriger, pour sevrer les Romains de leurs vices. Il avait recours à des armes terribles ; — en une seule fois, il fit périr huit mille personnes. — Enfin, las d'une lutte Inutile contre le courant du siècle , Il assembla le peuple dans le Forum , lui reprocha durement ses vices incorrigibles, et déclara qu'il abandonnait sa charge de dictateur, puisque malgré tant et de si énergiques efibrts il avait échoué dans la tâche qu'il s'était proposée. Cependant, avant de se retirer, il sommait la ville de lui demander compte de ses actions.

Un grand silence se fit. Aucune voix ne s'éleva pour demander réparation, et pourtant Ton comptait dans cette assemblée un grand nombre de parents et d'amis de ceux qu'il avait sacrifiés.

Il attendit longtemps, puis 11 descendit de la tribune

et rentra dans la foule du peuple comme simple citoyen.

L'empire sortit des ruines de cette république grandiose.

Aucune république ne peut exister si les citoyens ne sont vertueux. Cette forme de gouvernement exige une forte éducation morale >t une conscience délicate et noble.

Les Romains par leurs vices, par leur dégradation, ^sont tombés des plages élevées ;de la république dans la fange de l'empire.

Parmi les empereurs on découvre quelques noms honnêtes : Trajan, Antonin, Marc-Aurèle. Exceptions éclatantes à la règle, car sauf ces quelques noms, ils sont tous des monstres. Non satisfaits des biens immenses qu'ils possédaient et du trône qu'ils occupaient, ils pillaient les richesses des autres, souvent même leur subsistance. Ils saisissaient tout prétexte pour s'emparer du bien d'autrui, et plusieurs citoyens riches abandonnèrent Rome et cherchèrent un refuge, les uns à l'étranger, les autres dans des sites éloignés inconnus de leur propre pays.

Au nombre de ces réfugiés se trouvait, sous Néron, un descendant de Lucullus. Il choisit sa retraite dans les environs d'Ostie, et contruisit les murailles du castel devant lequel nous avons laissé délie et sa mère.

L'architecture en est magnifique et admirablement conservée. Un lierre d'une vigueur extraordinaire couvre les murs extérieurs. L'intérieur a été plusieurs fois restauré et modernisé, et s'il ne renferme pas tout le luxe du dix-neuvième siècle, encore présente-t-il de longues suites de vastes salles par&itement plafonnées.

Inhabité pendant longtemps, ce château avait été peu à peu recouvert, caché par les immenses bras des chênes séculaires. La forêt aussi s'étendait et jetait son ombre dans les tours.

Cette obscurité, qui entourait l'ancien chàteau*fort, fut une bonne fortune pour Orazio ; il y trouva pour lui et pour ses frères proscrits un asile teviolable.

Ce fort, ainsi que tous ceux qui furent construits à une époque agitée, ténébreuse, cache dimmènses donjons et des passages souterrains d'une profondeur extrême, ils semblent vouloir fouiller jusque dans les entrailles de la terre.

Des légendes sans nombre circulent sur l'ancien manoir.

Personne n'ose en approcher, et tout ce que les voyageurs peuvent apprendre sur ce lieu enchanté, est que loin dans la forêt existe un château hanté par des revenants. Et malheur à celui qui aura l'audace de mettre son pied sur le seuil gardé par ces fitntômes, car jamais plus il ne reverra le jour!

On dit encore que la fille du riche prince T»..» jeune et belle, pendant un séjour qu'elle faisait aveo son père à Porto^'Àuio» s'avontum unâ fois avéo ses eom» pagnes dani les bols Mvironnants, et que là alla Ait enl^vé^ par iM epprttg qui \% pQrtâârant dnn» ]m lUrs

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