‹ La domination du moineChapitre 35 sur 69 · LS9 PASSAGES SOUTERRAINS · texte numérisé non relu

LS9 PASSAGES SOUTERRAINS

Les catacombes aux longs passages souterrains et voûtés ne sont pas une des moindres merveilles de la métropole du monde.

Les premiers cbrétienSy persécutés de la manière la plus jatroce par le gouvernement impérial et païen de Rome, cherchaient souvent un refuge dans les ca^ tacombes ; souvent aussi ils s'y réunissaient en grand nombre pour s'instruire dans les doctrines de leur nouvelle religion.

Ces passages souterrains devaient également servir d'abri aux esclaves fugitifs, aux êtres malheureux poursuivis par les lois tyranniques de la Rome impériale, où régnaient les monstres les plus affreux que la terre ait portés, les Néron, les Caligula, les Héliogabale et autres despotes couverts de pourpre.

Ces grandes voûtes souterraines ne se ressemblent

pas toutes. Il en est qui furent construites pour recevoir les cendres des morts, d'autres servaient de con< duits pour les eaux qui alimentaient une ville de deux millions d'âme ; d'autres enfin, comme le Cloaca mcucima, qui conduisaient de l'intérieur de Rome au bord de la mer, étaient de simples chemins souterrains creusés par les plus riches d'entre les citoyens et à des frais énormes, pour échapper, au besoin, à ces premiers d'entre les voleurs, les empereurs. Plus tard on s'y réfugiait pour éviter les massacres et les persécutions des barbares.

Le sol sur lequel Rome est construite ofi)re de grandes facilités aux terrassiers. U est composé d'argile volcanique, facile à perforer et cependant suffisamment solide et assez impénétrable à l'humidité pour que l'on n'ait aucun éboulement à craindre. De nos jours encore, des bergers se logent, eux et leurs troupeaux, dans ces cavernes artificielles.

Avant la grande exploration des passages souterrains, Orazio se décida à renvoyer à Rome tous les blessés. Ceux qui l'étaient grièvement furent placés sous la garde de ceux qui ne l'étaient que fort légèrement. Des bergers leur servirent de guides.

Plusieurs soldats papalins avaient demandé comme une grâce la permission de suivre Orazio et de partager les bonnes et les mauvaises fortunes des proscrits.

Bien peu d'Italiens, â quelque degré d'abaissement qu'ils soient arrivés, s'enrôlent tout volontairement sous le drapeau des prêtres. Et lorsque sonnera l'heure de la délivrance de Rome et de l'Italie entière, je suis persuadé qu*à Texception des mercenaires

étrangers, le pape n'aura pas un seul soldat pour le défendre et le protéger.

Après avoir expédié tous les blessés, Orazio et ses hommes transportèrent dans les souterrains tout ce que le château contenait d'objets utiles ou précieux et des provisions de tout genre. Puis ils attendirent l'ennemi avec calme.

Malgré les nouvelles exactes qu'Orazio recevait de Rome, il ne négligeait aucune précaution militaire. Il plaça des sentinelles de tous les côtés, et envoyait constamment des éclaireurs reconnaître les alentours.

Le noyau des proscrits avait été considérablement augmenté par l'arrivée d'Attilio et de ses camarades , et aussi par les recrues faites dans les rangs des papalins.

lia petite armée comptait maintenant soixante hommes et plusieurs femmes.

L'autorité d'Orazio, loin de décroître, grandissait toujours.

Bien que chef des Trois-Cents, Attilio apportait un soin extrême à l'exécution des moindres ordres de son brave et vaillant frère d'armes.

Orazio divisa sa petite armée en quatre compagnies, placées sous les ordres d'Attilio, de Muzio, de Silvio et de l'antiquaire Ëmilio.

Ce dernier avait été le second en rang avant l'arrivée du jeune chef des Trois-Oents. Il s'effaça immédiatement devant lui et se fit un point d'honneur de lui abandonner son poste. Il s'ensuivit de part et d'autre un assaut de générosité. Orazio dut intervenir.

Il persuada à Attilio de prendre le premier comman* dément et donna le second à Emilio.

Quel désintéressement dans ces champions de la liberté romaine !.

« La liberté de Rome ou la mort ! » telle était leur devise.

Ils se souciaient peu de grades, de distinctions» de décorations. Pour eux, ce n'étaient que des instruments du despotisme, mis en usage pour corrompre la moitié de la nation et tenir l'autre moitié dans l'humiliation et le S3rvage.

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