LE GOUVERNEMENT
Il est impossible de penser à runiflcation de notre Italie, œuvre si nouvelle, et aux chefs qui ont dirigé notre belle patrie dans le sentier raboteux qu'elle a dû traverser, sans s'incliner devant la sagesse de la Providence, car c'est la Providence seule qui Ta soutenue jusqu'au moment où elle s'est constituée en nation.
Méditant sur ce sujet, celui de notre pays si beau, si grand et si malheureux, nous Tavons comparé à un char traîné avec un courage patient par la meilleure portion du peuple. Sa devise est « le bien de tous », et rétoile de la Providence lui sert de £sinal.
Derrière se tiennent tous lei^ méchants gouverneurs avec leur immense suite : (déconcertés, fatigués, ils s'attachent au char de l'État, et s'efforcent d'arrêter sa marche, même au risque de le détruire par leurs TiolenceS; taudid que la mme du peuple appauvrie^
accabléci humiliée par cette trahison continuelle, demeure soumise et travaille cependant avec une sublime constance à enlever de la route des obstacles qui semblaient insurmontables ; et elle marche lentement mais sans découragement vers la rédemption, vers la réparation.
Réparation ! De qui, bon Dieu, pouvez-vous Tespérer, ô mes compatriotes? Sera-ce de ces nouveaux professeurs, de ces revendicateurs du clergé replacés dans nos villes et dans nos villages pour y maintenir l'ignorance et la misère, pour y vivre sur votre patrimoine et pour vous enlever, au nom de la religion, justice, lumière, liberté ?
Est-ce là la réparation que tu attends, ô peuple infortuné?
Cependant, un des agents des prêtres, traîné par Orazio et Attilio, marche, la tète courbée, derrière Muzio, qui sait se frayer un chemin dans le plus épais de la foule. Bientôt tous les quatre arrivent à la taverne de Vicolo dei Schiavoni.