CHAPITRE LXII
SUITB DU RÉCIT DE MARZIO
Marzio s*arrêta un instant, et reprit :
— La vieille abbesse allait en avant, je venais immédiatement après elle, et les deux Jeunes femmes me suivaient de près. Nous descendîmes environ cinquante marches et nous suivîmes un assez large passage qui nous conduisit à une vaste pièce. Du moins, je présume qu*elle était vaste, ma lumière nous donnait une si liadble lueur que je pouvais à peine distinguer les murs.
Nous avions fait une dizaine de pas quand le son de lamentations frappa mon oreille. Je m*arrètai pour écouter... Pendant cette seconde d*oubli, Tabbesse et la lumière avaient disparu.
Quelles ténèbres, bon Dieu t
Je m'élançai en avant comme un tigre qui se jette sur sa proie, mais je n'atteignis rien. Je tournai sur moi-même, les bras étendus, espérant prendre ce dé-
mon habillé en femme. Rien, toujours rien. » Je me frappai contre la muraille et je la suivis, espérant trouver une porte. Je n'en trouvai pas.
Enfin, après avoir suivi à tâtons tout le tour de la pièce, au moment où le désespoir allait me prendre, je m'appuyai de toutes mes forces contre le mur, et il me sembla le sentir céder sous mon poids.
L'espoir se réveilla en moi... Je promenai mes mains sur cette partie du mur, et je fus étonné de découvrir que ce n'était qu'une cloison en bois. De nouveau je poussai les planches de toutes mes force i, de nouveau je sentis bouger quelque chose, comme une porte sur ses gonds, et au même moment, une bouffée d'air pestilentiel pénétra au travers de la fente. Je reculai pour fuir cette odeur empoisonnée.
Les gémissements que j'avais déjà entendus vinrent une seconde fois m'arréter. L'étonnement et la pitié calmèrent mon extrême agitation.
Je me rappelai alors que j'avais quelques allumettes au fond de ma poche. Dans ma terreur, je les avais oubliées. J'en pris une que je frottai. Bonheur inestimable I à la première lueur je vis non-seulement que ce que je croyais une porte était simplement une plaque tournante, mais j'aperçus auprès mon rat-decave.
Je le rallumai et je vis alors mes deux compagnes qui tremblaient comme des feuilles.
— Courage ! leur dis-je, et je me précipitai suivi par elles dans le cachot adjacent, espérant rejoindre la supérieure qui s'était sans doute échappée par là. Ma course fut subitement arrêtée. Je demeurai pétrifié
d*horreur ! Grand Dieu ! quel spectacle ! A la muraille du cachot que je traversais étaient pendus plusieurs êtres humains^ les uns par le cou, d'autres par la taille, d'autres par les bras. Sauf un seul, tous étaient morts et dans un état de décomposition assez avancé.
Le malheureux qui respirait encore était un jeune homme qui avait dû être beau : ce n'était plus qu'un &ntôme. Il me regarda avec égarement. Ses yeux immensément grands, noirs, profonds, semblaient sortir de leurs orbites. H ne gémissait plus, et paraissait comprendre que j'approchais de lui.
Quel que fût le danger que je courais moi-même, il m'était impossible de laisser cette victime sans faire quelques efforts pour la sauver.
Je m'approchai de lui et le baisai au front... Je me suis toujours senti attiré vers la souffi*ance.
C'est assurément le Tout-Puissant qui nous inspire cette sympathie.
Âppelez-moi brigand, si bon vous semble!...
Oui, j'ai embrassé le front de cet infortuné, son firent brûlant comme un fer rouge et cependant tout couvert de sueur. Hélas! que pouvais-je pour lui? Les chaînes étaient rivées au mur, et le mur était épais. Je cherchais parmi les morts quelque objet en fer qui pourrait me servir à entamer la muraille. Quelles horreurs je découvris I De tous côtés des instruments de torture, des lits, des brodequins, des pinces, des cordes, des grils, etc., etc. Des démons seuls ont pu inventer ces raffinements de cruauté.
Nancy et Maria (c'était le nom de la compagne de ma femme chérie) s'étaient aussi approchées du Jeunp
842 LA DOMINATION DU MOINfr
supplicié et B*efforçdeiit en vain de trouva moyen de rarracher de son eflh>yabl6 position. Elles tiraient les chaînes et les cadenas de toutes leurs forces. Tout d'un coup* Nancy poussa un cri de joie : « Une clef, voici une clef ! »
En eflfet, elle avait découvert une clef sous une pierre.
J'essayai de mettre la clef dans le cadenas... elle oitra! Je la tournai avec difficulté, car tout était rouillé. Une à une toutes les cbatnes tombèrent et je iègagesi enfin le malheureux, dont les membres étaient raidis.
A ce moment Nancy toucha mon bras et m'indiqua du doigt une lueur qui apparaissait du côté de la porte tournante.
J'abandonnai celui que je venais de délivrer et en un clin d'œll je fus près de la porte. Ll j^aperçus un soldat de la patrouille qui avançait soigneusement avec un pistolet dans une main et sa lanterne sourde dans Tautre. Je m'eflTaçai contre le mur et l'attendis.
Dès qu'il eut tourné la porte, je sautai sur son bras droit et lui plongeai mon poignard dans le coeur. Il eut à peine le temps de voir mes yeux qui devaient être terribles à ce moment et il tomba raide mort.
Vous savez, capitaine, que je suis ennemi du sang versé et que je n'ai jamais tué que pour sauver ma vie. A cette heure-là, le temps de la réflexion manquait complètement. Je compris que d'autres soldats devaient nécessairement suivre cette avant-garde, que j'étais seul, que je serais perdu si je restais un instant de plus dans ce cachot.
Le jeune supplicié semblait renaître, la yie semblait revenir dans ses membres engourdis, il pouvait moniroir ses jambes, njus ne serions pas forcés deTabandonner! Je vis près de lui mes deux braves compagnes qui avaient réussi à arracher à un lit deux barres de fer et qui se tenaient prêtes à voler à mon secours.
Cependant la situation se modifiait et s'améliorait un peu. L'homme que j'avais tué avait poussé un cri en tombant, et ce cri entendu par ses camarades les mit en fuite. Orac« au silence parlkit que nous savions garder, nous pûmes entendre leurs pas s'éloigner.
Rester était pourtant folie. Il fallait fuir... Mais par où?... Impossible de rebrousser chemin. C'était se Jeter dans la gudule du loup*... Quel autre chemin pou*^ Tions-nous prendre ?. . .
Les catacombes de Rome ont plusieurs issues — nous le savions tous — le souterrain où nous étions ne devait pas fisdre exception.
Je regardai mon nouveau compagnon, et ie compris qu*il nous serait utile. Il mit la main sur son cœur et sans parler me pt comprendre que je pouvais compter sur lui, même à llieure des plus grands dangers.
La nuit devait être fort avancée, l'aube, sans doute, était sur le point de paraître et l'on devait ftire dans le couvent tous les préparatifs nécessaires pour s'assurer de notre capture. Il était assez probable qu'on avait placé des hommes armés à toutes les sorties.
Le pauvre libéré nous fut du plus grand secours. Je puis dire que c'est à lui que nous devons la vie, mes compagnes et moi.
Il connaissait parfaitement les souterrains, et môme
à quelques pas de notre point de départ il ramassa des torches qu'il nous donna.
Jamais présent des dieux ne vint plus à propos, mon allumette était presque entièrement consumée et la lanterne sourde que j*ayais prise au mort n'avait plus d'huile.
Près de l'endroit où il avait trouvé les torches le jeune homme mlndiqua un point lumineux.
— C'est l'issue sur le jardin du couvent, dit-il. Dès que nous l'aurons passée nous n'aurons plus à craindre le danger de voir notre retraite coupée.
Nous marchâmes pendant deux heures, je crois, dans ces longs passages souterrains, taillés dans l'argile durcie. Vous savez, capitaine, qu'il existe une quantité de souterrains semblables dans notre sol romain. Nous les avons souvent visitées ensemble ces catacombes.
Nos deux compagnes, jeunes et alertes, nous tenaient facilement tête. Je leur demandais souvent si elles étaient fatiguées, si elles avaient besoin d'un bras pour les soutenir. .
» Non, non, marchez toujours, répondaient-elles, nous vous suivrons jusqu'au bout.
— Enfin voici la lumière, s'écria Titus (j'avais appris que c'était le nom de mon jeune compagnon), et nous vîmes en effet un point lumineux briller au loin.
— Par cette issue, reprit-il, nous entrerons dans les bois du château du Guide, d'où l'on m'a arraché pour me conduire à un séminaire de Rome.
Arrivés à l'entrée du souterrain, Titus eut à élaguer
LA DOMINAfriON DU MÔlNÈ 345
plusieurs branches de lentisques qui obstruaient complètement le passage. Il sortit le premier et examina soigneusement les alentours.
— Sauvés, nous sommes sauvés, s*écria-t-il ; au moins nous avons devancé nos persécuteurs !
Lorsque je fus sorti avec mes deux compagnes, je demeurai tout étonné qu'une ouverture si petite, si bien cachée, pût mener à d'aussi vastes catacombes.
— Le château du Guide I m'écriai-je. Mais nous devons être assez près de la demeure du berger-poëte.
— Nous n'en sommes éloignés que de quelques milles, répondit Titus. Je vous y conduirai sur-lechamp. Nous trouverons là de quoi nous restaurer. Nous pourrons y avoir vivres et repos.
Le soleil de mars était déjà fort élevé au-dessus de l'horizon quand nous sortîmes des catacombes. Nous n'eûmes cependant pas à souflTrir de la chaleur. La forêt nous offrit les plus délicieux sentiers couverts, et nous aurions beaucoup joui de notre promenade si nous n'avions été épuisés par la fatigue et par la faim.
Avec quel bonheur nous aperçûmes sur la lisière du bois la chaumière vers laquelle nous nous dirigions ! Notre ami était même sur la porte et semblait attendre quelqu'un.
— Marziol s'écria-t-il. Vous icil Ce n'est pas vous que j'attendais aujourd'hui, et il me serra la main.
* J'attendais ces diables d'agents du gouvernement. Le b^it court que des hommes de notre bande ont été vus dans le voisinage. Et, ajouta-t-il à voix basse en me tirant à part, Emilio est près d'ici avec dix compagnies.
346 La domination dc moine
-* Bravo, Lelio, Au lieu des chasseurs tous recevez le gibier. Mais trêve à la conversation. Nous mourons de faim, mon vieux; donnez-nous quelque chose à boire et à manger.
— Entrez» et vous trouverez tout ce qu'il vous fiiudra — * du jambon, du fromage, de la crème, du pain et du véritable orviéto. Mangez et buvez bien tandis que je vais monter la garde à ma porte et tenir Tceil sur les chiens courants du pape. Point de questions pour l'heure.
Nous fîmes un repas abondant et délicieux, qui répara nos forces épuisées.
Lorsque notre faim fut apaisée, je demandai à Titus le récit de ses aventures, qu*il fit en peu de mots.
— Je suis, nous dit»il, le fils de parents romains. Mon père, intendant des immenses possessions du car-dinal M..., m'envoya, d'après le conseil de Son Éminence, dès Tâge de quinze ans, dans un séminaire. On m'avait destiné à Tétat ecclésiastique.
Pendant deux années entières, on me contraignit, malgré toutes mes résistances et toutes mes répugnances, à continuer cette vie que je détestais»
Le directeur du séminaire, me témoignait beaucoup de S3^mpathie, ce qui m'attira la jalousie de mes camarades. Il m'emmenait souvent à la promenade. Ces promenades, d'abord fort ennuyeuses, le devinrent moins depuis que je l'accompagnais au couvent Saint- François pour visiter les nonnes. La dame supérieure et plusieurs des religieuses, agréablement frappées, je suppose, par ma jeunesse et mon extérieur, m'aceablaient de compliments et d'attentions.
Là DOMIjiAtiÔN DU MOINE 34*7
L*abbessd , toute-puisisante auprès du directeur , obtint bientôt et sans difficulté aucune que je fusse employé comme aide par le vieux prêtre qui officiait dans le couvent.
Je ne tardai pas à découvrir que la supérieure avait conçu une véritable passion pour moi. Je devins son fevori, sa créature.
Pendant plusieurs mois les choses continuèrent ainsi. On ne me voyait presque plus au séminaire. Soutenu par le directeur, je pouvais faire absolument tout ce que je voulais. Lui» obéissait en tout à la supérieure qui, pour prix de sa soumission, lui permettait certaines licences dans son couvent.
J'avais du goût pour tous les exercices violents, et j^aimais passionnément la chasse. Je fis de grandes excursions dans le voisinage du château du Guide, et c'est alors que je découvris le passage souterrain que nous avons parcouru aujourd'hui.
Je m'en servis souvent pour aller au couvent aux heures où Tabbesso me croyait loin.
L'histoire de toutes ses jalousies serait trop longue. Malgré toutes mes précautions, elle avait découvert l'attrait qu'avaient pour moi quelques-unes des plus jeûnes sœurs, et plus d'une fois je l'ai trouvée en proie à une fureur qui me faisait trembler.
Enfin, j'eus honte de me trouver dans ce lieu de perdition, et je résolus de fuir. Mais il était écrit que je devais payer la peine de la complicité que j'avais prêtée à toutes ces abominations.
La supérieure, cette vieille furie, devina mon projet et ne me laissa pas le temps de l'accomplir.
348 LA bOMit^AttON DU MOll^â
Elle me dit un jour :
— Titus, allez me chercher dans le souterrain quelques torches. On m'en a demandé pour la procession de minuit.
J'eus le pressentiment de ce qui allait m'arriver... pourtant je pensai que je pourrais profiter de l'occasion pour fuir par le chemin que nous connaissons, et je m'engageai hardiment dans l'escalier.
Je n'eus pas plutôt atteint la dernière marche que je me sentis pris par quatre hommes vigoureux qui m'entraînèrent dans le charnier que vous avez vu et d'où vous m'avez miraculeusement tiré.
Mes bourreaux étaient des agents des prêtres, et ils auraient été punis s'ils avaient montré pour moi le moindre attendrissement.
Mes supplications, ma douleur, mes promesses, tout fut inutile : ils avaient répondu de ma mort. On pouvait me compter au nombre des victimes du vice et de l'infamie, quand vous m'avez sauvé, 6 mon brave pro* tecteur I
Et Titus baisa la main du brigand.
L'histoire de Titus étant achevée, j'éprouvai un grand désir de connaître les aventures de ma Nancy pendant son emprisonnement.
Mais nous tombions de sommeil. Un verre d'orviéto et un bon repas nous avaient rafraîchis, mais n'avaient pas fait disparaître la fatigue d'une nuit d'émotions violentes et de marche forcée. D'un commun accord, nous nous endormîmes sur nos sièges.
Je ne sais combien de temps nous restâmes ainsi, je sais seulement qu'un siflfliet aigu nous réveilla en sur- ,
LA DOMINATION DU MOiNfi 349
saut. Nous avions 4 peine eu le temps de nous frotter les yeux que le berger entra pour nous rassurer.
— Ne craignez rien ! nous dît-il. Mon fils Vezlo a placé une sentinelle sur le sommet des ruines de Petilia d'où elle peut reconnaître toute la contr*». Les gens qui approchent ne sont pas des ennemis» ils font partie de notre bande, Marzio.
Marzio oublia un instant qu'il était en présence de son capitaine. Il se crut dans la Campanie et se mit à pens^ à ses braves tout en caressant sa moustacbe noire*
Enfin il re{n*it :
— C'étaient^ en effet, nos intrépides camarades^ la terreur des prêtres. Je vous laisse à penser, capitaine, la Joie qui nous remplit en nous voyant réunis à tous ces braves cœurs l Je reçus plus d'une accolade de ce^x que le vulgaire croit endurcis à toutes les cruautés, et qui sont, au contraire la partie la plus noble et la plus humaine de la nation.
Ils ne savent endurer l'injustice et le mauvais gou* yernementy et s*ils avaient reçu une éducation morale, élevée, patriotique, ils fqurniraient à Tltalie des héros et au monde les exemples de courage et de vertu que savaient donner nos pères.
J*avab sauvé Nancy, j'avais retrouvé mes compagnons : j'avais donc toutes raisons pour être heureux du sort que la Providence m'avait réservé.
Hélas î votre dicton favori : le bonheur n'existe sur terre que dans l'imagination I n'est que trop vrai, capitaine. Je ne tardai pas à i*éprouver.
Vous vous [rappelez ce prêtre de San Paolo, qui avait
350 La domination du moins
cherché à se rapprocher de nous, à se li^ avec nous et auquel nous avions témoigné bonté et sympathie I
£h bien l il était amoureux de Nancy, et ne m'avait Jamais pardonné d'avoir gagné son cœur.
Don Yantano, avec la ruse diabolique qui distingue sa confirérie, réussit à s'insinuer dans les bonnes grâces de la âmille de Nancy, à l'éloigner de moi, et même à me faire haïr par mes quatre beaux-frères.
Ce sont eux, je l'appris depuis, qui avaient conçu le plan de m'enlever ma Nancy et qui surent l'exécuter, sous la direction du prêtre, bien entendu.
Nancy elle-même me raconta tous ces détails.
Tétais malheureusement obligé de m'absenter souvent avec mes hommes et de laisser ma femme chérie qui était délicate de santé et qui sou&ait de sa grossesse. Je la confiai à notre hôte le berger. Maria demeura près d'elle. Elles s'étaient attachées Tune à l'autre comme deux sœurs. Les dangers, les épreuves qu'elles avaient partagés avaient cimenté leur mutuelle affection.
Cependant je ne faisais jamais de longues absences. Continuellement inquiet de ma bien-aimée, j*errais dans le voisinage de la demeure de Lelio, comme une lionne erre autour de l'endroit où elle a déposé son petit pendant qu'elle cherche sa nourriture, je savais pourtant qu'on ne pouvait m*enleVer ma Nancy une seconde fois comme on l'avait fait une première*
Titus me secondait dans ma veille autour de mon trésor, ^n connaissait admirablement les environs, et il m'ayait voué une gratitude sans bornes*
LA POMINATION DU MOIMB 851
I Vantano, comprenant qu'il ne pourrait plus enlever sa proie, résolut de la tuer.
Elle approchait du moment de sa délivrance. La pauvre enfant, seule avec Maria qui n'avait aucune expérience en ces matières, suivit le conseil trèsinnocemment donné par Lelio, et appela auprès d'elle la sage-femme du château du Guide. Cette femme jouissait d'une réputation d'honnêteté très-méritée jusqu'alors. Hélas I peut-on compter sur l'honnêteté de femmes ignorantes I
Que de crimes une faible femme peut être amenée à commettre si on la convainc qu'elle accomplit la volonté de Dieu, qu'elle écoute la voix de Dieu I La voix de Dieu l Un prêtre seul pouvait être coupable d'un semblable sacrilège.
Don Yantano fit donner du poison à Nancy. Du même coup, il m*enleva ma femme,mon enf^t. Tout mon bonheur s'évanouit à jamais.
On m'arrêta, on m'arracha de ce cadavre. Je n'avais plus conscience de rien. J'appris dans la suite qu'on eut de la pehie à se rendre maître de moi, qu'il fallut un grand nombre des mercenaires du pape, et que mes braves camarades me défendirent vaillamment jusqu'au moment où, vaincus par le nombre, presque tous blessés, ils effectuèrent la plus hardie des retraites.
Tétais anéanti par la douleur.
J'appelais la mort à grands cris, mais elle ne venait pas. Le triomphe de mes ennemis était complet : j'étais en vie et enchaîné.
g^je passai plusieurs mois aux galères de Givita- Yecchia, puis on m'envoya à Rome. Plus tard, on mç
rendit la liberté après m'ayoir forcé à jurer d*obéir au gouvernement du pape et de travailler à le maintenir. Quel serment 1... Promettre de servir fidèlement un despote, lui juror obéissance* même s'ilordonae de tuer père et mère !... Je Jurai... Je vous dis toute la vérité... Mais Je jurai aussi de faire la guerre aux„ imposteurs. Tant que je conserverai un souffle de vie, je resterai leur ennemi » leur ennemi jusque dans l'éternité.