‹ La domination du moineChapitre 65 sur 69 · CHAPITRE LXVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE LXVI

LA DâPAITB

Les Gairoli et leurs compagnons avaient paye de leur sang leur sublime patriotisme et leur généreuse constance aux insurgés romains.

Le matin du 24 octobre se leva sombre, triste, larmoyant ; il présageait à Tltalie de nouveaux malheurs et portait le deuil d*£nrico, ce nouveau Léonidas, qui baignait dans son sang, à côté de son frère Giovanni et de la plupart des soixante-dix, invincible brigade. Un sourire de mépris pour cette horde qui les massacrait plissa la lèvre du jeune commandant lorsqu'il tomba.

Le cadavre de son fi*ère bien-aimé ne tarda pas à être couché près du sien. Autour d'eux étaient étendus les corps des héros dont l'histoire rapportera les noms.

Les quelques survivants de cet affreux carnage vin' rent se joindre à ceux de leurs frères qui combattaient les armées étrangères en dehors des murs de Rome.

La tentative de Guerzoni à la porte San-Paolo pour s'emparer des armes qui y étaient déposées, fut d'une intrépidité sans exemple. Il échoua par la trop simple raison que les jeunes insurgés qu'il avait sous ses ordres étaient sans armes et tombèrent sous les coups des mercenaires.

Lui et Castellazzi, après mille héroïques exploits, forent entraînés dans la déroute du peuple et forcés de se cacher en attendant une nouvelle occasion de se battre pour la liberté de Rome.

Et que d'actes de valeur n'ont pas exécutés Cucchi, Bassi, Adamoli ? Armés de revolvers et de couteaux, ils se rendirent maîtres d'une partie des casernes.

Que de rencontres entre les papalins et le peuple i Ce dernier, n'ayant pas d'armes, se servait de bâtons.

La supériorité du nombre, la supériorité do^ armes, la supériorité des années bien disciplinées ^assura la victoire au pape. ^

Les premiers rayons du jour, le 24 octobre, éclairèrent des moBceaux de cadavres et de blessés.

Le trône branlant du « vice-roi des cieux » fut consolidé, rétabli par cette horrible boucherie du peuple romain, chef-d'œuvre opéré par l'écume de toutes les nations et avec l'aide des baïonnettes des soldats de Bonaparte.

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