‹ La domination française en allemagneChapitre 29 sur 37 · Bigûon, Hist, de France» U H, p. 3II · texte numérisé non relu

Bigûon, Hist, de France» U H, p. 3II

liens, plus Erfurth et l'Eicbsfeld, assurait à Orange l'évêché de Fulda, les abbayes de Corvey, de Weingarten, des villes libres de Souabe, etc., avec réversibilité à la Prusse. Orange et la Prusse reconnaissaient la République batave et toutes les créations ou annexions consulaires. On signa des traités semblables avec Bade, Wiirtemberg, Hesse-Cassel : on leur assurait en outre la dignité électorale. On promit à Darmstadt l'ancien duché de Westphalie ; à Hanovre, Osnabriick ; à Dalberg, coadjuteur de Mayence, la création d'un nouvel électoral ecclésiastique à Aschaffenburg ; des indemnités plus ou moins considérables à Oldenburg, Nassau, etc. On réduisit à huit le nombre des villes libres. L'ensemble de ces traités et conventions forma le plan français, que la Russie approuva le 4 juin 1802. La Russie et la France le présentèrent à la Diète en prenant la précaution nécessaire, mais un peu méprisante, de lui fixer un délai de deux mois pour l'accepter. Puis, pour lui forcer la main et rendre, en quelque sorte, irrévocables ces arrangements, la France autorisa ses protégés à occuper provisoirement les territoires qui leur étaient dévolus.

On assistait alors en Allemagne à un spectacle extraordinaire : « La Prusse et l'Autriche qui avaient compromis les princes de l'Empire, voulaient indemniser aux dépens de cette malheureuse Allemagne leurs propres parents, italiens comme les archiducs, ou hollandais comme le stathouder ; et, ce qui est plus étrange encore, elles voulaient, sous le nom de leurs

atô LES FRANÇAIS SUR LE HHIN.

proches, s'indemniser elles-mêmes, toujours aux dépens de cette Allemagne victime de leurs fautes. Et ces dédommagements oîi les cherchaient-elles? dans les biens mêmes del'Ëglise; c'est-à-dire que les défenseurs du trône et de J'autel, rentrés che;2 eux après s'être fait battre, entendaient se dédommager d'une guerre malheureuse en dépouillant l'autel qu'ils étaient allés défendre, et en imitant la Révolution française qu'ils étaient venus attaquer I Et, clwse plus extraordinaire encore, s'il cstposiible, ils demandaient au représentant victorieux de cette Révolution, de leur partager ces dépouilles de i'autel, qu'ils ne savaient pas se partager eux^îuèmes ^ » . Plus scandaleux encore fut l'empressement avec lequel ces paladins de la croisade antirévolutionnaire se ruèrent, au signal du premier Consul, sur les territoires de leurs voisins ecclésiastiques. Tout le tumulte, tout le désordre, tous IjBS coups de dents réciproques d'une curée. Dès le 3 août 1802, la Prusse avait occupé les évêchés westphaliens, publié une patente de réunion et exigé le serment de fidélité ^ Les Badois et Wurtembergeois montrèrent le même empressement. Dans l'évêché de Passau, les Autrichiens occupèrent la ville et les Bavarois la campagne : ils braquèrent leurs canons les uns contre les autres, îl fallut les menaces et une

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