‹ La dot de Cécile; comédie-vaudeville en deux actes. Par MM. Gabriel et AngelChapitre 2 sur 26 · SCÈNE HT · texte numérisé non relu

SCÈNE HT

Les MÈMKS, CÉCILE.

(tll* eti rft«c trèdaedetlcoeol ; rol>« grite, petitchlt* soir, ch«pe*a 4e paille*.

CKCiLF., s'adresMni à Raymond. Etes-vous le maître de la maison, monsieur?

RAYMOND. Non , je n'ai pas cet lionncur , c'est munsieur... (a part.) Elle esl vraiment fort jolie...

FLORIDOR. Mademoiselle vient se faire coiffer , Je vais appeler un de mes garçons.

cKciLF. Non , monsieur... non, Je ne viens pas pour cela... au contraire.

Fi.oRiDon . «^tonné. Au contraire! que vonlejr-vous dire?

RAYMOND, il part. Elle parait tremblante. ..

* KIoridor. CéolM, Riynuiiid.

4 MUSÉE DRAMATIQUR.

i-i.oRiuoH. Ma licilc cnfanl, veuille/ vous expliquer clairement.

HAVMOD. C'est peul-t^lre ma piY-sence (iiii gt'ne mademoiselle...

FioRiDOR, à Cécile. Monsieur esl du métier, et Je n'ai point de secret pour lui.

CÉCILE. Oh ! ce n'est pas monsieur qui m'Intimide...

RAYMOND. Parlez, mademoiselle... parlez...

CÉCILE, à part. Allons... courage!... (ilaui.) Puisque vous ne devinez pas... il faut bien vous dire ce qui m'amène... Je viens de lire sur les vJlrcs de cette boutique, que vous achetiez des cheveux...

FLORiDOR. Oui mademoiselle , cela m'arrive quelquefois... quand Ils »onl beaux.

CÉCILE. Eh bien! monsieur... je' viens vous proposer les miens I

FLORIDOR. Les vôtres!...

ràvmoisd. Qu"entends-je?

CÉCILE. Veuillez les regarder...

(Elle se décoiffe el de beaux cheveux inondent ses épaules.)

FLORIDOR, à part. Superbcs, magnifiques!... dignes d'une duchesse... (Haut.) Ils sont assez bien.

RAYMOND. Dites qu'ils sont magnifiques...

FLORIDOR. Ah! ail! monsieur est connaisseur. (A part.) J'étais sûr que c'était un confrère. iHaui.) Quel prix mademoiselle en veut-elle avoir?.

CÉCILE. Vous savez , mieux que moi , ce que cela peut valoir.

FLORIDOR. Dites votre prix, mon enfant.

CÉCILE. Le mien , monsieur.

Air : Je mU attacher dei robtos.

Ah ! rranchemeiil , je vous le dis .

Car j ignore encor l'imposture, Je n'attache pas un grand prix A celte modeste parure...

Mais son prix pourrait s'augmenter...

Elle vous paraîtrait plus chère, Si vous saviez ce qu'elle va coûter De larmes à ma pauvre mère!..

RAYMOND. Sa mère!..

FLORIDOR. Dans le commerce, ma belle enfant, on ne peut pas compter cela pour une valeur.

CÉCILE. Je le sais , monsieur ; mais c'est afln que vous n'attachiez pas à ma démarche d'autre motif que celui qu'elle doit avoir.

RAYMOND, à part. Pauvre flile... il faut qu'elle soit bien malheureuse...

FLORIDOR. Tenez, mademoiselle... je vous parlerai fraucitement... ce que je vois esl bien... très bien... mais cela soulTie... oui, il y a de la mélancolie et des peines de cœur dans celte belle chevelure-là... ca vaut trente-cinq francs, bien payé.

CÉCILE, avec douleur. Trente-Cinq francs... RAYMOND, s'avançant. J'en donne cinquante!

FLORIDOR. Vous!..

KAYMOND. Moi-même!..

FLORIDOR. Vous feriez une mauvaise affaire. '

RAYMOND. Cela me regarde.

FLORIDOR. Songez donc qu'il faudrait un mois de soins particuliers el la main d'un artiste habile, pour donner quelque prix à cette raarchandise-là.

RAYMOND, souriant. Bon!., puisque je .suis du métier je dois m'y conuattrc aussi bien que vous... j'en donne cinquante francs.

r.KCiLB.Cinquanlc francs!., ali! monsieur... Je vous remercie... on m'avnit dit...

FLOKiDOR, s'aiiiinaiit. J'en donnc soixante. aiYMo>D. J'en donne cent!..

CÉCILE, joyeuse. Oh ! mon Dten!..

FLORin«)H. Diantre!,, vous avez donc des pratiques bien hant placées. RAvwoND. Mais, oui... Je suis en train de chercher en ce moment celle nuance pour une lôte de comtesse.

FLORiDoB. Cette nuance... mai.«... c'est noir... tout simplement. RAYMOD. Oui, mais quel noir !.. le Jais... l'ébène... FLOBiDOB. Je ne dis pas non... mais cent francs...

RAYMOND. Voudricz-vous surcuchérlr ?.. h votre aise... mais 11 me les faut à tout prix.

FtoniDOR. Non, monsieur... je n'Irai pas sur les brisées d'un confrère aussi haut placé dans la partie... que vous paraissez l'ôlre.

RAYMOND. Mais, oul... Jc suis daus une assez bonne position... Mademoiselle , voici la sonmie eu or.

CÉCILE. Ah! monsieur... monsieur... si vous saviez quel. service... FLORiDOB, avançant une chaise. Allons... puisque le marché est conclu, il ne reste plus qu'à l'exécuter.

CÉCILE, pdiissant. Oh ! mon Dieu !.. déjà...

RAYMOND, à pari. Pauvre petite!., ce sacrifice est au-dessus de ses forces!..

FLOBIDOB. L'instinct de la coquetterie... Confrère, voici des ciseaux.

RAYMOND*. Un moment...

FLOBIDOB. Est-ce quc vous seriez fâché de votre marché?

RAYMOND. Non... non... au contraire... M. Floridor, veuillez aller voir si les objets que j'ai demandés sont prêts... je veux causer avec cette jeune (Ille, et savoir d'elle...

FLOBiDOR. Je vous comprciids... nous antres artistes, nous somme.»? toujours grands et généreux... (Bas.) Franchement, vous payez trop cher.

(Il sort)

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