‹ La dot de Cécile; comédie-vaudeville en deux actes. Par MM. Gabriel et AngelChapitre 3 sur 26 · RAYMOND, CÉCILE · texte numérisé non relu

RAYMOND, CÉCILE

RAYMOND, à part. Comme elle parait triste et pensive ..

r.ÉciLK, revenant de sa rêverie. Ilàtez-vous, monsieur... je VOUS prie... car mon seul dé^Ir est d'accomplir promplcmcul le sacrifice que je me suis imposé.

RAYMOND. Mais, qui vous a portée à le faire... ce sacrlflce?

CÉCILE. Le malheur!

RAYMOND. Le in.'illieur?

CÉCILE. Le malheur de ma mère, monsieur... car, moi ,ie salii tout supporter... mais, la voir en butte à la persécution... à la misère... aux outrages...

RAYMOND. Votre position est donc bien cruelle?

c6ciLE. Nous manquons de tout, monsieur... et demain noas n'nnrions plus d'asile, sans cet or (pu- vous venez de me donner... car notre hotte iinpiloyable... Prenez, monsieur, ce ipii vous appartient.

RAYMOND. Avant d'en venir là... et si jc ne craignais de paraître importun... j'aurais que!(iuc.s (lue^tlolls à vous adresser.

*^ Ftorlilor, Raynionil , Cécile.

« MUSEE W.AMATIQUt-

cKCiLR. Parlez, mousieur, parlez!... vous avez droit à toute ma eoritlauce.

itAYMOD. Votre mère conoatl-elle votre démarche?..

CÉCILE. Otil non, monsieur... j'ai profité d'un moment où elle reposait pour m'échapper et accourir ici... si elle eût pu se douter de ma résolution , elle n'y aurait jamais ennsculi.

BWMo.ND. Vous avez donc eu un secret pour elle?..

CKCiLE. C'est le premier, monsieur, et ce sera le dernier... Jusqu'à ce Jour, ma mère Tut ma seule amie; je lui confiais tout... joies, peines, «fésirs, espérances... aujourd'hui, j'ai coran»cncé à me cacher d'elle... j'liésitals...jc tremblais... oui, monsieur, j'ai tremblé... cétail la première lois que je sortais sans elle... à chaque pas les forces me manquaient... le dévoûmcnl a donc quelquefois les apparences d'une grande faute?..

KAVMOND. Jamais vis-à-vis de ceux qui ont un cœur... une ame...

cÉciLR. Je me trouvais seule... au milieu de la rue... j'ai été suivie... les remarques, les éloges môme... tout me glaçait d'effroi... mais faisant un dernier efibrt... Je suis venue jusqu'ici... je 'vous al rencontré... et j'en bénis le eiei.

RAYMOND. Votre position n'a-l-elle donc jamais éveillé la sollicitude d'un ami... d'un protecteur ?..

CÉCILE. Il s'en est présenté plus d'un... ils prenaient ce titre pour arriver jusqu'à nous... mais leurs intentions étaient coupables...

RAYMOND. Vous m'Inlércssez de plus en plus... et si je pouvais vous être utile... à vous, el à votre mère... Avez-vous quelque taleut dfagrémeut ?

CÉCILE. Oh! oui , monsieur... je Joue de la harpe, et Je peins les fleurs avec une patience, qui a fait croire à quelques personnes que J'avais du talent el du goût.

RAYMOND , surpris. Quel esl votre nom?

CÉCILE. Cécile, monsieur.

R.AYM0ND. Cécile, c'est bien... mais le nom de votre mère?

CÉCILE. Cécile !.. Monsieur, après la démarche que j'ai faite... et dans le lieu où nous sommes... permettez-moi de vous le taire...

RAYMOND, A pari. Charmante! (Haut.) Je respecte votre secret, et je tâcherai d'être utile à M"« Cécile... je puis même m'occuper de vous à l'instant. Je connais un riche marchand de porcelaines , qui fait, peindre beaucoui» de fleurs... je me rends chez lui à votre intention. *

CÉCILE. Et ma chevelure...

RAYMOND. .4h ! oui... mais elle est si bien où je la vols.

CÉCILE. Mais, monsieur, notre marché?..

RAYMOND. Si je vous priais de la garder encore une heure...

CÉCILE. Une heure! une heure encore!..

RAYMOND. Toute la journée, si vous voulez... je ne pars que ce soir.

CÉCILE. Oh! non... non... f accepte pour une heure... car, voyez-vous. Je puis vous dire mon secret... Ce qui causait ma peine, c'est que ce matin même, c'est la fêle de ma mère...quand je lui présenterai mon bouquet, elle m'embrassera... et puis... selon son usage, elle prendra ma tête dans ses deux mains... et si elle s'apercevait... (Elle pleure.) Vous comprenez , il B'y aurait plus de fête pour elle...

RAYMOND. Tant d'infortune et tant de grâce... le ciel est bien injuste quelquefois.

CÉCILE. Dans une heure, je reviendrai... et alors...

RAYMOND. Dans une heure, mademoiselle... n'y manquez pas.

CÉCILE. Oh! comptez sur moi !

• Ceci!*, Raymond.

Air ; Vuui fcrrei mi toaroare (cou^ttL B'AVTMvois>(t)

A votre conOancc , Oui , C<*cile ropondra , Et sa reconnaissance, Monsieur, va se graver U !

BKSEMULB. ( BITMORR.

Oui , j'en ai l'assurance , Cécile ici reviendra , Et bienlAt sa souffrance Par mes soins s'apaisera '.

CKCILB, à pttt

Le sort doit-il suspendre Les coups qu'il porte à mon cœurf J'étais loin de m'allendre A rencontrer le bonheur.

(■•t»r*«»H»ymoii<l.) Oui, pour mon cœur.

C'est du bonheur.

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