‹ La dot de ma fille comedie en un acte, en verse de M. SamsonChapitre 10 sur 44 · SCÈNE · texte numérisé non relu

SCÈNE

C’est un bien de famille, héritage sacré,

Près duquel je naquis, je vis et je mourrai,

Qui. croissant chaque jour et presque d’heure en heure. Enfin s’est emparé de toute ma demeure.

Moi, je me déferais d’un si noble trésor,

Quand j’applique mes soins à l’augmenter encor !

Des monts d’or ne pourraient même me faire envie. Mes livres, vois-tu bien, c'est mon sang, c’est ma vie.

CATUERINB.

Vivez alors : pourtant il est à craindre enfin Qu’en vivant de la sorte on ne meure de faim.

VARNER.

Silence, esprit vulgaire.

CATHERINE, à pnri.

H est toujours le même.

VARNER, ‘il Fri'dtiric, en allant à la lubie, à (.'uudie. Viens, je connais ton goût pour ces livres que j’aime ; C’est un litre de plus à mon affection.

Un Homère... la plus ancienne édition.

Dans le quinzième siècle imprimée à Florence...

Ma foi, de la trouver je perdais l’espérance.

Et j’avais tant cherché qu’eufin j’en étais las.

(Ouvrant le livre.)

Tiens de Démétrius Chalcondylas...

CATHERINE

Hélas!

Qu’allez-vous faire encor de ce nouvel Homère ?

Vous en aviez déjà.

LA DOT Dli MA FILLE,

VARNER.

Jamais assez, ma chère.

(A TrcdtVii'.)

Aucune édition ne me manque, et je peux Comparer maintenant tous les textes entre eux.

Ce n'est pas tout encore : un Hérodote unique !

Vois... de Jean Ihre enfin si j’avais le Lexique,

(Marguerite va prendre sur le bureau, A droite, le le\i«]ue qu’jra déposé Frédéric, auquel elle le donne.)

Qu’aucun libraire ici n’a pu me déterrer,

Je crois que je n’aurais plus rien à désirer.

Ah ! je le cherche en vain, et jamais...

FRÉDÉRIC, menant le lexique ouvert sur la Udile.

Veuillez lire

Lo titre de ceci.

v.vRNER, lisant.

Lexiqtie de Jean llire.

Je n’eu crois pas mes yeux.

FRÉDÉRIC

Seriez- vous assez bon,

Monsieur, pour accepter de moi co faible don?

\ ARXER.

Faible don!... Un savant si fort eu langue grecque,

Un vieux livre qui manque à ma bibliothèque,

Qu e je chercbai.s partout, que j’ai tant désiré.

Faible don !... Mais comment te l’es-tu procuré ?

Car moi, qui de Munich connais chaque libraire.

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