‹ La dot de ma fille comedie en un acte, en verse de M. SamsonChapitre 22 sur 44 · SCÈNE VIL · texte numérisé non relu

SCÈNE VIL

VARNER, HERMANN, eiiU'aiiL par la droite.

VAttNEH.

Te voilà ! c’e&l heureux ! il faut faire une croix,

Et l’on te voit ici trois fois par an, je crois,

HERUANN'.

Ne vas-tu pas de plaindre? oui, je te le conseille.

Te voir chez moi n'est pas une rare merveille,

N'est-ce pas?

VARNER.

Oh ! je vais bien plu» souvent te voir Que tu ne viens ici.

lIBSMAKiN.

Non ; de te recevoir

Je n’ai pas eu l'honneur depuis deux mois peut-être.

Mais de mon temp.s, Hermann, je ne suis pas le maître, Avec tous mes travaux comment puis-je, dis-moi?...

V HERMANN

Tes travaux me font fire. ‘ '

VAn>EBf

Et, s’il ta plaît, pourqBoi?

Ils sont très importants.

IIEBMANN.

Mais ils sont volontaires.

Peux-tu les comparer à toutes mes affaires ? ,

Retenu par des nœuds que je ne puis briser,

Je n’ai pas "un moment, moi, pour me reposer.

Le commerce, est, Varner, une éternelle chaîne ;

Et pour quels résultats prenons-nous tant de peine ? Hélas ?

VABNBB.

Mais cependant le commerce va bien,

' hbbmann.

Non, mon cher, aujourd’hui nous ne faisons plus rien. Le commerce jadis était brillant, prospère :

Mais de son avenir même je désespère.

Le bon temps est passé.

VABNBB.

Je suis fort étonné

D’entendre, cher Hermann, depuis que je suis né,

Le commerce, poussant sa plainte monotone.

Exalter ce bon temps que n’a connu personne.

Le commerçant me semble qn vieillard insensé Qui médit du présent poqr .vanter le passé .

Parlant d’un âge d’or que sans cesse il regrette.

C’est par là seulement qu’il re.ssemblc au poète.

SCËNB VII.

IlERMAKN.

Oh I nous sommes toujours raillés par les savants.

VABNER.

Que raillent à leur tour messieurs les commerçants.

HERMANN

Je te le dis, Varner, ma ruine est complète,

Si cela continue ; oui, j’ai fait en recette,

Cette année, et lu peux consulter mon caissier. Quinze mille ducats de moins que l’an dernier.

VARNER.

L’an dernier, la recette?...

HERMANN

Etait de deux cent mille.

VARNER.

On peut se contenter...

HERMANN

Oh ! voilà bien toti style,

A toi qui vis parmi tes Romaios et tes Grecs,

Et n’as point à subir de semblables édiecs :

Tu ne risques rien, toi, tandis que moi...

VARNER.

Sans doute;

Mais...

' • • HERMANN

A ces choses-là ton esprit ne voit goutte.

Tu crois ?... c’est bien possible ; alors n’en parlons point

HERMANN

Je venais avec toi traiter un autre point.

Frédéric s'est donc pris d’amour pour Marguerite? Que pen.ses-tii de lui ?

VARNER.

Qu'il est plein de mérite ;

J’en fais un très grand cas,

HERMANN

Crois-tu qu’il soit aimé?

VAKNER.

Oui, j’en suir. sur, Hermann, sûr, et de plus charmé.

HERMANN

Ainsi tu le prendrais volontiers pour ton gendre ? VARNER.

Propose : je me iiAte à l’instant de le prendre.

HERMANN

Il est assez ton fait; c’est un jeune savant Qui te ressemble un peu, je le lui dis souvent, l e commerce n’est point conforme à sa nature.

Et je le lancerai dans la magistrature.

J’ai quelque vanité : le rang de magistrat Sur notre nom d’Hermann jetterait de l’éclat.

Frédéric peut compter, pour trouver une place,

Sur Charle de Barnheim, son compagnon de classe. Dont le père jouit d’un crédit sans égal,

Et (.harle est un ami chaud, dévoué, loyal.

Je crois que je (e parle en bon chef de famille.

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