C. Sauvageau. — Remarques sur les Sphacélariacées
n’ai pas vu cette uniformité de longueur des pédicelles dont parle Pringsheim, mais j’ai constaté la variété dans la forme des sporanges, ou plus exactement deux formes bien tranchées. Les organes sphériques (fig. 17, J), volumineux, de 100-1 10 p- sur 80-95 K*» dont les petites masses cubiques de protoplasme, de 4 p- de côté, paraissaient correspondre, à cause de leurs petites dimensions, plutôt à des anthérozoïdes qu’à des zoospores. Les autres, piriformes ou allongés (fig. 17, K ), de 80-90 \l sur 50-60 u-, étaient à logettes notablement plus grandes. Ce sont ces deux sortes de sporanges que j’avais en vue lorsque je disais précédemment (p. 220) que le >S\ olivacea paraissait avoir deux sortes d’organes pluriloculaires ; pour l’affirmer, d’après des échantillons non vivants, il eût fallu que les sporanges vidés montrent des logettes perforées, et j’ai dit (p. 217) que cet indice manquait chez cette espèce.
Depuis, M. Kuckuck, qui a souvent étudié la plante sur le vivant, a bien voulu me prévenir que je faisais erreur, et que le ►S. olivacea d’Helgoland avait réellement une seule sorte d’organes pluriloculaires, mais de forme variable. A l’appui de son affirmation, il m’a communiqué une préparation faite avec un échantillon récolté en janvier 1894, sur laquelle, en effet, on voyait des sporanges à petites logettes, les uns sphériques, les autres cylindriques ou piriformes. Ceux que j’avais signalés, comme étant à logettes plus grandes, étaient donc probablement incomplètement cloisonnés, et les deux dessins J et K de la figure 17, qui, dans ma pensée, devaient représenter les deux sortes d’organes pluriloculaires, correspondent, bien plus probablement, le premier (/) à la forme la plus fréquente, sphérique, vue par Pringsheim, et le second (/C) à la forme découverte par M. Kuckuck, mais non arrivée à maturité.
Les sporanges pluriloculaires du S. olivacea sont donc très remarquables par leurs grandes dimensions et par la variété de leur forme, et aussi par leur structure. Au lieu de se cloisonner autour d’un axe médian, persistant après la déhiscence, ils prennent simplement des cloisons perpendiculaires qui disparaissent avant la maturité ; il m’a semblé que la déhiscence se fait par une ouverture unique, comme chez les Ectocarpus . D’ailleurs, on conçoit difficilement que des zoospores contenues dans un sac simple se frayent chacune un passage à travers la
JOURNAL DE BOTANIQUE
membrane, comme le font les zoospores incluses dans des logettes résistantes. Le pédicelle d’un sporange vidé peut s’accroître dans sa cavité. Tous ces caractères, bizarres chez une Sphacélariacée, méritent d’être suivis de plus près que je n’ai pu le faire, et il est à désirer que M. Kuckuck, qui a étudié avec tant de soin et de succès les Algues d’Helgoland, publie ses observations sur le kS1. olivacea.
Les propagules du A. olivacea sont inconnus, car je ne considère pas les propagules bifurqués, décrits par Pringsheim, comme appartenant à cette espèce.
M. Reinke [89,1, p. 39] citait le ►S’, olivacea Pringsh. du Groenland, des côtes Scandinaves, d’Helgoland, de la Baltique, des côtes atlantiques d’Angleterre, de France et de l’Amérique du Nord. Je ne le connais bien caractérisé que d’Helgoland. On parlera plus loin des plantes distribuées sous ce nom par M. Kjellman et par M. Foslie.
Sphacelaria olivacea Pringsheim. — Plante formant des touffes peu étendues, de 1 /2 centimètre de hauteur. Thalle rampant constituant un disque basilaire compact, à contours nettement limités, adhérent au substratum, d’abord unique, puis à plusieurs strates irrégulièrement superposées; strates à disposition flabellée sur la face inférieure, formée de files radiales accolées et, çà et là, cloisonnées suivant leur longueur, à cellules non régulièrement disposées sur la face supérieure ; files radiales formées, en épaisseur, de cellules superposées, non divisées verticalement. Filaments dressés de 20-25 [x de largeur, naissant chacun d’une file verticale de cellules du thalle rampant, assez raides, peu et irrégulièrement ramifiés, sans différenciation en axe et branches. Articles secondaires de hauteur variable, souvent plusgrande que la largeur, montrant de face 1-2 cloisons longitudinales et 1-2-3 cloisons transversales qui, dans les articles secondaires supérieurs respectent généralement un péricyste ; branches et pédicelles des sporanges naissant des péricystes. Rhizoïdes et poils absents. — Sporanges uniloculaires portés soit par le thalle rampant, et alors sessiles ou en partie inclus et de forme variable, soit par les filaments dressés, et alors ovales, de 85-105 jx sur 70-85 p-, pédicellés, nés sur les mêmes individus que les sporanges pluriloculaires (Pringsheim), ou sur des individus différents (Kuckuck). Sporanges pluriloculaires pédicellés, portés par les filaments dressés, de forme variable, sphériques, cylindriques ou piriformes, de 90-1 10 |x sur 70-95 jx, à logettes disparaissant avant la maturité, et à ouverture de déhiscence unique. Propagules inconnus.