‹ La double fécondation dans le MaisChapitre 12 sur 16 · C. Sauvageau. — Remarques sur les Sphacélariacées · texte numérisé non relu

C. Sauvageau. — Remarques sur les Sphacélariacées

Hab. — Sur les pierres ou sur d’autres Algues, à quelques mètres de profondeur. Helgoland (Pringsheim! Kuckuek!), Kiel? (Reinke).

E. — Sphacelaria olivacea Kjellman, non al.

Areschoug a distribué, dans ses Algæ Scandinavicæ exsic catæ (n° 410), sous le nom de Sphacelaria olivacea (Dillw.) A g., avec la mention « fructifera », une plante recueillie par M. Kjellman en Norvège arctique, à Talvig (Altenfjord), en septembre 1876. M. Kjellman l’a distribuée sous le même nom (mais sans la mention « fructifera » ) dans ses Plantæ in itineribus Suecorum polaribus collectæ.

J’ai étudié dans l’Herbier Thuret un exemplaire de chacune de ces collections ; ils étaient stériles. M. Kjellman a bien voulu m’en communiquer trois autres, de son propre herbier; ils étaient dans le même état. C’est d’ailleurs ce que dit l’auteur dans son livre sur les Algues de la mer arctique [83, p. 276].

Toutefois, l’appareil végétatif de ce Sphacelaria ne correspond à celui d’aucune des espèces précédentes. Il forme un gazon assez dense, de 1/2 centimètre de hauteur, sur du bois de Conifère probablement submergé depuis longtemps. Les filaments dressés, d’environ 20 \l de largeur, peu ou point ramifiés, flexueux, d’apparence souple, dépourvus de poils, sont portés perpendiculairement et à intervalles irréguliers par les filaments rampants; ils sont formés à la base d’articles de hauteur égale à la largeur ou plus grande, et au sommet d’articles dont la hauteur est la moitié ou le tiers de la largeur; ils présentent fréquemment une ou deux cloisons longitudinales. Les filaments rampants circulent très peu au-dessous de la surface, entre les vaisseaux aréolés du bois, parallèlement à ces vaisseaux (et peut-être même parfois à leur intérieur), et se laissent facilement disséquer. J’en ai isolé de plusieurs millimètres de longueur, et ils sont assurément plus longs, parfois très réguliers, d’autres fois renflés çà et là en tubercules allongés et cloisonnés ; ils portent des branches qui cheminent aussitôt parallèlement à la branche mère, soit côte à côte, soit séparées les unes des autres par la largeur d’un ou de plusieurs vaisseaux ponctués, sans jamais se réunir pour former un disque. Ils portent encore, surtout au niveau des renflements, des branches

JOURNAL DE BOTANIQUE

profondes s’enfonçant dans l’épaisseur du bois et produisant à leur tour d’autres filaments qui circulent aussi parallèlement à la surface.

Ce mode de végétation, comparable à celui de certains Champignons saprophytes, est exceptionnel chez une Algue. Il n’est pas accidentel, car la surface du bois envahi était suffisamment résistante pour permettre à des stolons de s’étaler superficiellement, ou à un disque de s’étendre, comme cela se voit chez d’autres espèces, et il est probablement caractéristique de celle-ci (i). C’est du é?. britannica que la plante de M. Kjellman se rapproche le plus, mais ne lui est pas identique.

(A suivre .)

LES LANDOLPHIÉES

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