C. Sauvageau. — Remarques sur Les Spkacélariacees
convient à une plante dont les filaments sont à la fois souples et enchevêtrés.
Le thalle rampant est formé de stolons enchevêtrés, rami-
Fig\ 16. — Sphacelaria britannica Sauv., de Berwick. — A, Thalle rampant portant des fdaments dressés. — B, Extrémité étalée d’un stolon rampant. — C à L, Fragments de filaments dressés montrant le cloisonnement des articles et la disposition des sporanges (A à L, Gr. 150).
fiés, un peu plus larges que les filaments dressés qui en partent plus ou moins perpendiculairement (fig. 16, A). Certains filaments dressés, qui se sont couchés, ont aussi leurs branches perpendiculaires, et ne sont pas toujours faciles à distinguer des stolons. Je ne les ai pas vus se réunir en disque, ni produire de crampons fixateurs; parfois cependant, une extrémité (peut-être
JOURNAL DE BOTANIQUE
après une cassure) produit quelques cellules très aplaties, d’une seule épaisseur, appliquée sur le substratum (fig. 16, B). La plante a été recueillie sur un limon rougeâtre recouvrant le rocher; il est possible que, sur un rocher plus nu, ces formations s’élargissent davantage.
Les rhizoïdes que j’ai vus étaient courts (fig. 1 6, C , D , L)\ d’ailleurs, s’ils devenaient longs et cloisonnés suivant la longueur, ils seraient sans doute assez difficiles à distinguer des filaments.
Les sporanges uniloculaires (les seuls connus) sont sphériques ou un peu ovales, de 40-60 [j. de diamètre, le plus souvent de 40-50 p-, portés par un pédicelle inséré suivant un angle très variable, généralement de 1-2-3 cellules, mais parfois notablement plus long (fig. 16, J, L). Ils sont isolés, à intervalles très irréguliers, rarement sur des articles consécutifs (fig. 12, E ) ou plus rarement encore opposés (fig. 12, F). Les sporanges sessiles (fig. 12, G) sont exceptionnels et, à l’inverse de ceux du ►S1. radicans, ils étaient séparés du filament par une cloison basilaire.
Cette espèce, qui correspond assurément à celle décrite par M. Traill, est donc bien distincte du radicans et du olivacea , par la souplesse et l’irrégularité des filaments, le cloisonnement des articles, la nature du thalle rampant, la forme et la disposition des sporanges uniloculaires.
Dans les échantillons que j’ai étudiés, j’ai trouvé quelques filaments stériles de 61. radicans. Ils étaient enchevêtrés avec ceux du britannica, mais ne présentaient pas les nombreux disques de la plante de Joppa, ce qui tient probablement à la nature du substratum. Il ne me paraît pas douteux que les gazons feutrés du 5’. britannica de Berwick doivent parfois en présenter une plus grande proportion, peut-être même dominante, comme dans la plante de Joppa.
J’ai examiné un échantillon de l’Herbier Montagne (in Herb. Muséum, Paris) marqué S. olivacea Ag., Leith, Berkeley ded., qui était un mélange de Cladostefihus , de *5\ radicans fructifié, et de S. britannica fructifié et bien caractérisé ; mais quelques autres filaments, moins souples que ceux du britannica , à branches plus régulièrement dressées, portaient des sporanges