C. Sauvageau. — Remarques sur les Spkacélariacécs
pédicellés simples ou en courte grappe de 2-3 sporanges ; ils m’ont paru en relation avec un disque et non avec un filament rampant, et correspondaient probablement à une quatrième espèce du mélange, plus rapprochée du V'. racemosa.
Tous les auteurs, y compris M. J. Agardh, donnent le S. simpliciuscula Ag. comme synonyme de V Halopteris filicina. Or, l’Herbier Bory de Saint-Vincent, incorporé dans l’Herbier Thuret, renferme deux petits exemplaires, portant la mention écrite de la main de Lyngbye « S. simpliciuscula Ag. ?, Groenlandia, Gieseke ». Mais cette plante, dont je n’ai pas vu le thalle inférieur, est identique au ^S1. britannica par ses filaments dressés et par ses sporanges uniloculaires; toutefois, certains certains articles secondaires ont pris une cloison transversale entière, ou une demi-cloison.
M. Rosenvinge [94, p. 124] cite simplement le 6'. olivacea au Groenland; mais l’édition danoise de son Mémoire [Grônlands Havalger, 1893, p. 905] fournit quelques indications dont l’auteur a bien voulu me donner la traduction : « croît dans la région qui découvre à basse mer, surtout dans les fentes des rochers surplombants; trouvé aussi sur le test d’un crabe dragué à 4-5 brasses de profondeur. Il n’a été récolté jusqu’ici qu’à l’état stérile. L’Herbier de Lyngbye renferme un exemplaire de cette espèce recueillie au Groenland par Gieseke, sans indication de localité. » La plante de M. Rosenvinge doit être aussi le ^S1. britannica y que l’on trouvera certainement plus au sud, sur la côte de Norvège.
Le ►S', britannica présente une certaine ressemblance avec le wS\ saxatilis de M. Kuckuck (Voy. précédemment, p. 217, en note), mais celui-ci, qui paraît d’ailleurs vivre dans les mêmes conditions, est plus court, ses filaments sont moins ramifiés, et il possède en outre des sporanges pluriloculaires sur les mêmes individus ou sur des individus séparés (1).
Sphacelaria britannica Sauvageau. — Plante formant de larges gazons feutrés d’environ un centimètre de hauteur. Thalle rampant
1. Dans la figure publiée par M. Kuckuck [97, p. 374, fig. 1], les dessins K, N, 0 ne s’appliquent pas, à mon avis, au .S. saxatilis, sur lequel je n’ai jamais vu de poils, mais à la plante à propagules bifurqués, qui au contraire en porte.
JOURNAL DE BOTANIQUE
formé de stolons enchevêtrés d’où partent les filaments dressés. Filaments dressés souples, flexueux, de diamètre irrégulier variant de 14- 30 a. Branches croissant à intervalles irréguliers, très variables en longueur, non distinctes de l’axe. Poils absents. Articles secondaires aussi hauts ou moins hauts que larges (10-16 p.) , non cloisonnés transversalement, simples, ou à une, parfois deux cloisons longitudinales. — Sporanges uniloculaires sphériques ou ovales, de 40-46 [/. de diamètre, à pédicelle plus ou moins divariqué, généralement de 1-2-3 cellules, parfois plus long, rarement nul. Sporanges pluriloculaires et propagules inconnus.
Hab. Au niveau de la marée haute, sur les rochers à l’ombre ou abrités. Ecosse (Joppa, Traill; Leith, Berkeley!; Berwick, Batters !) Groenland (Gieseke, Herb. Thuret!).
D. — Sphacelaria olivacea Pringsheim.
Echantillons étudiés :
Kiel, décembre 1887 ; Reinke leg. ; Herb. Thuret.
Helgoland, 9 et 23 janvier 1893; 14 janvier 1894; Kuckuck leg. et comm.
M. Reinke [91, 2, p. 6, et 89, 2, pl. XLVI] a touvé dans la Baltique une plante qu’il rapporte sans hésitation au éè olivacea étudié par Pringsheim à Helgoland. Cependant, sa taille est un peu moindre, dit-il, et les sporanges uniloculaires, les seuls vus par l’auteur, parfois isolés, sont souvent portés par un pédicelle ramifié en petite grappe, aussi rapproche-t-il ce A1, olivacea du é?. racemosa . Il a figuré un disque rampant très développé, seulement entrevu par Pringsheim. Les filaments dressés portent des poils qui naissent isolés ou contigus.
L’Herbier Thuret en renferme quelques filaments, mais l’unique et assez maigre préparation que j’en ai faite a suffi à fortifier mes doutes sur l’identité des plantes de Kiel et d’Helgoland. Le S. olivacea de M. Reinke n’a pas l’aspect de celui de Prinsgsheim, car les filaments sont plus ramifiés ; les articles secondaires, ne se divisant pas transversalement, sont par suite dépourvus de péricystes (Brutzellen) ; les pédicelles des sporanges sont plus longs et plus ramifiés, et les sporanges uniloculaires mûrs que j’ai vus mesuraient 55-60 sur 35-48 p-, c’est-à-dire notablement moins que ceux des exemplaires d’Helgoland ; je