C. Sauvageau. — Remarq ues sur les Sphacélariacécs
n’ai pas aperçu de poils sur les quelques filaments fructifères étudiés. Le S. olivacea de M. Reinke diffère donc un peu de celui d’Helgoland et pourrait bien appartenir à une autre espèce.
Mais M. Kuckuck a récolté à Helgoland la plante de Pringsheim [94, p. 232] ; elle croit sur les rochers, les pierres, de vieilles coquilles, à la profondeur de 5-10 mètres, et atteint deux centimètres de hauteur. Les exemplaires que M. Kuckuck a eu la gracieuse obligeance de mettre à ma disposition étaient portés les uns par une Laminaire, les autres sur les pierres, et les plus longs filaments mesuraient 1/2 centimètre.
Les filaments dressés, de 20-25 ^ de largeur sont raides, à ramification irrégulière et très peu fournie, sans différence sensible entre les axes et les rameaux. La hauteur des articles est variable (fig. 17, F, G ), et ceux à péricystes sont souvent plus longs que les autres. On voit de face 1-2 cloisons longitudinales, rarement trois. La plupart des articles prennent une cloison transversale médiane, et les plus longs se divisent de nouveau. Quand les péricystes sont disposés vers l’observateur, leur hauteur indique celle des articles ; sinon, elle est plus difficile à apprécier, car les cloisons transversales primaires et secondaires ont approximativement la même épaisseur. D’ailleurs, les péricystes peuvent aussi se cloisonner ultérieurement ; comme Pringsheim l’a indiqué, ils sont fréquemment l’origine des branches et toujours l’origine des pédicelles des sporanges.
M. Kuckuck a retrouvé les disques basilaires signalés par M. Reinke [94, p. 232] ; ils peuvent se recouvrir et se superposer irrégulièrement comme chez le Battersia. Il ajoute que, sur les individus âgés dont les parties dressées ont disparu, la ressemblance de ce thalle rampant avec son nouveau genre Sphaceloderma est telle que l’on pourrait s’y méprendre. Mais le Sphaceloderma helgolandicum , la plus inférieure des Sphacélariacées, réduit à un thalle rampant, crustacé, de plusieurs épaisseurs de cellules, à croissance marginale, porte des sporanges uniloculaires réunis en sores, qui proviennent de la transformation directe d’une cellule superficielle sans pédicelle, comme les sporanges du .S’, radicans sortent des pousses dressées.
JOURNAL DE BOTANIQUE
Cependant, sur des coupes du thalle rampant du S. olivacea j’ai vu côte à côte des pousses dressées à sporanges pluriloculaires et des sporanges uniloculaires en partie inclus; on ne peut douter de leur commune origine, et le Sphaceloderma helgolandicum^X. le thalle rampant sporangifère du ►S’, olivacea. J’ai représenté une de ces coupes sur la figure 17, D. En E, des cellules rampantes du bord d’un thalle se sont directement transformées en sporanges (1).
La présence de sporanges sur le thalle rampant, considérée comme caractère générique, entraînerait la transformation du nom delà plante qui nous occupe en celui de Sphaceloderma olivaceum, mais l’étude des thalles rampants des Sphacélariacées n’est pas assez avancée pour cela ; ceux d’autres espèces sont peut-être aussi sporangifères.
Les files radiales d’un disque basilaire vu de dessous sont flabellées (fig. 17,^), chacune s’accroissant pour son compte comme dans un Lithoderma ou une Myrionémacée, mais elles sont fréquemment divisées suivant leur longueur par des cloisons plus minces. Sur la face supérieure, l’aspect n’est pas le même ; les cellules, irrégulièrement polygonales, sont serrées l’une contre l’autre, et la direction des files radiales n’est plus reconnaissable, comme on le voit sur la figure 17, B , où les quatre cellules marquées d’un trait plus fort sont les points d’insertion des filaments dressés. La même différence d’aspect entre les deux faces paraît se retrouver chez les autres Sphacélariacées à disque épais, et le thalle rampant représenté par M. Reinke [89,2, pl.XLVI,fig. 2], bien que portant des filaments dressés, a bien plus l’allure d’une face inférieure que d’une face supérieure. Ces disques ne forment point de stolons multiplicateurs comme ceux du 5'. radicans.
Lorsqu’une section ne passe pas exactement par l’axe d’une file radiale (fig. 17, D , E, et Kuckuck 94, fig. 7), certaines
1. Cinq ans après avoir décrit le Sphaceloderma, M. Kuckuck [99, p. 375] faisait remarquer que, malgré de fréquentes recherches, il l’avait trouvé une seule fois, tandis qu’il avait récolté souvent le olivacea. Et, bien qu’il eût examiné celui-ci à des âges variés, sans y rencontrer de sporanges uniloculaires nés sur le thalle basilaire, il se demandait si le Sphaceloderma ne serait pas un disque de kS. olivacea dépourvu de productions dressées, et si, dès lors, cette plante ne présentait pas un cas de « polymorphie » à ajouter à ceux, si intéressants, qu’il décrivait dans ce Mémoire. A vrai dire, il ajoutait que cette supposition lui paraissait cependant peu vraisemblable.