XV
c — Patron, je veux de cette femme six cents pièces d'or. » « — C'est trop, dit le patron; je viens d'en acheter une plus belle pour cinq cents. » « — Donne-moi cinq cents pièces d'or, mais montre-»
moi cette femme-là. » Alors il a reçu cinq cents pièces d'or, et il a livré la belle Yevekhimia, qui fondait en larmes.
Ils sont entrés dans la cabarî'î, et le palron a levé le voile de la belle Nastasia. Quand Tchernyegor a reconnu sa chère femme, il a poussé un grand cri, et de ses yeux noirs ont coulé des larmes pour la première fois. Il a voulu racheter sa femme; mais le Turc n'a pas voulu la revendre.
Il a sauté dans sa barque, serrant les poings « — Ramez, mes jeunes gens, ramez au rivage! Il faut que tous mes guerriers se rassemblent pour prendre ce gros vaisseau, car il renferme ma chère Nastasia. » La proue s'est couverte d'écume, la barque volait sur l'eau comme un canard sauvage.
Quand il approcha du rivage , il "ût Lepa qui s'arrachait les cheveux. ^ — Ah! ma femme Yevekhi-
mia, tu es prisonnière dans cette caravelle; mais je perdrai la vie ou je te délivrerai! » Tchernycgor a sauté à terre, et il a marché droit à Lepa et lui a serré la main.
« — J'ai enlevé ta femme, tu as enlevé la mienne. J'ai tué ton page chéri, tu m'as tué un homme de plus. Soyons quittes : périsse notre haine! Soyons unis comme auparavant, et allons reprendre nos femmes. » Lepa lui a serré la main; il a dit : « Frère % tu parles bien. »
Ils ont appelé leurs jeunes matelots; ils embarquent des fusils et des pistolets; ils rament à la caravelle, frères comme auparavant : c'était un beau spectacle à voir. Ils ont abordé ce gros vaisseau : « Nos femmes, ou vous êtes morls! » Ils ont repris leurs femmes, mais ils ont oublié d'en rendre le prix^.