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Probablement la Zamargua, qiù est très jaune en automne

Juméli a été séduite par toutes ces richesses; car quelle est la femme qui résiste à beaucoup d'or?

Cara-Ali, ayant joui de cette épouse infidèle, a voulu l'emmener dans son pays, chez les mécréants.

Et Juméli dit qu'elle le suivrait; méchante femme, qui préférait le harem d'un infidèle au lit conjugal !

Cara-Ali l'a prise par sa fine taille et l'a mise devant lui sur son beau cheval blanc comme la neige de novembre.

Où es-lu, Basile? Cara-Ali, que tu as reçu dans ta maison, enlève ta femme Juméli que tu aimes tant!

Il a couru au bord de la rivière jaune, et il a vu les deux perfides qui la traversaient sur un cheval blanc.

lia pris son beau fusil orné d'ivoire et de houppes rouges*; il a lire, et soudain voilà que Gara-Ali a chancelé sur sa monture.

< — Juméli ! Juméli ! ton amour me coûte cher. Ce chien de mécréant m'a tué, et il vate tuer aussi.

> Maintenant, pour qu'il te laisse la vie, je m'en vais te donner un talisman précieux, avec lequel tu achèteras ta grâce.

1. Cet ornement se trouve fréquemment aux fusil» de» lUyriens et des Turcs.

» Prends cet Alcoran dans cette giberne de cuir rouge doré * : celui qui l'interroge est toujours riche et aimé des femmes.

» Que celui qui le porte ouvre le livre à la soixante-sixième page; il commandera à tous les esprits de la terre et de l'eau. »

Alors il tombe dans la rivière jaune, et son corps flottait, laissant un nuage rouge au milieu de Teau.

Basile Kaïmis accourt; et, saisissant la bride du cheval, il avait le bras levé pour tuer sa femme.

1. Presque tous les musulmans portent ud Alcoran dans une petite giberne en cuir rouge.

LA GUZLÂ

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c — Accorde-moi la yie, Basile, et je te donnerai un talisman précieux : celui qui le porte est toujours riche et aimé des femmes.

» Que celui qui le porte ouvre le livre à la soixante-sixième* page ; il commandera à tous les esprits de la terre et de l'eau. >

Basile a pardonné à son infidèle épouse; il a pris le livre que tout chrétien devrait jeter au feu avec horreur.

La nuit est venue; un grand vent s'est élevé, et la rivière jaune a débordé ; le cadavre de Cara-Ali fut jeté sur le rivage.

1. Le nombre soixante-six passe pour être très puissant dans les conjurations.

LA (^UZLA 279

Basile a ouvert le livre impie à la soixantesixième page; soudain la terre a tremblé et s'est ouverte avec an bruit affreux.

Un spectre sanglant a percé la terre; c'était Cara- Ali. c( — Basile, tu es à. moi maintenant que tu as renoncé à ton Dieu. »

Il saisit le malheureux, le mord à la veine du cou, et ne le quitte qu'après avoir tari ses veines.

Celui qui a fait cette histoire est Nicolas Cossiewitch, qui l'avait apprise de la grand'mère de Juméli,

LES POBRATIMI'

Jean Lubovich était né à Traù, et il vint une fois à la montagne de Vorgoraz, et il fut reçu dans la maison de Cyrille Zborr, qui le régala pendant huit jows.

Et Cyrille Zborr vint à Traù, et il loga dans la maison de Jean Lubovich, et pendant huit jours ils burent du vin et de l'eau-de-vie dans la même coupe.

Quand Cyrille Zborr voulut s'en retourner dans

1. On a vu dans les notes de la Flamme de Perrussich l'explication de ce mot.

son pays, Jean Lubovich le retint par la manche et lui dit : « — Allons devant un prêtre et soyons pobratimi. »

Et ils allèrent devant un prêtre, qui lutl es saintes prières. Ils communièrent ensemble, et jurèrent d'être frères jusqu'à la mort de l'un ou de l'autre.

Un jour, Jean était assis, les jambes croisées *, devant sa maison à fumer sa pipe, quand un jeune homme, les pieds tout poudreux, parut devant lui et le salua.

c — Jean Lubovich, ton frère Cyrille Zborr m'en- Toie. Il y a près de la montagne un chien qui lui veut du mal, et il te prie de l'aider à vaincre ce mécréant. >

Jean Lubovich a pris son fusil dans sa maison; il

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