‹ La double mission de Jeanne d'ArcChapitre 4 sur 7 · DE II WM I» MU · texte numérisé non relu

DE II WM I» MU

il»

glorieux ancêtres des zouaves, el vonl apprendre aux Lombards que, Bi Jésus-ChrisI doil régner partoul , à Rome il doil régner seul.

0 vocation de la France !

Un sanglol en Orient. Le trône de Mahomel Bur I»' tombeau violé «l<i Jésus Des chrétiens m sacrés. A cette nouvelle, apportée par l«is Pierre l'Ermite el commentée par les Bernard, les Frai onl frémi; ils onl pris la croix, en onl étoile leur poitrine el leurs armes. Us jurenl de tra- \ erser les mers pour briser le Croissant, car Dieu le \ ••m .

Dieu le veul ! Il esl parti le cri sublime, h désormais il ne se taira el ne B'arrêtera plus durant des siècles. Il éclate sur la France, il s'étend comme une onde Bonore immense Bur l'Europe : partoul il suscite des soldats el scande leur marche guerrière. Dieu le veul ! Les hommes de France l'onl déclaré el les femmes de France !<• crienl comme un suprême adieu à ceux qui b en vonl : < Partez, nos hommes; partez, nos beaux fiancés; partez, nos Bis; allez à mille lieues de la patrie faire régner le roi Jésus. Dieu le veut, el nous aussi, femmes de France, nous le \ oulons !

1 \ vocation de la Fran

Aussi, écoutez comme l'Eglise reconnaît el

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loue celle vocation qu'elle avaîl prévue. C'est un pape, Grégoire IX. qui écrit à un roi de Fran « Le Rédempteur a choisi le béni' royaume de France comme l'exécuteur spécial de ses divines volontés. Il le porte suspendu à son flanc comme un carquois, d'où il tire ses flèches d'élection lorsque, avec l'arc de son bras tout-puissant, il veut frapper l'impiété. » Et, coïncidence touchante, le roi à qui Grégoire IX envoie ce glorieux témoignage de la satisfaction de l'Église, c'est saint Louis, le grand clairvoyant qui a le mieux défini d'un mot ce que doit être la politique de la France quand il disait : « Je suis le bon sergent de Jésus- Christ. »

Jeanne d'Arc était appelée à préciser et à mettre dans une plus vive lumière ce rôle de notre pays. Pour elle, Jésus-Christ est à ce point le roi de France que Charles VII n'en est que le lieutenant. Pour elle la France n'a qu'un but, aimer et faire aimer Jésus-Clirist, et être heureuse et grande par cet amour. C'est pour nous faire comprendre et accepter cette mission, c'est pour nous rendre capables de la remplir, que Jeanne

nous est envoyée. Si elle doil nous délivrer de l'Anglais, c'esl que, pour devenir I»- ministre des

indes œuvres du Christ, le peuple français doil être autonome el indépendant. Si «*l 1 « ■ «l<>ii faire rentrer toutes les provin ious I»- pouvoir <lr CharleSj c'esl pour refaire l'unité du royaume sous une monarchie puissante, el parce qu'un petil roi de Bourges ne pourrai! être un sérieux lieutenant el un bon sergent de Jésus-Christ, selon sainl Louis. L'indépendance du pays, L'expulsion de l'étranger, l<i sacre du roi ne sont que des moyens; le but, c'esl de faire de la France le soldai alerte el "liants de Notre-Seigneur.

Voilà, Messieurs, la belle lumière qtfe nous apporte la Pucelle. Parla, elle ;i été une grande voyante el nous a mieux éclairés sur la c institution organique de notre pays que tous les penseurs el économistes modernes.

Jeanne ne vit, ne respire que pour Jésus- Christ, roi de France. In écrivain indépendant, M. Siméon Luce, l'a juste menl remarqué : « Pour elle, dit-il, lenomde Jésus n'esl pas seulemenl en tête de ses lettres, dans les plis de son étendard el jusque sur l'anneau mystique qu'elle porte au doigt, il es! surtout au plus profond de son cœur. Elle ne se borne pas à adorer Jésus

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comme son Dieu, elle reconnaît en lui le roi de France, dont Charles Nil esl le seul Légitime représentant. »

Jésus, roi «h- France, c'est ce que Jeanne répète en toute circonstance. A Vaucouleurs, elle dit au sire de Baudricourt : « Le royaume n'appartient pas au Dauphin, il appartient à mon Seigneur. Mais mon Seigneur veut que le Dauphin soitroi et tienne le royaume en commende. » Elle le dit à Charles lui-même dans La grande salle du château de Chinon, où elle le reconnaît dissimulé au milieu des courtisans : « Gentil Dauphin, j'ai nom Jeanne la Pucelle, et vous mande par moi Le Roi des cieux que vous serez sacré à Reims et que vous serez le lieutenant du Roi des cieux, qui est roi de France : Locum tenens Régi* <■<,>! <>non qui est Rex Franciœ. »

. Remarquez que Charles VTI, bien que son père soit mort, n'est aux yeux de Jeanne qu'un gentil Dauphin. Il ne sera roi que lorsqu'il aura reçu de Dieu avec son sacre l'investiture du royaume, et, alors même, il ne sera que le roi en second, le lieutenant du Christ.

Voilà pourquoi la Pucelle exige du roi Charles qu'il fasse l'hommage lige de sa couronne au roi Jésus. Elle lui demande d'abdiquer son

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royaume entre l<is mains divines pour le recevoir de nouveau des mains divines, comme un vassal tient un fief de son suzerain. Le duc d'Âlençon nous l'atteste, ainsi qu'Eberard de Wïndecken, trésorier de l'empereur Sigismond... Mais c'est !<• clerc «lu pape Martin V qui nous s légué le plus intéressanl pécil de cette abdication de Charles Vil en faveur de Jésus-Christ. C'est un des faits les plus charmants et les plus beaux de la vie de uni rr héroïne.

I fn jour, Jeanne 'lit à I îharles . mit. me promettez-vous de me donner ce que je vous demanderai? " Le roi hésite, [mis consent. • Sire, donnez-moi votre royaume. - Le roi, stupéfait, hésite tir nouveau ; mais, tenu par sa promesse el sul>jugué par l'ascendant surnaturel de la jeune Bile : « Jeanne, lui répond-il, je vous donne mon royaume. » Cela ne suffil pas : la Pucelle exige qu'un acte en soi) solennellement dressé h signé par les quatre secrétaires <lu roi; après quoi, \ n\ ani celui-ci toul interdit <'t emba 1 1 de ce

qu'il avait fait, elle dit en souriant à I 'assistant << Voici le plus pauvre chevalier de France : il plus rien, » Puis aussitôt, très gravi idres

saut aux secrétaires : berivez, dit-elle : Jeanne donne !•' royaume à Jésus-Christ. »> Et bientôt

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après : « Écrivez encore : Jésus rend Le royaume à Charles. »

C'est là. Messieurs, n'est-il pas vrai?une scène étrange, presque fantastique; mais gardon g bien d y voir un jeu ou un caprice <l<' la Libératrice. C'esl très réellement, très sérieusement, qu'elle lu! pendanl quelques mini. omme

s'exprime le vieux chroniqueur, donataire <■! maîtresse du royaume de France^ donataria regni FrancicBy par suite en quelque sorte reine de France. Reine de France! oh! le beau titre pour notre Jeanne, et comme il nous est doux-de penser qu'elle y a eu droit pendant quelque temps! C'estàce titre que, remettant toute chose dans l'ordre,, elle rendit la suzeraineté du cher pays au roi Jésus et la lieutenance au roi Charles.

A la lumière de ce grand principe, nous comprenons le langage et la vie de celle qui en a fait sa règle. Elle est au service du Christ avant d'être à celui de Charles Vil. Elle le dit dans sa lettre aux habitants deTroyes : « Jeanne la Pucellevous mande et fait savoir de par le Roi du ciel, son droiturier et souverain Seigneur, au service duquel elle est chaque jour de sa vie... »

Et nous comprenons aussi l'idée si haute et si glorieuse pour nous que Jeanne se faisait de la

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France. Elle ne L'appelait que l<i saint royaume. Elle disait que !•' roi l<- tenait eh commende : Or, on ne lient en commende <|u»' les biens Mi!

si que pour elfe la France était \ raiment une terre sacrée. <jui donc a Jii que I»' patriotisme est né de nos juins? Nul n'a |>lu> aimé et vénéré sa patrie que la libératrice d'Orléans : nul n'en a Fait avec plus d'autorité un magnifique éloge !

I n pays prédestiné el ainsi aimé du Seigneur doit accomplir des œuvres splendides avec son aide e1 pour son amour. C'est bien ainsi que l'en tend Jeanne d'Arc. 1*1 1 1 « * rêve pour la France une

ire unique. Elle écrit aux Anglais que les Français accompliront un jour le plus beau fait d'armes qui oncques aura été fait pour la chrétienté. Elle se croyait même appelée à \ prendre part personnellement. Je vous ai expliqué que, si cet événement nes'esl pas accompli, il n'en faut pas accuser les prévisions de Jeanne mais la défaillance il<' ses coopérât eu ps.

Quoi tju'il en Boit, <|u<il était ce fait d'armes extraordinaire? Si nous «'n croyons ses contemporains, c'était la répression de l'hérésie des Bussites et la destruction delà puissance musulmane. Au lendemain du sa :re de Charles VII, Christine <lr Pisan assurait que détruire !<• parti anglais,

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Yenglescherie, n'étail aux yeux de La Pucelle que le début d'une plus vaste carrière. Elle parti rail ensuite pour une mystérieuse croisade.

En chrétienté e1 «mi église

Sera par elle mis concorde,

Les mécréants donl on dey i

El les hérites de vie orde

Détruira...

Des Sarrasins fera essarl

En conquérant la Sainte Terre.

Les mécréants sont les musulmans, les hérites de vie orde sont les partisans de Jean Huss qui agitaient l'Allemagne. Jeanne dans une lettre fameuse les menaçait, s'ils ne s'amendaient, de laisser pour un temps les Anglais, et de fondre sur eux pour les châtier.

Ainsi donc, si les hommes l'avaient soutenue, l'envoyée du ciel eût étouffé dans son germe ces terribles hérésies qui devaient au siècle suivant ensanglanter l'Europe ; puis, portant plus loin ses armes triomphantes, elle aurait détruit cette puissance ottomane qui allait bientôt s'emparer de Constantinople. Les esprits affadis de notre temps ne goûteront pas cette intervention de Jeanne contre l'erreur de Huss et de Mahomet. Cependant,

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là est la vocation de notre pays. La France n'existe en grande partie que pour combattre l'hérésie el exterminer cette infâme religion <lu Coran (jui a semé tanl de ruines matérielles <it morales pour !»■ monde.

Ainsi «loue. Messieurs, vivre intimemenl uni au Cœur de Jésus-Christ, aimer passionnément Jésus-Chrisi . faire sen ir el respecter Jésus-( Ihrist par le monde, voilà !«■ devoir de notre pays, voilà lé programme de Jeanne d'Arc.

Hélas I il faui l n « * 1 1 le fliir. la France n'a jamais rempli qu'à demi ce beau programme. <>n l'a vue tantôl accomplissant des exploits généreux, donnant son sang <■( son or pour la vérité et pour l'Eglise, mais tantôt pactisant avec l'erreur. Le Ciel ;i terriblement châtié ces trahisons; cependant il n'a jamais abandonné la nation coupable, comme s'il la réservait pour une époque glorieuse où elle jouera mieux son rôle ici-bas. C'est pourquoi il lui rappelle ce rôle à chaque génération. Quand Jésus-Christ demandait à Marguerite-Marie de faire représenter son dii in 1 1< Bur dans étendards, n'était-ce pas un suprême effort de son

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