LA FAMILLE DE CHAMP-BOSAY
Il importe, pour l’intelligence des faits qui vont suivre, que nous donnions ici au lecteur quelques détails rétrospectifs sur les possesseurs du château de Balme.
En 1792, quand les événements politiques avaient déterminé les Champ-Rosay à quitter la France, cette famille se composait, outre le baron Urbain IV de Champ-Rosay, mort en Allemagne pendant l’émigration, de deux fils qui avaient été la souche des deux branches actuelles. L’aîné, le baron Charles-Antoine de Champ-Rosay, seigneur de Balme, était le père de Léopold ; le cadet, encore vivant an moment où nous sommes, et connu dans le pays sous le nom de chevalier de Champ-Rosay, était le père du capitaine Valentin. Les deux frères, à leur rentrée dans la mère-patrie, avaient recueilli les faibles débris de leur fortune passée, et, plus tard, l’indemnité accordée par la Restauration à la noblesse dépossédée leur avait rendu, sinon leur grande opulence d’autrefois, du moins les moyens de tenir un rang à peu près convenable dans la province.
Cependant il était notoire qu’une certaine mésintelligence, basée sur des motifs d’intérêt, existait de longue date entre
les deux frères. Le chevalier de Champ-Rosay, le cadet, avait étudié autrefois pour occuper un poste dans la magistrature, et ces premières études semblaient lui avoir donné un goût particulier pour la chicane.
Il s’était retiré à Cuiseaux, dans un vieux logis ayant appartenu à sa famille, et qu’il avait racheté des deniers de sa femme. Familier avec les codes nouveauxeomme avec le droit coutumier ou le droit écrit de l’ancien régime, il passait le temps à faire des procès à ses voisins ou bien à poursuivre le recouvrement d’anciennes créances. Or, le chevalier se croyait lésé dans ses partages avec son frère, et il prétendait avoir particulièrement des droits sur le domaine de Balme, qui avait été dévolu sans contestation à son ainé, à leur retour de l’émigration.
Cependant cette prétention ne s’était manifestée, dans les commencements, que sous une forme assez timide, et, tant qu’avait vécu sa femme, le chevalier s’était contenté de remplir de temps en temps certaines formalités judiciaires pour ne pas laisser prescrire ses droits. Ainsi, pendant.l’enfance de Léopold et de Valentin, les deux branches de la famille avaient vécu sur le pied d’une apparente intimité, et les jeunes cousins avaient pu prendre l'un pour l’autre une vive affection. Mais le chevalier devint veuf, les jeunes gens furent séparés; tandis que Léopold faisait son droit à Paris, Valentin, après avoir passé par l’école de Saumur, courait les garnisons en qualité de sous-lieutenant. Alors le chevalier parla de nouveau de revendication. Une froideur croissante, puis une brouille complète se déclara entre les deux frères. Toutefois, le vieux chicaneur de Cuiseaux avait eu la pudeur de ne pas intenter franchement un procès à son
aîné, et c'était seulement depuis la mort du baron, depuis le mariage de Léopold avec la riche demoiselle de Savigny, qu’il avait présenté résolument ses réclamations au sujet de la propriété de Balme.
Pendant cette longue période, les deux cousins ne s’étaient vus que rarement et toujours en cachette de leurs pères. A peine avaient-ils échangé quelques lettres dans les occasions graves. D’ailleurs Valentin, devenu capitaine de cavalerie, avait passé plusieurs années en Afrique. Arrivé à Cuiseaux la veille au soir seulement, il avait voulu, en dépit de l’hostilité existant entre son père et son cousin, se rendre au château, et nous avons vu qu’il n’était pas luimême très-rassuré sur l’accueil qui l’y attendait.
Or, par l’effet du hasard, peut-être aussi par quelque combinaison machiavélique du vieux chicaneur, Léopold avait reçu, le matin même, la visite de l’huissier de son oncle. Cet huissier était porteur d’une sommation qui enjoignait a au soi-disant baron de Balme » d’avoir à restituer immédiatement au chevalier de Champ-Rosay, requérant, le château et les terres de Balme, « sous peine de s’y voir contraint par toutes les voies de droit, v
On peut croire que cette demande, renouvelée avec tant d’obstination, et cette fois sous une forme menaçante, avait fort irrité Léopold ; d’ailleurs, comme le procès allait probablement suivre son cours, il devenait urgent de se préparer à la défense. Aussi le baron avait-il mandé an château le juge de paix Rousselot, qui, malgré son despotisme, était fort expérimenté en matière de droit ancien et nouveau ; et, au moment où le capitaine Champ-Rosay se disposait à pénétrer chez son cousin, celui-ci discutait avec le vieux pra-
ticien, dans la bibliothèque, sur les moyens de mettre à néant les prétentions du chevalier.
Cette bibliothèque était une vaste pièce de rez-de-chaussée. Les livres, disposés sur de massifs rayons de chêne, couvraient presque entièrement les murailles. Des bustes en plâtre, des globes terrestres, quelques trophées d’armes, égayaient cet intérieur morose en rompant la monotonie des lignes. Deux grandes fenêtres ouvertes, qui laissaient librebrement entrer le soleil, y réussissaient mieux. encore.
Léopold et le juge de paix étaient assis devant une lourde table, à demeure, au milieu de la salle et recouverte d’un tapis vert. Sur cette table on voyait, outre plusieurs ouvrages de jurisprudence, de nombreux papiers, les uns jaunes et usés, les autres neuf et de mine tout à fait moderne, parmi lesquels on distinguait facilement l’assignation arrivée le matin. Le baron Léopold do Champ-Rosay avait peu changé pendant les quatre ou cinq années qui venaient de s’écouler. Seulement, l’habitude des études sérieuses lui avait donné un degré de gravité de plus. Quant au petit juge de paix, toujours gourmé dans sa redingote bleue bien brossée et dans sa cravate blanche, il ne paraissait ni plus vieux ni plus cassé que le soir où nous l’avons vu dresser un procès-verbal au moulin de Giziat ; et la confiance que lui montrait en ce moment le maître des requêtes, en le consultant sur une importante affaire de famille, n’était pas de nature à le rendre moins dogmatique et moins tranchant que par le passé.
Madame de Champ-Rosay travaillait dans l’embrasure d’une fenêtre, à un ouvrage de tapisserie. C’était toujours la jolie Pauline de Savigny ; mais la vivacité de la jeune
fiile avait fait place ù la douce dignité de la jeune mère. Son attitude, ses manières, son langage avaient maintenant quelque chose de posé qui sevait à ses traits plus mûrs, à ses contours plus accusés. Toutefois les amis de la baronne soupçonnaient que ces changements étaient seulement superficiels, et que, à la moindre cause d’émotion, sa nature généreuse, mais ardente, pouvait faire explosion comme au temps de sa première jeunesse.
Léopold, qui aimait à la consulter, même sur les matières les plus étrangères à une femme, avait désiré qu’elle assistât à cette conférence. Nous devons convenir pourtant que Pauline se montrait fort inattentive ; elle s’occupait exclusivement d’une ravissante petite fille, vêtue de blanc et de bleu, qui, à demie couchée sur le tapis à ses pieds, jouait avec un jeune chat et une poupée.
A la vérité, le petit vieux M. Rousselot avait entamé sur les lois féodales une longue et savante dissertation qui ne pouvait avoir aucun charme pour elle. Aussi donneronsnous seulement la conclusion de ce morceau d’éloquence.
— Il résulte de tous ces comptes, monsieur le baron, disait-il, que, dans le partage des biens de la famille entre feu monsieur le baron, votre honoré père, et monsieur le chevalier, votre oncle, feu votre père aurait possédé en plus la terre de Balme, sur laquelle pourtant le chevalier aurait eu des droits égaux, d’après le code civil. A cela vous répondez que Balme, d’après une charte ancienne, est un fief transmissible de mâle en mâle dans votre famille par un ordre de primogéniture, d'où feu le baron avait pris le titre de Seigneur de Balme avant même son départ pour l'émigration. Il était donc en droit, à son retour de récla-
mer la propriété de Baime à l’exclusion de son frère. Seulement, pour mettre à néant les prétentions du chevalier, il faudrait pouvoir présenter aux juges la charte qui, avant l’existence du code civil, avait attribué ce Gef au défunt baron votre père, et je ne la vois pas dans les pièces que vous m’avez conGées.
— Malheureusement, mon cher Rousselot, répliqua Léopold, j’ai tout lieu de craindre que cette charte et beaucoup d’autres titres, autrefois importants pour notre maison, n’aient été détruits ou perdus pendant la tourmente révolutionnaire. Vous avez sous les yeux tous les papiers de famille que m’a laissés mon père et qu’il tenait luimême de mon aïeul, le baron Urbain IV. J’ai vainement bouleversé ces dossiers poudreux ; la charte qui constitue la terre de Baime en Gef ne se retrouve pas.
— C’est fâcheux, monsieur le baron, c’est bien fâcheux, dit le juge de paix en hochant la tête ; si vous ne pouvez produire le titre en vertu duquel monsieur votre père était bien et dûment propriétaire de Baime avant la promulgation du code civil, le chevalier parait fondé d’assigner la succession de votre père en partage de cette terre, comme des autres biens de votre aïeul. Or, comme il aurait droit à moitié de la propriété d’après la nouvelle loi, et comme il pourrait revendiquer, ce qu’il revendique en effet, la moitié des revenus pendant trente ou quarante ans, il en résulterait que ce que vous auriez de mieux à faire serait de lui abandonner purement et simplement la possession de ce domaine.
— Est-ce là votre avis, monsieur llousselot ? dit Léopold avec inquiétude. Ah ! mon oncle, en m’intentant un procès
inique, connaissait sans doute la perte de ce titre précieux ! Il y a donc là un odieux calcul de sa part! Cependant je ne me laisserai pas ainsi dépouiller de mon bien légitime... Que cette charte se retrouve ou non, je soutiendrai mes droits jusqu’à la dernière extrémité.
— Soit ; mais je ne dois pas vous dissimuler, monsieur le baron, que votre cause me parait... douteuse.
— N’importe ! je la défendrai à outrance.
— Mon ami, dit la baronne à son mari, en intervenant avec douceur dans ce débat, allez-vous donc soutenir un procès contre votre vieil oncle ? Ne faudrait-il pas mieux arranger cette affaire en famille et sans scandale ? Peut-être le chevalier de Champ-Rosay accepterait-il un dédommagement en argent, et, grâce au ciel, nous sommes en mesure de lui en offrir. D’ailleurs, quand même vous seriez dans la nécessité de lui faire l’abandon de Balme, n'avons-nous pas d’autres propriétés plus belles, plus productives, plus agréables à habiter que celle-ci?
— Je connais votre désintéressement, ma Pauline, reprit le baron ; mais je n’entends pas donner une prime à la rapacité de mon parent. Et puis, cette propriété m’est chère à trop de titres pour que je consente à en faire l’abandon. La maison où nous sommes est celle démon père ; j’y suis né et je veux y mourir... Je vous le répète, le chevalier de Champ-Rosay élève des réclamations injustes et de mauvaise foi... Je ne lui pardonnerai jamais... jamais I
Et, dans l’excès de son indignation, le baron frappa la table du poing. La petite fille, terrifiée, se jeta tout en larmes dans les bras de sa mère.
— Bon Dieu ! Léopold, dit madame de Champ-Rosay, vous avez effrayé Marie.... cela est-il raisonnable?
Le baron, un peu confus, donna un baiser à l’enfant, lui adressa des paroles caressantes, et la calma si bien qu’elle finit par sourire.
— Voilà beaucoup de bruit pour rien, dit Pauline ; pouvez vous, mon ami, prendre au sérieux les attaques judiciaires de votre oncle ? Il est là-bas tout seul, dans sa grande maison de Cuiseaux, et l’ennui le ronge. Jusqu’ici son unique occupation, je dirai même son unique plaisir, a été de faire des procès à tort et à travers ; la fantaisie lui est venue de vous en faire un, qu’il croit fondé, sinon en équité, du moins selon les règles de la chicane, est-ce une raison pour tant s’alarmer? Il s’agit d’un pauvre vieillard fort peu redoutable ; il joue au procès comme cette chère petite joue à la poupée... Prenez patience, et nous arriverons à un aecommodemen.t qui rétablira la bonne harmonie dans la famille.
— Bien dit, chère cousine ! s’écria tout à coup une voix sonore, et merci pour ces bonnes paroles !
En même temps, le capitaine Valentin de Champ-Rosay t entra dans la bibliothèque.
Son apparition subite causa une surprise mêlée d’embarras à tous les assistants. La baronne ne put retenir un léger cri, tandis que Marie, intimidée, cherchait encore un refuge auprès d’elle. Rousselot, qui n’aimait pas les militaires en général, et le capitaine de Champ-Rosay en particulier, avait pris un air rogue. Quant au maître du logis, il s’était levé précipitamment et demeurait debout, en face de son cousin, ne sachant trop quelle contenance garder.
Valentin ne lui laissa pas le temps de la réflexion et courut à lui les bras ouverts :
— Bonjour, Léopold, s’écria-t-il ; morbleu ! est-ce que tu ne me reconnais pas ? En effet, voilà joliment longtemps que nous ne nous sommes vus !
Et avant que le baron eût pu s’en défendre, il lui appliqua sur les joues deux robustes baisers.
Léopold, d’abord interdit par cette impétuosité, ne tarda pas à recouvrer sa présence d’esprit.
— Je vous reconnais fort bien, capitaine Champ-Rosay, dit-il avec raideur ; mais aux termes où j’en suis avec votre père, vous devez comprendre....
— Tu te moques de moi ? Est-ce que ce qui se passe entre ton oncle et toi me regarde? Brouillez-vous, plaidez l’un contre l’autre si vous voulez ; moi je n’entends ni me brouiller ni plaider avec mon cousin et ma cousine, et j’embrasse tout le monde... Voyons, Léopold, présente-moi donc à ta charmante femme... Dis-Iui que je ne suis pas aussi mal appris que j’en ni l’air; car, vraiment, je suis entré chez elle comme dans un corps de garde.
Léopold, toujours hésitant, ne se hâtait pas se rendre à cette invitation ; alors Valentin s’approcha de la baronne, son képi à la main.
— Madame ma cousine, lui dit-il avec sa rondeur habituelle, si votre mari vous a dit du mal de moi, ne le croyez pas ; je l’ai toujours aimé et je l’aime encore, quoi qu’il arrive. Quant à vous, vous êteè bonne autant que belle ; et si j’en juge par quelques mots que je viens de vous entendre prononcer, vous avez plus de raison à vous seule que tout le reste de la famille ensemble. Je me sens donc tout prêt
à vous aimer aussi... qu’on me le permette ou non... Mais vous me le permettrez, n'est-ce pas?
Il y avait tant d’entrain et de gaieté en débitant ce compliment que Pauline partit d’un éclat de rire, et le baron lui-même ne tarda pas à se mettre de la partie.
— A la bonne heure, donc!.. Ville gagnée ! s’écria Valentin radieux ; c’est cela, rions tous... soyons tous heureux et contents !... voilà ce que je demande.
Et il donna deux baisers à Pauline, qui n’en rit que plus fort. Puis il saisit la petite Marie, l’éleva deux ou trois fois au-dessus de sa tête, avec impétuosité, et enfin il brossa de ses grosses moustaches les joues roses de l’enfant, en lui disant avec jovialité :
— Et toi aussi, ma mignonne, il faut bien m’aimer, parce que je suis ton cousin. Nous ferons bon ménage ensemble, va! Et pour commencer, je te promets une poupée superbe, mirobolante, comme tu n’en as jamais vu... une poupée à cheval...
— Une poupée... à cheval ! répéta Marie en ouvrant de grands yeux.
— Pardieu ! puisque je suis dans la cavalerie.
L’embarras causé par l’arrivée du capitaine Champ-Ro-
say s’était dissipé comme par enchantement.
— Ah çàl mon cousin, dit la baronne, vous nous restez à dîner, n’est-ce pas?
— Je crois bien ! A moins qu’on ne me mette à la porte... ce dont Léopold semble avoir grande envie... Mais si j’ai pour moi ma gracieuse cousine, je ne sortirai d’ici que par la force des baïonnettes.
— Etourdi ! reprit le baron d’un ton presque amical, tou-
jours le même ! Son caractère n’a pas changédepuis le temps où nous allions ensemble dénicher des pies dans le parc.... Ah çà ! Valentin, ton père sait-il que tu es à Balme ?
— Ai-je besoin, à mon Age, de demander une permission ?
— Dans tous les cas, il ne peut manquer d’apprendre ta visite ici, et il ne t’en saura pas bon gré.
— Ma foi ! je me risque, répliqua l’officier qui semblait affectionner ce mot.
Il poursuivit après une courte pause :
— Réellement, Léopold, vas-tu te mettre l’esprit à l’envers pour les misérables taquineries d’un vieillard ? Ma cousine m’a semblé beaucoop mieux comprendre la valeur de ces attaques... Le fait est qu'en arrivant au pays après une longue absence, j’ai trouvé mon pauvre père si faible, si cassé, que je n’ai pas eu le courage de lui parler avec la fermeté nécessaire de ses procédés envers toi.
— Si ton père est souffrant, Valentin, répondit le baron avec amertume, son huissier en revanche se porte à merveille, et ses assignations sont parfaitement libellées... Saistu qu'il s’agit de la propriété de Balme ?
— Oui, oui, l’ancienne toquade du bonhomme... voilà trente années qu’il est question de cela ?
— Mais, cette fois, la revendication est sérieuse et le procès imminent. Nous sommes assignés à bref délai. M. Rousselot te dira comme moi qu’il ne s’agit plus de plaisanteries.
— L’affaire prend en effet une tournure très-sérieuse, reprit le juge de paix de son ton dogmatique ; et si M. le baron n’était pas en mesure de produire certains titres... qu’il produira certainement.
LA DOUBLB VUE
— Vous pouvez bien, à vous deux, inventer des chicanes pour traîner la chose en longueur. Laissez mon père se divertir avec du papier timbré, puisque telle est son humeur. Quand il en coûterait quelques centaines de francs qui entreraient dans les poches de gens de loi, en seronsnous plus pauvres les uns et les autres?
— Bon I reprit le baron d’un ton moitié gai, moitié sérieux, on voit que tu es l’unique héritier de ton père et que tu courrais volontiers certaines chances.
L’officier le regarda, hésitant à se fâcher ou à rire de cette observation.
— Ah I Léopold, dit la baronne d’un ton de reproche, pouvez-vous avoir de pareilles idées?
— Attendez, ma cousine, reprit Valentin avec une gravité comique, je vais faire rougir de ses soupçons ce parent dénaturé.
Il prit sur la table une plume et du papier ; puis, sans s’asseoir, il écrivit rapidement:
• Je, soussigné, déclare devoir à mon cousin Léopold de » Champ-Rosay la propriété de Balme, ensemble le château, » le parc et les terres qui en dépendent, m’engageant à lui » restituer ladite propriété aussitôt que je l’aurai... si je » l’ai jamais.
» En foi de quoi j’ai signé le présent,