SECONDE PAROLE
Amen dico tibi, fiodie mecum eris in paradiso.
Luc. 23. làZ.
Je vous dis en vérité que vous serez aujounThni avec moi dans le paradis.
C'est la réponse que le Fils de Dieu fit an bon larron ^ qui le priait de se souvenir de lui^ lorsqu'il serait arrivé en son royaume.
Lés deux voleurs ^ dit saint Grégoire pape^ représentaient tous les hommes. Le premier , les prédestinés ; le second 5 les réprouvés. Il faut , suivant cette pensée , nous considérer sur notre lit comme le bon larron sur la croix 5 et imiter les vertus de cet illustre pénitent, dont les saints Pères ont foît des éloges admirables, principalement de son humilité et de sa patience, qu'il fit paraître dans la prière qu'il adressa au Fils de Dieu , et dans la réprimande qu'il fit à son compagnon. Quoi donc, lui dit-il, vous êtes condamné au même supplice , et vous n'avez point la crainte de Dieu ? Pour nous , c'est avecjus"
tk SAINTElé DE Là MOBT. 197
tice que natu souffrons , nous Favons bien mérité , mou cetui^i n'a fait aucun mai Puis s'adressant à Jésii8-4]!fari8t , il lui dit : Seigneur , souvenez-vous de moi 9 quand vous serez venu en votre royaume.
Confessez , à son exemple , que vous avez bien mérité le mal que vous souffrez , et la mort que vous attendez. Dites avec un profond sentiment d'humilité : « Mon Dieu , je n'ai pas sujet de me plaindre , » si vous m'aflQigez de douleurs ; j'ai mérité tout ce » que j'endure ^ et infiniment davantage. Vous me » traitez avec trop de douceur ; quelque grande que » soit ma douleur , elle n'égale point la moindre » de mes fautes ; mais quel crime a commis votre » Fils unique pour être attaché à une croix ? Hélas ! » ce sont mes péchés qui l'ont fait mourir. Père » charitable 5 que vous êtes doux envers un mal- » heureux esclave ; et que vous êtes sévère envers 1» un Fils innocent ! J'espère que ces souffrances » jointes à son innocence 5 m'obtiendront le pardon » de mes péchés. »
La seconde chose que doit faire un malade , est de s'adresser à notre Seigneur , et de lui dire avec confiance : Je confesse ^ ô mon Sauveur , que vous êtes le Fils de Dieu vivant , et je veux mourir dans cette créance : j'ai un déplaisir extrême de vous avoir offensé : sou venez-vous de moi maintenant que vous êtes arrivé à votre royaume. Alors vous entendrez le Fils de Dieu qui vous répondra : Amen dico tibi, quia hodie mecum eris inparadiso. « Je vous dis en » vérité que vous serez aujourd'hui avec moi dans » le paradis. »
19S a. PAUTOL
Cette pensée nous doit tirer l-âme dn corps. O si j'étais assez heureux pour entendre ces paroles à ma mort ! Le Fils de Dieu les prononcera dans le fond de votre âme ^ si vous croyez et si vous espéreikcn iuL
TROISIËia PAROLE.
MutieTs eccefilius iutis^ Femme , voilà votre enfant.
Ecce mater tua. Voilà votre mère. Joan. 19. 26.
Si le Fils de Dieu s'est souvenu^ sur la croix^ d'un voleur et de ses plus cruels ennemis , il n'avait garde de s'oublier de sa mère et de son cher disciple qui étaient ensemble au pied de sa croix. U regarde sa mère , el lui dit : Femme, voilà votre fils. Puis s'adressant à ce dier disciple ^ il lui dit : FoUà votre mère.
Cest le sentiment des Pères , que le Fils de Dieu par ces paroles établit la sainte Vierge mère des hommes et des prédestinés ^ qui lui furent donnés en la personne de saint Jean ; par conséquent qu'un homme qœ n^est point enfam de la vierge , ne sera point enfant de Dieu ni héritier de sa gloire. C'est pourquoi nous devons la servûr ^ honorer , aimer et invoquer en tout temps , mais principalement à la mort , par la raison que c'est alors que nous an-* rons plus besoin de son assistance D'ailleurs» comme elle s'est trouvée présente à la mort dupre^ mier desprédestînés , elle a une espèce de droit d'as« sîster à celle de tous ceux qui doivent être sauvés^.
lA fiAIRTErt DB Là MOBT. 199
Sainte Térèse disait on pea avant qae de mourir 5 qo'die sentait en son cœor une consolation extrême de mourir fille de la sainte Vierge et fille de la sainte Eglise. Il ne faut point séparer ces deilx choses. Pour élre enfant de la Vierge , il faut être enfant de ll^lise; et pour être enfiun de TEglise, il £aint être en£ant de la Vierge ; d'autant , dit saint Augustin , qne c'est celle qui nous a conçus spirituellement, etqni nous a fiiit naître dans TEglise.
U faut donc regarder votre grand Sauveur en croix 9 et vous persuader qa'il vous recommande à sa sainte mère, en lui disant : MuUer, ecce fiUuu tuu$. Ha mère, voilà votre enfant qui est malade, prenez*en soin , je vous le recommande. Ensuite écouta ce qu'il vous dit : Eece Mater tua. Mon fils, voilà votre mère, ayes confiance en elle, et prie^ la de vous assister ; car elle est toute-puissante auprès de moi. Ceux qu'elle bénira, seront bénis de mon Père , et je sauverai tous ceux qu'elle me priera dettuvor.
On ne saurait concevoir combien ce souvenir est doux à la mort , et combien le nom de Marie est fbrmidaUe aux démons. Dites-lui donc avec l'EgUse : Maria mater gratim : mater mUerieordiœ t^ iufwe aà h09te protège , et hora martis suscipe. Ilarie mère de grâce , Marie mère de miséricorde , défendei-nons contre notre ennemi , et nous recevez en votre protection à l'heure de la mort. Sainte Mor* rie mire 4e Dieu, priez pour nou9,patwreê pim c/écars, maintenant et à th^ure de notre mort.