‹ La douce France. Illus. de J.M. BretonChapitre 12 sur 81 · LES BONNES FEMMES DE FRANCE · texte numérisé non relu

LES BONNES FEMMES DE FRANCE

abuse ; que le ro3^aume ne périsse point, ni la cité, ni la corporation! »

Combien de fois de telles prières ont-elles été exaucées! Les choses n'allaient pas aussi vite ni aussi simplement que les femmes l'eussent désiré. Mais le malheur redouté s'éloignait, ou bien, quand le châtiment avait passé, une grâce, qu'on n'attendait point, rétablissait les affaires de la cité ou de l'Etat. L'honneur en revenait à des hommes. Mais la secrète puissance des bonnes femmes de France avait tout gouverné. Leurs Ave Maffia avaient pris le chemin des cieux, et ils étaient allés tomber au loin, comme la foudre ou comme la rosée. Une pauvre petite vieille, qui priait pour la France, au coin de sa cheminée, pendant que le vent soufflait, pouvait ignorer bien longtemps que sa prière avait été exaucée. Elle n'en avait que la confiance, qui est faite de notre espoir et de notre amour mêlés. Il lui arrivait cependant de sourire, tandis que d'autres gémissaient et croyaient tout perdu. Elle ne savait pas plus qu'elles que tout allait mieux. Les chemins étaient longs, les journaux n'étaient pas inventés, et ni les seigneurs, ni les hommes d'armes, ni les bourgeois ne pouvaient lui écrire. Cependant, elle était sûre, aussi sûre que de vivre et d'être vieille, que l'armée avait reçu un secours, que les querelles entre les hommes s'apaisaient, que la miséricorde s'était fait jour dans des cœurs inconnus, et que, dans les provinces affamées, l'épi nouveau grenait à quatre rangs.

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