L'ENFANCE DE JEANNE D'ARC
Jeanne, dès qu'elle put comprendre, sut que la patrie était digne de tout amour. On lui apprenait à travailler de ses mains, et à garder son cœur très noble. Elle n'était bergère que comme les autres enfants des~ fermes, qui vont aux champs, avec les bêtes, quand les prés sont mal clos. Son premier ouvrage était dans la maison. Elle aidait sa mère à faire la cuisine, à laver le linge, à raccommoder les hardes, à filer le chanvre et le lin. « Je vais filer, dira-t-elle plus tard, aussi bien que femme de France. » Puis, si le père sortait avec le harnais, pour les labours d'automne, elle conduisait la jument de tête. Au printemps, elle sarclait les blés; en été, elle les coupait à la faucille. C'était une belle enfant, robuste, enjouée, que les petits du village aimaient à cause de sa bonté, et que les pauvres allaient trouver d'instinct, à cause de la miséricorde qui était dans ses yeux. On ne saurait trop dire qu'elle réunissait les plus certaines qualités de l'esprit français, enthousiaste et sensée, audacieuse, vive de repartie, prudente à sa manière, vraie fille du terroir, en qui la race est éclatante, et que la grâce de Dieu porta jusqu'au sublime. Jeanne vivait toujours en présence de Dieu, priant tant qu'elle pouvait, assidue à l'église où, chaque matin, elle entendait la messe, et oii elle recevait souvent, avec larmes, la communion. Quelques filles du bourg la trouvaient trop dévote. Elle laissait dire, et elle avait raison. Mais son âme grandissait jusqu'à la sain-
tcté. Et Dieu, qui la destinait à sauver la France, la voyant si fidèle, lui envoya son ange, afin de la préparer à tant de gloire et de péril.
Jeanne était dans sa treizième année, lorsqu'un matin d'été, tout animée encore par une lutte à la course qu'elle venait de faire avec ses compagnes, elle entra seule dans le jardin de son père, et se tint debout, regardant vers l'église. Midi sonnait au clocher. Elle récita VAtigelus, et, à peine avait-elle achevé, qu'elle s'entendit appeler par son nom. Dans une lumière, qui n'était point celle du soleil, mais une autre plus puissante et faite pour être mieux aimée, elle aperçut un ange d'une majesté très souveraine et très douce. Une légion d'anges, d'un moindre pouvoir, resplendissaient et se mouvaient dans le rayonnement de celui-là.
— Jeanne, Jeanne, dit-il, sois bonne et pieuse ! Aime Dieu! Fréquente l'église!
Elle s'était jetée à genoux. Mais déjà il avait disparu. Que voulait-il donc, ce personnage du ciel, en lui parlant ainsi? Elle le savait dès ce moment. Elle sentait que de grandes choses seraient accomplies par elle, que Dieu l'en prévenait et lui demandait son consentement. Il nous demande avis, lorsqu'il veut bien nous employer.
Jeanne ne raconta à personne, si ce n'est à son confesseur, ce qu'elle venait de voir et d'entem dre. Elle se remit au travail de chaque jour, et demeura simple comme par le passé. Mais sa
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volonté d'être tout à Dieu s'était fortifiée. La vision se renouvela. Jeanne avait besoin de tant de courage, elle devait apprendre tant de choses en si peu de temps, pour se faire écouter du roi, rallier les cœurs français et conduire une armée, qu'il fallait bien que les anges vinssent l'instruire. Ils conversaient avec elle et, peu à peu, lui révélaient ce que Dieu voulait d'elle. L'ange très puissant qu'elle avait vu le premier lui dit bientôt : « Je suis Michel, le protecteur de la France, » et elle lui fit une grande révérence, se souvenant de la dévotion que les meilleures gens de France avaient pour l'archange, et de l'église de Moncel où elle allait souvent le prier. Il reprit : « Jeanne, il y a grande pitié au royaume de France. » Et elle baissa le front. Mais il la consola. Il était le victorieux, celui qui communique sa force aux armées qui l'invoquent. Il promit à l'enfant que le pays serait sauvé, que Dieu susciterait, du milieu du peuple, un être élu, qui serait la délivrance de tous.
— Dites-moi son nom? demanda Jeanne. Que je connaisse celui par qui viendra le salut?
— C'est toi, fille de Dieu, répondit l'archange ; pars, il le faut!
— Mais je ne suis qu'une pauvre fille ! Je ne connais ni a, ni b; je ne sais ni monter à cheval, ni faire la guerre!
Elle ne refusait pas d'obéir; elle ne comprenait pas qu'elle pût être choisie, elle paysanne, ignorante et enfant. Pour l'enhardir, et par
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avance la consoler de tout de ce qu'elle devrait quitter, deux saintes du paradis, sainte Catherine et sainte Marguerite, venaient aussi la visiter. Les autres enfants de Domrémy ne les vo3'aient pas, mais Jeanne les voyait. Plus tard, quand elle fut obligée de réve'ler quelques-uns des secrets de sa vie, pour désigner les anges et les saintes, ses amis, elle disait : « Mes Voix m'ont parlé; mes Voix m'ont commandé... » Elle devenait grande. On la citait pour une fille parfaite, selon son état. Mais tout le sublime de sa vie, personne encore, parmi ses proches, ne le pouvait soupçonner.
Quand Jeanne eut seize ans, les Voix se firent plus pressantes; elles annoncèrent que le moment était arrivé, et qu'il fallait qu'elle se rendît près du seigneur de Baudricourt. Celuici, avec quelques hommes d'armes, habitait le château de Vaucouleurs, la dernière forteresse qui fût au pouvoir du roi de France dans les provinces de l'Est. C'était un homme brave et brusque, peu porté à écouter une femme qui viendrait lui parler de la guerre et des affaires du royaume. Seul, cependant, il pouvait permettre à Jeanne d'accomplir sa mission, et lui donner une escorte qui l'accompagnât jusqu'en Touraine, où était le roi Charles VII. Comment le persuader? Comment la jeune fille ferait-elle la route de Domrémy à Vaucouleurs? Ses parents la retiendraient. Personne ne voudrait la croire. Elle attendait le secours. Il vint.
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Le i"mai de cette année, un paysan de Burcyle-Petit, Durand Lassois, qui était son cousin, homme très droit et beaucoup plus âgé qu'elle, vint visiter Jeanne d'Arc et Isabelle Romée, et demanda la permission d'emmener celle qu'il appelait sa nièce. Ils s'en allèrent donc par les chemins, entre les blés jeunes ; ils regardaient autour d'eux ces moissons que l'ennemi peutêtre moissonnerait, ou qu'il incendierait, et les collines douces, vêtues de bois, qui était la frontière du royaume plein d'angoisse, et ils causaient de la misère de la France. Les larmes coulèrent des yeux du paysan; elles étaient venues tout de suite aux yeux de la jeune fille. Alors, Jeanne commença à dire son secret.
— Rien n'est perdu. Dieu viendra au secours de la France qui périt. Une vierge de Lorraine la sauvera; elle triomphera de l'Arîgleterre. Vous la verrez, mon oncle. Vous la voyez même en ce moment : c'est votre pauvre Jeannette.
Jeanne continua en racontant ses visions, et ce qu'avaient dit ses Voix, et les ordres précis qu'elle en avait reçus. Bientôt il ne douta plus. Comme Notre- Seigneur avait eu des bergers pour premiers adorateurs, et des pêcheurs pour premiers disciples, Jeanne, sa servante, trouvait d'abord un pauvre pour la comprendre.
— Dieu t'a parlé, dit-il. Que puis-je faire?
— Me conduire au seigneur de Baudricourt. Il se passa bien peu de jours avant que ce
pauvre homme allât trouver le capitaine de
Vaucouleurs. On le fit entrer dans le châteaufort. Mais à peine avait-il raconté que sa nièce demandait à être conduite près de Charles VII, que le seigneur de Baudricourt s'écria :
— Ta nièce est folle ! Soufflette-la comme il faut, et ramène-la à son père !
Le paysan de Lorraine ne fut pas ébranlé. Il eut recours à deux gentilshommes qui habitaient non loin de Vaucouleurs. Ils virent Jeanne d'Arc, et, l'ayant interrogée, ils crurent qu'elle disait vrai. Tous ensemble, les gentilshommes, le paysan et Jeanne, ils retournèrent au château. Mais le seigneur ne se laissa pas convaincre, et Jeanne revint à Domrémy.
Elle ne fut pas étonnée, ni chagrine. Ses Voix Pavaient prévenue que la première tentative échouerait. Mais elle résolut de ne pas laisser ignorer tout à fait son secret, afin qu'on sût, plus tard, que ses Voix étaient du ciel. Ayant rencontré un jeune homme de son âge, un ami d'enfance, et, comme il s'affligeait de tant de maux qui faisaient de la cause de la France une cause désespérée :
— Il y a, dit Jeanne, entre Coussey et Vaucouleurs, — c'est-à-dire à Domrémy, — une jeune fille qui, avant la fin de l'année prochaine, fera sacrer le roi de France.
Ce qui était une prophétie. Elle parla de même, et plus clairement encore, à un ouvrier de son père, qui se nommait Jean ^^'ate^n, et à d'autres.
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Le temps mesuré par Dieu pour l'épreuve de la France était enfin achevé. En décembre 1428, Jeanne, pour la seconde fois, quitta Domrémy. Elle savait sans doute qu'elle n')' reviendrait jamais, et elle pleurait, lai-ssant derrière elle toute la joie et la coutume de sa vie, ses parents, ses amis, sa maison, l'église voisine et le pa3's où tout le monde l'aimait. Quand elle passa devant la porte de son amie Mengette, qui était comme sa sœur, elle ne put se retenir d'entrer et d'embrasser la jeune fille.
— Je te recommande à Dieu, dit-elle.
Mais le cœur était près de défaillir. Elle ne voulut pas revoir la petite Hauviette, qu'elle aimait aussi tendrement. Conduite par le même parent, Durand Lassois, qui l'avait déjà menée au château de Vaucouleurs, elle s'en alla. Quels grands sacrifices déjà pour le salut de la France !
Elle eut encore à souffrir beaucoup de difficultés et de retards avant de convaincre le seigneur de Baudricourt. Mais les témoins de la bonne Française, les âmes gagnées par la sainteté de l'enfant, commençaient à se déclarer ouvertement pour elle. Une espérance était née sur la terre malheureuse. Elle grandissait. Un jeune gentilhomme, Jean de Metz, et des bourgeois, et des prêtres, et des marchands de la ville venaient interroger l'envoyée de Dieu, chez les pauvres gens qui la logeaient. Les habitants .s'entendaient pour lui offrir des vêtements pareils à ceux des hommes d'armes, un cheval, des
provisions. Ils étaient tous émerveillés de l'autorité et de l'assurance qui étaient dans ses paroles, et ils l'appelaient « la messagère de Dieu w.
— N'avez-vous pas peur? disaient-ils. Les routes sont longues, jusqu'à Chinon, où est le Dauphin. Elles sont barrées d'ennemis qui vous arrêteront.
Mais Jeanne disait fermement :
— Je ne crains pas les hommes d'armes; la route est toute ouverte devant moi. J'ai pour moi Dieu mon Seigneur. C'est lui qui préparera les voies pour me conduire au Dauphin. C'est pour cela que je suis née.
Robert de Baudricourt céda enfin; il écrivit une lettre qui devait être portée au roi de France, et donna à Jeanne une épée.
Dans l'après-midi du mercredi 23 février 1429, six cavaliers étaient groupés devant la porte de la maison où Jeanne habitait depuis plusieurs semaines, à Vaucouleurs. Un bourgeois alla chercher un cheval tout sellé et le tint en bride. Il y avait un grand nombre de spectateurs, et ils étaient émus, parce qu'ils savaient que Jeanne allait partir. Ils attendaient, et se montraient l'un à l'autre Jean de Metz, qui devait commander l'escorte. Sur le seuil, entourée de ses hôtes et de son cousin, qui lui disaient adieu, Jeanne d'Arc parut. Elle était toute vêtue de sombre, pourpoint, chausses, robe courte, et elle avait les cheveux coupés à la naissance du cou, comme un chevalier.
Allez, Jeanne! La France est bien malade. Vous la délivrerez, de par le Roi des deux, et vous mourrez pour ellel
Jeanne s'approcha du cheval qui était tout sellé, sauta dessus légèrement, et se mit à chevaucher du côté où est la Loire.
L'enfance d'un grand savant :
Pasteur
Peu de noms sont aussi justement célèbres que celui de Pasteur. Dans l'ordre de la science, le xix" siècle n'en a pas de plus grand, il n'en a pas, je puis dire, de meilleur. Vous-mêmes, enfants, vous devez le retenir et l'aimer. Car Louis Pasteur a été votre ami, sans que vous vous en doutiez; il a travaillé utilement pour vous, pour vos parents, pour toutes les générations d'hommes qui vivront. Toutes les gloires ne sont point faites ainsi de services rendus. Lui, par chacune de ses découvertes, il a servi les hommes, directement; il a trouvé des méthodes et des remèdes qui ont conservé et qui conserveront beaucoup d'existences humaines; il a protégé d'immenses richesses nationales. N'avez-vous pas entendu parler des infiniment petits appelés microbes, qui sont la cause de la fermentation, et les agents d'une foule de maladies? Pasteur les étudia et les combattit. Pensez à la puissance d'esprit et à la patience qu'il faut pour
LA DOICE FRANCE. 5
lutter contre des ennemis si m5^stérieux et si nombreux! Il reconnut le microbe de la rage, et composa un sérum qui, injecté dans le sang, préserva d'abord des animaux mordus par des chiens enragés. Puis, ses expériences lui semblant probantes, il osa essayer le traitement sur un homme. Jusqu'à lui, il n'y avait pas de remède.
Un matin, il vit arriver à son laboratoire un
petit Alsacien de neuf ans. L'enfant lui était envoyé par un médecin de Strasbourg. Il se rendait à l'école de son village, raconta sa mère, quand il fut assailli et terrassé par un chien qui lui fit quatorze blessures. Il pouvait à peine marcher, tant il souffrait, le jour où il se présenta devant Pasteur. Celui-ci, ayant pris conseil de plusieurs médecins, ses amis, et tremblant comme s'il avait été le père de l'enfant, résolut de faire une première vaccination avec le sérum qui avait sauvé des animaux, mais qui
pouvait tuer les humains. Le petit Joseph Meister supporta, sans même pleurer, cette première piqûre, puis les autres. Il dormait toute la nuit, tandis que Pasteur ne dormait pas. Après vingt jours, il repartait pour l'Alsace, et le terrible mal n'avait pas éclaté. Trois mois plus tard, un jeune berger du Jura, Jean-Baptiste Jupille, accourait au laboratoire de Pasteur. Celui-là, il s'était battu avec un chien enragé, afin de protéger cinq enfants plus jeunes, ses camarades, qui se sauvaient; il l'avait terrassé et assommé à coups de sabot. Mais ses deux mains étaient criblées de morsures. Pasteur le soigna comme l'autre. Et, bien que les blessures fussent déjà vieilles de six jours, il réussit à empêcher la rage d'éclore dans les tissus.
Le remède était désormais éprouvé. Depuis lors, c'est-à-dire depuis i885, les inoculations contre la rage se pratiquent dans le monde entier, et ont sauvé des milliers de personnes. Pasteur a, de même, découvert des moyens de combattre la maladie charbonneuse, qui fait tant de ravages parmi les troupeaux de moutons et de bœufs, et aussi la maladie des vers à soie, celles du vin, celles de la bière. C'est d'après les méthodes pastoriennes que le docteur Roux a inventé le sérum qui guérit le croup.
Quand on représentait à Pasteur qu'il s'exposait, en manipulant tous les jours tant de germes mortels, en étudiant, sur des animaux ou des hommes, les causes des maladies conta-
gieuses, il répondait : « Eh! qu'importe? La vie au milieu du danger, c'est la vraie vie, c'est la grande vie, c'est la vie du sacrifice, c'est la vie de l'exemple, celle qui féconde! »
Ses découvertes, sa probité scientifique, la dignité de sa vie, son désintéressement, — car Pasteur ne voulut point tirer un profit personnel de ses inventions dont une seule eût pu faire sa fortune, — valurent au savant français une gloire incomparable. Toutes les nations adoptèrent ses méthodes, célébrèrent son nom, et reconnurent la noblesse de la France, dans ce fils d'un tanneur de la Franche-Comté.
A l'origine de cette illustre vie, on trouve une famille où l'on s'aimait, l'exemple du travail, le sentiment vif de la patrie et de l'honneur.
Les Pasteur étaient originaires de la Franche-Comté. Laboureurs et meuniers aux siècles anciens, ils étaient représentés à Dôle, au commencement du XIX* siècle, par Jean-Joseph Pasteur, ancien soldat de l'Empire, qui avait fait la campagne d'Espagne, puis gagné les galons de sergent-major et la croix de la Légion d'honneur sur le champ de bataille de Bar-sur-Aube, en 1814. A la paix, il avait repris son métier de tanneur. Ce fut le père de Louis Pasteur, né à Dôle, le 27 décembre 1822. L'enfant, lorsqu'il eut l'âge d'apprendre à lire, alla à l'école primaire d'Arbois, petite ville où son père était venu habiter. « L'enseignement mutuel était alors de mode. Les élèves étaient divisés par
séries. Un camarade apprenait à lire aux autres, qui épelaient ensuite à haute et assourdissante voix. Le maître, M. Renaud, se promenait de groupe en groupe, et désignait les moniteurs ^ » La première dignité que connut Louis Pasteur fut celle-là ; moniteur d'alphabet.
Au collège d'Arbois, où son père le plaça ensuite, il se montra un élève appliqué, et que, peu à peu, la passion du travail pénétrait. Il n'était pas dans les premiers de son cours, mais il sentait la puissance de sa volonté, et déjà, il se fiait en elle, comme au plus sûr moyen de dépasser tous ceux de ses camarades qui semblaient plus brillants que lui. « Une fois que l'on est au travail, écrivait-il à une de ses sœurs, on ne peut plus vivre sans lui. D'ailleurs, c'est de là que dépend tout dans ce monde. » L'ambition lui venait. Il se laissait aisément persuader de se préparer pour l'École Normale supérieure. Mais un sentiment plus rare accompagnait cette ambition naissante. Louis Pasteur voulait s'élever pour faire le bonheur des siens, pour honorer et remercier son père, et il éprouvait une reconnaissance touchante envers ceux qui l'aidaient dans ses études. Ses premiers petits appointements, lorsqu'il fut nommé surveillant au collège de Besançon, il les offrit, pour payer l'éducation de sa plus jeune sœur. Un peu plus tard, en 1843, ayant été reçu, le