LA FETE DE PAQUES
mais ils ne laissent point de doute. C'est la pâquerette dans les prés, c'est une branche d'amandier dans le verger, et, s'il n'y a pas de verger, ni de haie d'aubépine ou d'épine noire, c'est, bien sûr, un pauvre brin de saule qui s'est dépêché de grossir ses bourgeons.
Regardez les bourgeons du saule : ils sont dodus, poilus, soyeux, comme des petits chats qui s'amuseraient à grimper au même mât de cocagne. Regardez
encore les genêts, que personne n'a semés, parce qu'ils n'ont pas de bois qu'on puisse vendre, ni de fruit qu'on puisse manger. Les genêts sont des gueux, ils ont le pied dans la terre pauvre, dans la pierraille, mais qu'importe? ils fleurissent de toutes leurs forces, de tout leur cœur. Il n'y eût jamais une fête de Pâques, fût-elle au mois de mars, qui ne trouva point le genêt tout habillé, dans sa belle robe dorée qui ne lui coûte rien. Et que disent-ils, les genêts, les aubépines, les saules, les amandiers? Ils disent : «Alléluia! alléluia! Pâques va venir, Pâques est venu! Le Seigneur du monde a racheté la terre! Les hommes avaient peur d'euxmêmes, parce qu'ils avaient péché, et voici que Jésus-Christ a obtenu leur pardon s'ils le veulent! Ils avaient peur de la mort, et il a traversé la mort, il l'a vaincue pour eux, il leur a montré le passage! »
Petits, pourquoi les hommes ne sont-ils pas tous joyeux quand de si belles nouvelles leur sont annoncées? C'est un mystère de tristesse. Vous, du moins, ayez l'âme fleurie, comme les genêts, quand vous entendrez dire que le jour de Pâques s'est levé, et que le Christ est ressuscité.
La Toussaint.
Le mois de novembre est le mois de la Toussaint, et la pensée de cette fête le remplit. Pensée