‹ La douce France. Illus. de J.M. BretonChapitre 29 sur 81 · CE QUE FURENT L'ALSACE ET LA LORRALNE · texte numérisé non relu

CE QUE FURENT L'ALSACE ET LA LORRALNE

le nombre des émigrants fut de 35.ooo; il fut de 60.000 entre 1880 et i885; de Sy.ooo entre i885 et 1890; de 34.000 entre 1890 et 1895. Cet exil par souvenir et par amour n'a pas entièrement cessé. Les jeunes gens d'Alsace et de Lorraine viennent encore s'engager dans notre Légion Étrangère. Cependant la plupart, même ceux qui aiment le mieux la France, acceptent aujourd'hui de servir dans l'armée allemande. Reconnaissent-ils la cession qui fut faite, malgré eux, de leur race française ou francisée à la race germanique? Non. Ils protestent d'une autre manière. Ils maintiennent, sur le sol gouverné à la manière allemande, un peu de la langue et beaucoup de l'âme française. Ils ne renoncent pas à leur civilisation, la nôtre, qu'ils estiment supérieure. N'ayant pas vu venir la revanche militaire qu'ils espéraient, ils affirment leur droit de former, à l'ouest de l'empire allemand, un pays à part; ils sont un peuple soumis, qui n'a de révolté que son idéal; qui demande la liberté d'aimer ce que nous aimons, et de se souvenir de nous.

Vous, enfants, prononcez avec respect le nom de l'Alsace et de la Lorraine. Et, pour que vous compreniez mieux comment les habitants de ces deux provinces sont les meilleurs témoins de la France, les plus braves, les plus fidèles, écoutez quelques histoires de là-bas.

ç,8 LA DOUCE FRANCE.

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