‹ La douce France. Illus. de J.M. BretonChapitre 45 sur 81 · LE SIEGE DES LEGATIONS · texte numérisé non relu

LE SIEGE DES LEGATIONS

Le lendemain matin, à huit heures, devant le palais du roi de Siam, en rade de Bangkok, deux navires français, arrivés dans la nuit, tout frais lavés, sans trace d'avarie, hissaient le grand pavois, en l'honneur de la fête nationale.

Trois semaines plus tard, le roi de Siam demandait la paix, et acceptait les conditions de la France.

Le Siège des Légations.

Le 3i mai 1900, quelques détachements de troupes étrangères, Russes, Anglais, Américains, Italiens, Japonais, étaient envoyés, en hâte, de Tien T'sin à Pékin, pour protéger les Européens, menacés par les Boxeurs. Soixantequinze marins français montèrent avec eux dans un des derniers trains qui purent arriver jusqu'au pied des hautes murailles de la capitale de la Chine. Ils étaient commandés par le lieutenant de vaisseau Darcy, par l'enseigne de vaisseau Paul Henry et l'aspirant Herber.

Quand ils sortent des wagons, à la dernière gare, et se forment en colonne, ainsi que leurs compagnons, pour entrer dans la ville, ils sont enveloppés par une foule de 5o.ooo Chinois. Un des témoins a écrit : « Nous aurions pu être étouffés entre ces deux haies, avant d'avoir eu le temps de charger nos fusils. » Heureusement, la révolte n'est pas prête. Pas un cri, pas un mouvement hostile. Toute la haine reste au fond

igo

des cœurs. Les soldats peuvent croire qu'ils font une belle excursion en pays chinois. Ils sont répartis, d'après leur nationalité, entre les différents palais ou villas où logent les agents diplomatiques, et qui sont groupés dans un même quartier qu'on appelle le quartier des Légations. Cependant, comiïîe la France a de nom-

breux établissements à Pékin, des églices, des hôpitaux, des orphelinats, et qu'elle a des missionnaires, des religieuses, des chrétiens indigènes qui demandent sa protection, l'enseigne de vaisseau Paul Henry est désigné pour aller défendre, avec trente hommes, le vaste ensemble de constructions et de jardins qui entourent la cathédrale du Pé-t'ang, à une lieue dans l'intérieur de la ville.

Le lieutenant de vaisseau Darcy reste avec

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