‹ La douce France. Illus. de J.M. BretonChapitre 49 sur 81 · UN AUTRE MOT DE MARIN · texte numérisé non relu

UN AUTRE MOT DE MARIN

ment français était un des moins nombreux dans le colonne internationale qu'il commandait. Mais il eut un des premiers rôles, et l'amiral Seymour, dès qu'il eut ramené ses troupes à Tien T'sin, après de terribles jours, voulut dire, dans une lettre officielle, ce qu'il pensait de nos Français. Rappelez-vous ce jugement d'un étranger : « Les officiers et les marins français ont déployé, dans des circonstances singulièrement critiques, zèle et énergie, sans jamais défaillir. Et leur courage a été à la hauteur de leurs brillantes traditions, et tel que je ne trouve pas de mots suffisants pour en faire l'éloge. »

Un autre saiot d© marin.

Un de mes amis, officier de marine, me racontait récemment qu'au moment de l'appareillage d'un de nos vaisseaux de guerre, le signal ayant été donné de remonter sur les porte-manteaux les embarcations qui étaient à la mer, un marin, occupé à la manoeuvre en bas, et qui se trouvait dans une des baleinières qu'on commençait à hisser, perdit l'équilibre, tomba pardessus le bord, et se rattrappa par les pieds. Il se trouva la tête en bas, pendu par les pieds au bord de l'embarcation. Les poulies continuaient à tourner, le canot montait à la hauteur du deuxième, puis du troisième étage d'une maison, et, pendant ce temps, l'homme, con-

gestionné et risquant à chaque minute de tomber à la mer, criait : « Surtout, qu'on ne tienne pas bon I » Cela voulait dire : « Surtout, qu'on n'arrête pas la manœuvre! » Ce fut seulement lorsque l'embarcation fut assujettie sur les portemanteaux, qu'il permit qu'on vint le délivrer. Il avait fait cela par un bel orgueil de marin, pour que son navire fût le premier appareillé, dans toute l'escadre, et reçût le signal de satisfaction de l'amiral commandant en chef.

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