DEUX MOTS D'ENFANTS
Ils ne se moquaient pas. Ils cherchaient à comprendre.
Moi, je songeais : « Oh! Jésus-Christ, vous êtes mort pour elle et lui, et ils ne le savent pas! »
Heureusement beaucoup d'enfants de France ne sont pas ignorants comme ceux-là; ils connaissent l'histoire de la vie et de la mort de Notre-Seigneur. Peu de temps après ma visite au musée de Cluny, j'assistais à une leçon de catéchisme, qui était faite devant une centaine de petits garçons, dans une paroisse de Paris. Le quartier était pauvre, l'église aussi. Au moment où j'entrai, le vicaire racontait la trahison de Judas, qui vendit son Maître. Il termina son récit par ces mots : « Judas fut pris de désespoir, et il se pendit ».
Aussitôt, parmi les petits garçons, un des plus jeunes se dressa, monta sur le banc, et fit signe qu'il voulait parler.
— Je ne vous interroge pas, dit le prêtre. Quelle idée avez-vous?
— • Dire ce que j'aurais fait, si j'avais été Judas.
— Quoi donc?
Les cent gamins étaient tournés du côté de leur camarade. Mais lui, pas intimidé, très sûr parce qu'il entendait parler son cœur, il répondit :
«Moi, je me serais pendu au cou de ce Jésus ! » Quelques-uns des petits rirent de l'idée; mais
la plupart comprirent mieux, et ils sentirent leur cœur prêt à pleurer.